Société

Poitiers : Féminicide d’Inès, 25 ans, par ex-afghan en fuite

À Poitiers, Inès, 25 ans, engagée pour aider les migrants, a été assassinée par son ex malgré six plaintes et un téléphone grave danger activé. Le suspect afghan reste introuvable après quatre mois, aidé pour fuir vers l'Italie... Les failles qui ont permis ce drame font rage.
Le meurtre tragique d’une jeune femme de 25 ans à Poitiers, malgré de multiples alertes aux autorités, a bouleversé l’opinion publique et relancé le débat sur la protection des victimes de violences conjugales. Inès Mecellem, engagée dans l’aide aux migrants, a été poignardée à mort par son ex-compagnon, un homme qu’elle avait fui après des mois de harcèlement et de menaces. Quatre mois plus tard, le suspect reste introuvable, ayant probablement fui à l’étranger avec l’aide de réseaux.

Un féminicide qui révèle des failles profondes dans le système

Ce drame n’est pas seulement l’histoire d’une relation toxique qui a mal tourné. Il met en lumière des dysfonctionnements répétés dans la prise en charge des plaintes pour violences conjugales. Inès avait tout fait pour se protéger : plaintes répétées, activation d’un dispositif d’alerte d’urgence, déménagement chez sa mère. Pourtant, rien n’a suffi à empêcher l’irréparable.

La jeune femme travaillait dans une association dédiée à l’accompagnement des personnes migrantes, notamment pour les démarches administratives. C’est dans ce cadre professionnel qu’elle a rencontré celui qui deviendrait son compagnon, puis son bourreau. Âgé de 36 ans, cet homme originaire d’Afghanistan bénéficiait du statut de réfugié politique. Leur relation a duré environ deux ans, marquée par une escalade progressive de la violence.

Les signaux d’alerte ignorés dès le début

Dès les premiers mois, les proches d’Inès avaient exprimé leurs inquiétudes. Sa mère décrivait un individu au comportement macho, refusant de s’intégrer et exprimant ouvertement son admiration pour les talibans, qu’il considérait comme des héros. Malgré ces avertissements répétés, Inès est restée, peut-être par espoir de le faire changer, ou par une forme de déni face à la dangerosité croissante de la situation.

La rupture a eu lieu au printemps 2025. À partir de là, le harcèlement s’est intensifié : menaces de mort, violences physiques, suivis dans la rue. Inès a commencé à accumuler les démarches pour se protéger. Elle a quitté son domicile pour se réfugier chez sa famille, changé ses habitudes, mais l’homme continuait à la traquer.

Il disait qu’il allait me tuer.

Extrait d’une plainte déposée par la victime

Cette phrase glaçante figure parmi les éléments rapportés dans les plaintes. Elle illustre la gravité des menaces proférées. Pourtant, les réponses institutionnelles semblent avoir été insuffisantes pour neutraliser le danger.

Les plaintes multiples et le téléphone grave danger

Entre juillet et septembre 2025, Inès a déposé au moins six plaintes au commissariat de Poitiers. Ces signalements détaillaient des faits graves : viols répétés, étranglements, agressions physiques et verbales, harcèlement incessant. À chaque fois, elle décrivait un ex-compagnon obsédé, incapable d’accepter la séparation.

En juillet, elle obtient un téléphone grave danger (TGD), un outil précieux pour les victimes en situation de péril imminent. Ce dispositif permet d’alerter immédiatement les forces de l’ordre en cas de menace. Inès l’a activé à plusieurs reprises, notamment deux jours avant le drame.

Le 6 septembre, alors qu’elle se promenait en centre-ville avec une amie, elle se sent poursuivie. Elle déclenche l’alerte et appelle le 17. Une patrouille intervient, interpelle l’individu… mais il est relâché rapidement, sans placement en garde à vue. Cette décision reste aujourd’hui au cœur des critiques.

  • Première plainte en juillet pour violences et menaces de mort
  • Obtention du TGD suite aux alertes répétées
  • Activation du dispositif lors d’une traque en rue, interpellation sans garde à vue
  • Assassinat deux jours plus tard par intrusion au domicile

Cette succession d’événements montre comment les mécanismes de protection ont échoué les uns après les autres.

Le jour fatal : une attaque préparée

Le 8 septembre, Inès rentre chez elle. Son ex s’était introduit par effraction via une fenêtre. Il l’attendait pour l’attaquer sauvagement à l’arme blanche. Les secours arrivent vite, mais les blessures sont trop graves. Elle décède peu après.

Une voisine alerte après avoir entendu les cris. Elle voit l’agresseur fuir. L’enquête s’oriente immédiatement vers l’assassinat conjugal.

La cavale organisée et les complicités

Le suspect disparaît rapidement. Les traces mènent vers Paris, puis Nice où un compatriote l’aurait aidé à passer en Italie. Un homme a été mis en examen pour aide à la fuite. La piste afghane est privilégiée, le suspect pouvant être retourné dans son pays d’origine.

Cette organisation de l’évasion pose question sur les réseaux existants et les contrôles frontaliers.

Réactions et demandes de justice

La famille accuse les autorités d’inaction. Des inspections ont été lancées pour examiner les responsabilités. Des marches blanches ont rassemblé des foules pour honorer Inès et exiger des changements.

Ce cas souligne l’urgence de renforcer la chaîne de protection : évaluation rigoureuse des risques, détention préventive quand nécessaire, suivi renforcé des multirécidivistes.

Inès symbolisait la solidarité. Sa mort tragique nous rappelle que la vigilance collective est essentielle pour protéger les plus vulnérables face à la violence.

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