Imaginez un instant : vous êtes un enfant de 6 ans, passionné d’espace et de fusées, et soudain vous tombez sur une vidéo où vos deux parents s’enlacent tendrement… mais avec un autre petit garçon à la place de vous. Cette scène, anodine pour n’importe quel spectateur, a semé le trouble dans l’esprit de Raphaël, le fils de Philippe Lacheau et Élodie Fontan. Une anecdote à la fois drôle et touchante qui révèle les coulisses parfois complexes de la vie d’acteur quand on est aussi parent.
Quand la fiction percute la réalité familiale
Philippe Lacheau s’apprête à sortir l’un des projets les plus ambitieux de sa carrière : un reboot moderne et insolent du célèbre Marsupilami créé par André Franquin. Après le carton de la version d’Alain Chabat il y a quatorze ans, l’humoriste-réalisateur a décidé de reprendre le flambeau avec une approche bien à lui. Pourtant, derrière les projecteurs et les blagues, une question intime préoccupe le papa : faut-il vraiment faire découvrir ce long-métrage à son petit garçon ?
La réponse, pour l’instant, est non. Et la raison est aussi simple qu’émouvante. Lors d’une discussion récente, l’acteur a confié qu’une simple scène visionnée par hasard avait suffi à perturber Raphaël. Dans le film, Philippe et Élodie interprètent un couple séparé qui partage la garde d’un enfant… incarné par un jeune comédien. Voir ses parents câliner et appeler « mon chéri » un autre garçon a créé une confusion légitime chez l’enfant.
La scène qui a tout changé
Ce n’était pas prévu. Raphaël est tombé dessus presque par accident. D’un coup, les repères se sont brouillés : papa et maman s’occupent d’un autre enfant à l’écran, avec la même tendresse qu’à la maison. Pour un petit garçon de 6 ans, la frontière entre fiction et réalité reste poreuse. Philippe Lacheau raconte l’anecdote avec un mélange d’amusement et de prudence :
« Il nous voyait faire des câlins au jeune acteur et nous entendait lui dire ‘mon chéri’. J’ai peur que, dans sa tête, ça se mélange. Et qu’il se dise qu’on lui ment depuis toujours en faisant semblant d’être ses parents ! »
Cette crainte n’est pas anodine. De nombreux comédiens parents racontent des situations similaires : un enfant qui demande pourquoi maman embrasse un autre monsieur dans un film, ou pourquoi papa pleure alors qu’il riait cinq minutes plus tôt. Le métier d’acteur demande parfois d’expliquer très tôt la différence entre le jeu et la vie réelle.
Un Marsupilami taillé pour les familles… mais pas encore pour la sienne
Le long-métrage se veut résolument accessible aux plus jeunes. Philippe Lacheau insiste sur ce point : pas de vulgarité, pas de scènes choquantes, un humour bon enfant mâtiné d’insolence. L’objectif affiché est clair : plaire aux enfants tout en faisant rire les parents. Pourtant, paradoxalement, le principal concerné par cet objectif – Raphaël – n’a toujours pas vu une seule image officielle du film.
À 6 ans, le garçonnet a déjà des rêves très arrêtés : devenir astronaute. Le cinéma ne fait pas (encore ?) partie de ses passions. Son père plaisante d’ailleurs sur l’idée d’écrire un jour un scénario spatial avec des extraterrestres incarnés par les candidats de LOL : qui rit, sort !, histoire peut-être de créer un pont entre les deux univers.
Reprendre le flambeau après Alain Chabat
Reprendre un personnage aussi culte que le Marsupilami n’est jamais anodin. La version réalisée par Alain Chabat en 2012 avait rassemblé plus de 5,3 millions de spectateurs, un score impressionnant pour une comédie familiale. Philippe Lacheau le reconnaît volontiers : la comparaison est inévitable et la pression bien réelle.
Mais plutôt que de signer une suite, il a préféré proposer un reboot avec son propre univers. « Un reboot plutôt qu’une suite », explique-t-il, avec « notre propre univers irrévérencieux, mais sans vulgarité ni grossièreté ». L’équilibre est subtil : respecter l’héritage tout en apportant sa patte personnelle.
Jamel Debbouze, le soleil du tournage
Pour porter ce projet, Philippe Lacheau a pu compter sur un allié de poids : Jamel Debbouze. L’humoriste reprend le rôle du guide Pablito Camaron et s’est investi bien au-delà de son rôle d’interprète. Chaque semaine, il participait activement à l’écriture du scénario.
Sur le plateau, son énergie communicative a marqué toute l’équipe. Philippe Lacheau le surnommait affectueusement « le soleil » :
« Il était toujours de bonne humeur. Il mettait un point d’honneur à aller saluer tous les techniciens. Travailler avec Jamel, je le souhaite à tous les metteurs en scène. C’est un pur bonheur ! »
Cette collaboration sans ego et pleine de bienveillance a visiblement été l’un des moteurs du projet. Jamel Debbouze n’a pas hésité à mettre sa créativité et son expérience au service du film, prouvant une fois encore qu’il est bien plus qu’un simple comédien.
La pression de succéder à un maître
Alain Chabat reste une référence absolue dans le paysage de la comédie française. Philippe Lacheau ne cache pas son admiration :
« Alain Chabat, c’est le maître de la comédie en France. Je suis archi-fan de lui ! »
Cette admiration n’empêche pas la volonté d’exister à côté. Le réalisateur assume la comparaison tout en traçant sa propre route. Le défi est de taille : convaincre les fans de l’ancienne version sans les braquer, tout en attirant un nouveau public.
Parentalité et métier d’acteur : un équilibre fragile
L’anecdote de Raphaël touche parce qu’elle est universelle. Combien de parents dans le show-business ont déjà dû expliquer à leurs enfants que les larmes versées à l’écran n’étaient pas réelles ? Que les baisers échangés appartenaient à un personnage ?
Philippe Lacheau et Élodie Fontan ont choisi la prudence. Plutôt que de forcer la découverte du film, ils préfèrent attendre que leur fils soit prêt. Peut-être que dans quelques années, quand il aura grandi, il regardera ce long-métrage avec un œil amusé et comprendra enfin pourquoi papa et maman faisaient semblant d’aimer un autre enfant.
En attendant, le Marsupilami sera dans les salles dès le 4 février 2026. Les spectateurs, petits et grands, pourront découvrir cette nouvelle version pleine de fantaisie et d’humour. Quant à Raphaël, il continue de rêver d’étoiles et de planètes lointaines… loin, très loin des plateaux de cinéma.
Un projet qui dépasse le simple divertissement
Au-delà de l’anecdote familiale, ce reboot pose une question plus large : comment transmettre un héritage culturel à la nouvelle génération tout en respectant leur sensibilité ? Le Marsupilami de Franquin a bercé plusieurs générations. Aujourd’hui, une nouvelle mouture arrive avec l’envie de parler aux enfants d’aujourd’hui, sans trahir l’esprit originel.
Philippe Lacheau semble avoir trouvé la bonne formule : un film qui ose l’insolence sans jamais tomber dans la facilité. Un pari risqué, mais qui pourrait bien s’avérer payant si le public répond présent.
Et après ?
Après ce Marsupilami événement, Philippe Lacheau ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. La nouvelle saison de LOL : qui rit, sort ! est déjà dans les tuyaux sur Prime Video. Et qui sait, peut-être qu’un jour il tiendra sa promesse et offrira à son fils un film spatial rempli d’extraterrestres délirants.
En attendant, les salles obscures se préparent à accueillir une tornade jaune et poilue. Et quelque part, un petit garçon de 6 ans continue de lever les yeux vers les étoiles, ignorant encore qu’un jour, peut-être, il découvrira avec fierté le travail de ses parents.
Une belle histoire qui rappelle que derrière les plus grands succès du cinéma se cachent parfois les plus tendres des dilemmes familiaux.
Petit aparté personnel : En tant que parent, on ne peut qu’être touché par cette retenue. Parfois, protéger l’imaginaire de son enfant vaut tous les millions d’entrées au box-office.
Le Marsupilami nouvelle génération promet du rire, de l’aventure et beaucoup de tendresse. Espérons simplement que Raphaël, le jour où il le découvrira enfin, ne verra que l’amour et le travail qui se cachent derrière chaque plan.
Et vous, laisseriez-vous votre enfant découvrir un film où vous jouez un rôle de parent avec quelqu’un d’autre ?









