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Pauline Ferrand-Prévôt Prête à Conquérir le Tour des Flandres

Pauline Ferrand-Prévôt revient sur les pavés du Tour des Flandres, son Monument préféré, avec le statut de grande favorite. Après avoir frôlé la victoire l’an dernier, elle assume désormais la pression qu’elle adore. Mais face à des rivales redoutables, parviendra-t-elle enfin à lever les bras ?

Imaginez une athlète seule sur son vélo, tête baissée, fendant le vent chargé d’humidité flamande, tandis que des milliers de spectateurs hurlent le long des routes étroites. C’est dans ce décor chaotique et mythique que Pauline Ferrand-Prévôt se sent le plus vivante. Dimanche, elle s’élance pour la huitième fois sur le Tour des Flandres, une course qu’elle considère comme son Monument préféré, avec cette fois le poids des attentes d’une leader incontestée.

Une championne aux multiples visages prête pour un nouveau défi

À 34 ans, la Rémoise incarne l’une des carrières les plus éclectiques et impressionnantes du cyclisme féminin. Passée maître dans le VTT où elle a accumulé des titres mondiaux et olympiques, sacrée championne du monde sur route dès 2014, elle a aussi brillé en cyclo-cross et même en gravel. Son retour sur la route en 2025 a été spectaculaire : victoire sur Paris-Roubaix et triomphe au Tour de France Femmes.

Cette polyvalence exceptionnelle lui confère une force unique sur les pavés belges. Les monts flamands, avec leurs pentes raides et leur revêtement irrégulier, demandent puissance, technique et mental d’acier. Des qualités que Pauline Ferrand-Prévôt possède en abondance, forgées au fil des années dans les disciplines les plus exigeantes.

« J’aime la pression, le stress, le chaos, tout. » Ces mots prononcés par la championne résument parfaitement son état d’esprit avant cette édition 2026.

L’an dernier, son deuxième place derrière Lotte Kopecky avait surpris beaucoup d’observateurs. Revenant tout juste à la compétition sur route, elle avait pourtant montré qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures sur ce terrain si particulier. Cette performance inattendue a changé la donne pour 2026.

Le Vieux Quaremont, un terrain de jeu familier

Vendredi, Pauline Ferrand-Prévôt a effectué une reconnaissance solitaire sur le Vieux Quaremont, le mont le plus long du parcours. Sans équipière ni voiture suiveuse, elle a roulé tête rentrée dans les épaules, absorbant chaque aspérité du pavé. Cette solitude sur le vélo n’est pas nouvelle pour elle. Depuis l’enfance, elle apprécie ces moments d’intimité avec la machine et la route.

Le Quaremont, avec ses 2 200 mètres de longueur, convient particulièrement à son profil de vététiste. L’an passé, elle s’y était détachée en compagnie de Liane Lippert et de Lotte Kopecky avant de s’incliner au sprint final. Cette expérience reste gravée dans sa mémoire et nourrit son ambition actuelle.

La connaissance du terrain joue un rôle crucial dans les Classiques flamandes. Chaque virage, chaque secteur pavé cache des pièges. Les descentes techniques, les montées explosives et les vents latéraux peuvent faire basculer une course en quelques secondes. Pauline Ferrand-Prévôt, méthodique, prépare ces détails avec rigueur.

Une équipe soudée autour d’une leader assumée

Chez Visma-Lease a Bike, l’absence de Marianne Vos pour raisons familiales place Pauline Ferrand-Prévôt en position de leader unique. Un rôle qu’elle a appris à embrasser après un déclic nécessaire. « Il m’a fallu un déclic, et maintenant je me sens plus comme une favorite et leader de l’équipe, ce qui me rend plus confiante, avec une bonne pression », explique-t-elle.

Son directeur sportif Jan Boven confirme ce changement de dynamique. L’an dernier, l’équipe misait davantage sur Vos pour ce type de course. La deuxième place de Pauline Ferrand-Prévôt a ouvert les yeux de tous : elle est capable de gagner le Tour des Flandres. La pression est donc différente, mais elle la chérit.

« On sent dans l’équipe que c’est une course si importante, et ce sentiment d’avoir la pression, je l’aime beaucoup. »

Le collectif s’est renforcé avec le retour de Lieke Nooijen, troisième d’À Travers la Flandre. Cette présence renforce le groupe de Classiques et offre des options tactiques précieuses. Pauline Ferrand-Prévôt ne sera pas isolée, même si elle portera les principales responsabilités dans les moments décisifs.

Margaux Vigié, la capitaine de route aux repères précieux

Au sein de l’équipe, une autre Française apporte un atout inestimable : Margaux Vigié. Toulousaine expérimentée, elle connaît les routes flamandes comme sa poche. Ses descriptions précises des points de repère – une boîte aux lettres, une maison blanche, une ferme avec son odeur caractéristique – aident à visualiser le parcours comme un circuit de jeu vidéo.

« J’ai un peu mon petit circuit dans la tête comme dans Mario Kart », confie-t-elle en riant. Ces détails permettent de soulager la charge mentale de la leader. Pendant la course, Vigié rappellera le plan d’équipe à la voix : quand rester calme, quand ne plus traîner à l’arrière. Ces interventions économisent de l’énergie précieuse avant la bataille finale.

Cette collaboration entre compatriotes renforce la cohésion. Pauline Ferrand-Prévôt, adepte des reconnaissances minutieuses, apprécie ces rappels qui complètent sa propre préparation sans prétention excessive.

Le Tour des Flandres, un Monument chargé d’histoire et d’émotion

Le Tour des Flandres n’est pas une course comme les autres. C’est un Monument, l’un des cinq plus prestigieux du cyclisme, et le plus ancien pour l’édition féminine. Le public belge, passionné et connaisseur, crée une atmosphère électrique. Les fans se massent le long des routes dès l’aube, agitant drapeaux et sonnant cloches.

Pour Pauline Ferrand-Prévôt, cette ferveur n’est pas intimidante, elle est stimulante. « C’est une course que je suis depuis toute petite. Le public est dingue. J’aime la pression, le stress, le chaos, tout. Tout cet ensemble la rend iconique. On peut sentir que quelque chose de gros arrive, c’est un super sentiment. »

Les secteurs pavés mythiques – Koppenberg, Paterberg, Taaienberg – et les monts successifs transforment la course en une véritable bataille d’usure. La météo souvent capricieuse ajoute une couche d’imprévisibilité : pluie, vent, boue. Ces conditions extrêmes favorisent les coureuses les plus résistantes mentalement.

Une préparation minutieuse après un début de saison contrasté

Après un stage en altitude, Pauline Ferrand-Prévôt a disputé les Strade Bianche où un problème mécanique et une erreur d’aiguillage l’ont reléguée à la 29e place. Cet épisode n’a pas entamé sa motivation. Au contraire, il lui a permis de peaufiner les derniers réglages avant les Classiques flamandes.

Son ermitage en altitude lui a offert la fraîcheur nécessaire pour affronter les efforts répétés sur pavés. La Française arrive donc avec un pic de forme calculé pour ce rendez-vous qu’elle cible depuis longtemps. Le Tour des Flandres représente pour elle bien plus qu’une simple course : c’est l’occasion de compléter un palmarès déjà exceptionnel.

Parmi les grands Monuments, seuls le Tour des Flandres et Liège-Bastogne-Liège manquent encore à son tableau de chasse. Cette quête motive chaque coup de pédale. La victoire sur Paris-Roubaix en 2025 a ouvert l’appétit pour d’autres pavés prestigieux.

Les rivales à surveiller de près

Le peloton féminin 2026 regorge de talents. Lotte Kopecky, triple vainqueure du Tour des Flandres, reste la référence sur ces routes. La Belge excelle dans le chaos et connaît chaque centimètre du parcours. Demi Vollering, Marlen Reusser, Lorena Wiebes ou encore Puck Pieterse figurent parmi les outsiders dangereuses.

La course pourrait se jouer dans les derniers kilomètres, après une sélection naturelle opérée par les monts successifs. Les attaques précoces ou les sprints en petit comité sont envisageables. Pauline Ferrand-Prévôt devra gérer son effort pour se trouver dans le bon groupe au bon moment.

Coureuse Points forts sur Flandres
Pauline Ferrand-Prévôt Puissance, technique VTT, mental sous pression
Lotte Kopecky Expérience locale, sprint, connaissance parfaite
Demi Vollering Grimpeuse puissante, régulière sur Classiques
Marlen Reusser Contre-la-montre, force en solo

Cette concurrence élevée rend la victoire encore plus belle. Pauline Ferrand-Prévôt le sait : pour gagner, il faudra souvent arriver seule ou distancer les sprinteuses les plus rapides comme Kopecky.

L’importance du mental dans les Classiques

Dans une course aussi imprévisible, le mental fait souvent la différence. Pauline Ferrand-Prévôt a connu des moments difficiles, comme aux Championnats du monde à Kigali où des concurrentes attentistes l’avaient frustrée. Elle a pris le temps de digérer ces expériences pour mieux rebondir.

Aujourd’hui, elle assume pleinement son statut. La pression n’est plus un fardeau mais un carburant. Ce changement d’approche pourrait s’avérer décisif dimanche. Les Classiques flamandes récompensent celles qui osent, qui attaquent au bon moment et qui restent lucides dans le tumulte.

Son amour pour la solitude sur le vélo se marie parfaitement avec la nécessité de prendre des initiatives. Dans le final, quand les équipières auront fait leur travail, elle devra peut-être s’isoler pour aller chercher la victoire.

Un parcours qui met en valeur les qualités polyvalentes

Le Tour des Flandres féminin propose un tracé exigeant d’environ 160 kilomètres avec une quinzaine de monts pavés. Les secteurs les plus redoutés incluent le Koppenberg, souvent décisif, et le Paterberg final. La succession rapide des difficultés empêche toute récupération réelle.

Les vététistes comme Pauline Ferrand-Prévôt excellent souvent dans ces conditions. Leur habitude des terrains accidentés et leur puissance en montée courte leur donnent un avantage. Ajoutez à cela une excellente technique de pilotage sur pavés et vous obtenez un profil idéal pour De Ronde.

La météo prévue pour dimanche reste incertaine, typique des Flandres. Pluie ou vent pourraient transformer les routes en patinoire. Dans ces cas, l’expérience et le sang-froid prennent encore plus d’importance.

Le poids de l’histoire et l’héritage français

Le cyclisme féminin français a connu des périodes fastes grâce à des pionnières. Pauline Ferrand-Prévôt s’inscrit dans cette lignée tout en la dépassant par sa polyvalence. Championne du monde sur route, multiple championne de France, elle inspire toute une génération.

Son succès au Tour de France Femmes en 2025 a marqué les esprits. Remporter le Tour des Flandres viendrait couronner une saison déjà exceptionnelle et confirmer son retour définitif au plus haut niveau sur route.

Pour les jeunes coureuses françaises, elle représente un modèle de résilience. Après des années concentrées sur le VTT et l’olympisme, elle a su revenir plus forte sur la route, prouvant qu’il n’y a pas d’âge pour briller dans plusieurs disciplines.

Stratégies possibles pour la journée de course

Plusieurs scénarios se dessinent. L’équipe Visma-Lease a Bike pourrait contrôler la course pour empêcher les échappées dangereuses avant les monts décisifs. Puis, dans le final, Pauline Ferrand-Prévôt pourrait compter sur des relais de Lieke Nooijen ou d’autres coéquipières pour se lancer dans une attaque décisive.

Une autre option consiste à rester patiente et à répondre aux attaques des rivales avant de placer un contre décisif sur un des derniers monts. La connaissance du parcours par Margaux Vigié sera précieuse pour choisir le bon moment.

Quelle que soit la tactique, l’objectif reste clair : arriver en position de force dans les dix derniers kilomètres et jouer la victoire. Pauline Ferrand-Prévôt a déjà démontré qu’elle pouvait suivre les meilleures. Il ne manque plus que la concrétisation.

Au-delà de la victoire, une passion intacte

Ce qui frappe chez Pauline Ferrand-Prévôt, c’est sa capacité à rester connectée à l’essence du cyclisme : le plaisir de rouler, la découverte des sensations, le dépassement de soi. Même au plus haut niveau, avec toutes les pressions médiatiques et sportives, elle préserve cette flamme.

Le Tour des Flandres incarne cette passion à l’état pur. Entre la foule en délire, les pavés qui secouent le corps et l’esprit, et l’incertitude permanente, la course offre un terrain d’expression unique. La Française s’y sent chez elle.

Qu’elle termine victorieuse ou qu’elle livre un nouveau combat épique, son approche positive et son amour du chaos resteront des exemples. Le cyclisme féminin a besoin de personnalités comme elle, capables de transcender les résultats par leur attitude.

Perspectives pour la suite de la saison

Après le Tour des Flandres, le calendrier des Classiques se poursuit avec d’autres rendez-vous importants comme la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. Pauline Ferrand-Prévôt vise également ces épreuves pour compléter son palmarès.

Plus loin dans la saison, la défense de son titre au Tour de France Femmes constituera un autre objectif majeur. Les parcours montagneux annoncés pour 2026 lui conviennent particulièrement bien.

Mais pour l’heure, toute l’attention se concentre sur les pavés flamands. Dimanche, des millions de spectateurs suivront la course, espérant voir une nouvelle page d’histoire s’écrire.

Pauline Ferrand-Prévôt arrive avec la maturité d’une championne accomplie et la faim d’une athlète qui veut encore tout gagner. Son histoire avec le Tour des Flandres n’est pas terminée. Elle pourrait même atteindre son apogée cette année.

Dans le monde du cyclisme, certaines courses transcendent le sport pour devenir des légendes vivantes. Le Tour des Flandres en fait partie. Et Pauline Ferrand-Prévôt semble destinée à y laisser son empreinte durable.

Que ce soit dans la solitude de ses reconnaissances ou dans le tumulte de la course, elle continue d’écrire une carrière unique. Les amateurs de cyclisme ont rendez-vous dimanche pour un nouveau chapitre passionnant.

Le suspense reste entier jusqu’au dernier pavé. Une chose est certaine : Pauline Ferrand-Prévôt sera au cœur de l’action, prête à embrasser pleinement le chaos qu’elle affectionne tant.

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