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Panneaux Solaires Flottants : Une Solution au Maroc

Le Maroc innove avec des panneaux solaires flottants pour sauver l'eau et produire de l'énergie. Une solution face à la sécheresse ? Découvrez comment...

Imaginez un réservoir d’eau scintillant sous le soleil brûlant du Maroc, mais protégé par des milliers de panneaux solaires flottants. Cette vision, à la croisée de l’innovation technologique et de la lutte contre la sécheresse, prend forme dans le nord du pays. Face à une crise hydrique sans précédent, le Maroc expérimente une solution audacieuse : des panneaux photovoltaïques qui non seulement produisent de l’énergie verte, mais réduisent aussi l’évaporation des précieuses réserves d’eau. Ce projet pilote, lancé dans un barrage près du complexe portuaire de Tanger Med, pourrait-il ouvrir la voie à une gestion durable des ressources hydriques dans un pays frappé par sept années consécutives de sécheresse ?

Une réponse innovante à la crise hydrique

Le Maroc traverse une période critique. La sécheresse, qui sévit depuis sept ans, est qualifiée de « plus longue de l’histoire » par les autorités. Avec des températures en hausse et des précipitations en chute libre, les barrages du pays affichent un taux de remplissage alarmant, inférieur à 35 % en août. Cette situation dramatique appelle des solutions novatrices, et c’est dans ce contexte que les panneaux solaires flottants font leur apparition.

Ces installations, déployées sur un réservoir près de Tanger Med, ont un double objectif : protéger l’eau des rayons du soleil pour limiter l’évaporation et générer de l’électricité propre. Cette initiative, lancée fin 2024, s’inscrit dans une démarche de durabilité face aux défis climatiques croissants.

Comment fonctionnent les panneaux flottants ?

Le principe est aussi simple qu’ingénieux. Des plateformes flottantes, ancrées par des câbles plongeant jusqu’à 44 mètres de profondeur, supportent des milliers de panneaux photovoltaïques. Ces derniers recouvrent une partie de la surface du réservoir, créant une barrière physique contre les rayons solaires. Résultat ? Une réduction significative de l’évaporation, qui peut atteindre 30 % selon les estimations des responsables locaux.

« L’évaporation passe de 3 000 m³ par jour en temps normal à près de 7 000 m³ en été. Avec cette couverture, nous espérons un impact notable. »

Yassine Wahbi, responsable local

En parallèle, ces panneaux produisent environ 13 mégawatts d’électricité, assez pour alimenter une partie des besoins du complexe portuaire de Tanger Med, un hub économique majeur. Cette double utilité fait des panneaux flottants une solution à la fois écologique et économiquement viable.

Un projet qui allie préservation de l’eau et production d’énergie : une réponse concrète aux défis du changement climatique.

Un contexte de sécheresse alarmante

Pour comprendre l’urgence de telles initiatives, il faut se pencher sur les chiffres. Entre l’automne 2022 et l’été 2023, le Maroc a perdu 542,6 millions de m³ d’eau par évaporation, soit l’équivalent de plus de 600 piscines olympiques par jour. Les apports en eau de pluie, autrefois de 18 milliards de m³ par an dans les années 1980, ne dépassent plus les 5 milliards aujourd’hui. Ce déficit, aggravé par des températures supérieures de 1,8 °C aux normales saisonnières, met en péril l’agriculture, l’approvisionnement en eau potable et l’industrie.

Le nord du Maroc, bien que moins touché que les régions centrales et méridionales, n’échappe pas à cette crise. Les réservoirs, comme celui de Tanger Med, subissent une pression croissante, rendant chaque goutte d’eau économisée précieuse.

Les limites et défis du projet

Si l’initiative est saluée comme « pionnière » par des experts, elle n’est pas exempte de défis. La surface du barrage, qui s’étend sur 123 hectares, ne peut être entièrement recouverte en raison de contraintes techniques. Les variations du niveau d’eau, dues à la topographie irrégulière, pourraient également endommager les panneaux. Enfin, le coût du projet, bien que non divulgué, représente un investissement conséquent.

« Ce projet est prometteur, mais il ne peut pas tout résoudre. Il faut aussi accélérer le transfert d’eau des régions moins touchées. »

Mohammed-Saïd Karrouk, professeur de climatologie

Pour pallier ces limites, des mesures complémentaires sont envisagées, comme la plantation d’arbres autour du réservoir pour réduire l’effet desséchant du vent. Par ailleurs, des études sont en cours pour étendre cette technologie à d’autres barrages, notamment à Lalla Takerkoust près de Marrakech et à Oued El Makhazine dans le nord.

Une solution parmi d’autres

Les panneaux flottants ne sont qu’une partie de la réponse à la crise hydrique. Le Maroc mise également sur le dessalement de l’eau de mer, avec un objectif ambitieux de produire 1,7 milliard de m³ d’eau par an d’ici 2030, contre 320 millions actuellement. Une « autoroute de l’eau » de 67 km relie déjà le bassin du Sebou à Rabat, mais des projets d’extension sont nécessaires pour acheminer l’eau des barrages du nord vers le centre et le sud du pays.

À l’échelle mondiale, d’autres pays explorent les panneaux solaires flottants. La Chine, par exemple, abrite des centrales flottantes capables de produire des centaines de mégawatts, tandis que la France, l’Indonésie et la Thaïlande expérimentent cette technologie à plus petite échelle.

Pays Projets de panneaux flottants
Maroc Barrage de Tanger Med, projets à Lalla Takerkoust et Oued El Makhazine
Chine Centrales flottantes à grande échelle, centaines de mégawatts
France, Indonésie, Thaïlande Projets pilotes à petite échelle

Un avenir durable pour le Maroc ?

Face à la raréfaction des ressources hydriques, chaque innovation compte. Les panneaux solaires flottants, bien que limités, offrent un « gain important » dans un pays où l’eau devient une denrée rare. En combinant cette technologie avec le dessalement et une meilleure gestion des ressources, le Maroc pourrait tracer la voie vers un avenir plus résilient.

Cette initiative illustre une vérité universelle : la lutte contre le changement climatique exige des solutions créatives et multidimensionnelles. En protégeant ses réserves d’eau tout en produisant de l’énergie propre, le Maroc pose un jalon important. Reste à savoir si cette expérience pionnière inspirera d’autres nations confrontées aux mêmes défis.

Points clés à retenir :

  • Les panneaux flottants réduisent l’évaporation de 30 % tout en produisant 13 mégawatts.
  • Le Maroc vise 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée d’ici 2030.
  • Des projets similaires sont testés en Chine, France, Indonésie et Thaïlande.

Le chemin est encore long, mais cette initiative marque un pas vers une gestion plus intelligente des ressources. Dans un monde où chaque goutte compte, le Maroc montre qu’innovation et durabilité peuvent aller de pair. Et si cette technologie devenait un modèle pour d’autres régions arides ?

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