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Pakistan Repousse l’Expulsion Massive des Afghans : Que Savoir ?

Le Pakistan repousse l’expulsion de millions d’Afghans, mais que risquent ces familles installées depuis des décennies ? La réponse va vous surprendre…

Imaginez vivre dans un pays depuis des décennies, y construire une vie, une famille, un foyer, puis recevoir un ultimatum : partez ou soyez expulsé. C’est la réalité brutale à laquelle sont confrontés des millions d’Afghans au Pakistan aujourd’hui. Alors que les autorités pakistanaises viennent de repousser d’une semaine une vague massive d’expulsions, initialement prévue pour fin mars, le sort de ces populations reste en suspens, entre espoirs fragiles et craintes profondes. Que se passe-t-il vraiment dans cette région tourmentée, et pourquoi ce dossier soulève-t-il autant d’inquiétudes ?

Un Report Qui Cache une Crise Plus Large

Le délai supplémentaire accordé par le Pakistan, décalant l’échéance à la semaine suivant la fin du Ramadan, pourrait sembler anodin. Pourtant, il révèle une situation explosive. D’après une source proche du gouvernement, cette décision concerne des Afghans installés parfois depuis des générations, confrontés à un choix impossible : quitter Islamabad et sa ville voisine Rawalpindi, ou risquer l’arrestation et l’expulsion manu militari.

Les chiffres donnent le vertige : environ **trois millions d’Afghans** vivent au Pakistan, selon des estimations internationales. Parmi eux, certains détiennent des cartes officielles délivrées par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), d’autres des permis de résidence désormais annulés, et beaucoup n’ont aucun document. Ce report n’est qu’un pansement sur une plaie bien plus profonde.

Qui Sont les Afghans Visés ?

Les autorités pakistanaises ont tracé une ligne claire, mais cruelle, entre différentes catégories de réfugiés. D’un côté, **1,3 million de personnes** possèdent une carte dite PoR (Proof of Registration), leur offrant une protection temporaire. Elles doivent quitter la capitale, mais peuvent rester ailleurs dans le pays… jusqu’au 30 juin seulement. De l’autre, **800 000 détenteurs** de cartes ACC (Afghan Citizen Card), récemment invalidées, n’ont plus aucune légitimité aux yeux d’Islamabad.

Et puis il y a ceux sans papiers, les plus vulnérables. Pour eux, le message est sans appel : partez ou soyez arrêtés. Cette politique implacable soulève une question essentielle : peut-on déraciner des vies aussi facilement, sans égard pour leur histoire ou leur avenir ?

« Beaucoup s’y sont installés il y a des années et ne trouveront rien à leur retour. »

– Une avocate spécialisée dans les droits des réfugiés

Un Retour Vers l’Inconnu

Revenir en Afghanistan, pour beaucoup, c’est plonger dans un abîme. Les talibans, au pouvoir depuis 2021, imposent un régime oppressif, surtout pour les femmes et les filles. L’ONU parle d’un **apartheid de genre**, avec une interdiction unique au monde : aucune fille ne peut aller à l’école après le primaire. Ajoutez à cela une économie en ruines, un chômage endémique et un système de santé à l’agonie, et le tableau devient terrifiant.

Les ONG tirent la sonnette d’alarme. Selon une organisation de défense des droits humains, les expulsés risquent des **persécutions directes** de la part des talibans. Pour les familles afghanes installées au Pakistan depuis des décennies, retourner signifie tout perdre : maison, travail, avenir. Mais Islamabad semble sourd à ces appels.

Pourquoi le Pakistan Durcit le Ton ?

Le Pakistan traverse une période tumultueuse. Entre une crise politique qui paralyse le pays, une économie au bord du gouffre et une montée des violences dans les zones frontalières avec l’Afghanistan, les autorités cherchent des boucs émissaires. Les Afghans, souvent accusés de nourrir l’insécurité, sont dans le viseur. Fin 2023, plus de **800 000 d’entre eux** avaient déjà été renvoyés de force, dans une indifférence quasi générale.

Cette fermeté n’est pas nouvelle. Des responsables pakistanais pointent régulièrement du doigt leurs voisins afghans, les accusant de semer le chaos. Mais cette rhétorique cache une réalité plus complexe : le pays, lui-même en difficulté, peine à gérer une population réfugiée massive tout en luttant contre ses propres démons internes.

Les Enjeux Humanitaires au Cœur du Débat

Les voix s’élèvent pour dénoncer une catastrophe imminente. Une ONG internationale souligne que les Afghans ayant fui vers le Pakistan pour demander l’asile ou un visa auprès d’ambassades étrangères – parties de Kaboul après la prise de pouvoir des talibans – sont aujourd’hui coincés. Sans documents valides, ils risquent l’expulsion vers un pays qu’ils ont fui pour survivre.

Et que dire des programmes d’accueil à l’étranger ? Les États-Unis, par exemple, ont récemment suspendu leur système de relocalisation des réfugiés afghans. Pour beaucoup, le Pakistan était une étape, pas une destination finale. Ce rêve s’effrite aujourd’hui sous la menace des autorités locales.

  • Filles afghanes : Privées d’éducation au-delà du primaire si elles rentrent.
  • Familles établies : Risque de perdre tout ce qu’elles ont bâti.
  • Demandeurs d’asile : Menacés d’expulsion sans alternative viable.

Un Silence International Assourdissant

Face à cette crise, où sont les grandes puissances ? Les expulsions massives de fin 2023 n’ont pas déclenché de tollé mondial. Les institutions internationales continuent d’allouer des fonds au Pakistan, sans conditionner cette aide à une meilleure gestion des réfugiés. Un paradoxe qui laisse perplexe.

Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis janvier, plus de **900 Afghans** ont été arrêtés dans le pays, dont 200 expulsés et les autres relâchés après des interrogatoires. Chaque jour, la pression monte, et les familles vivent dans la peur d’un knock à la porte.

Et Après ? Une Semaine Pour Tout Changer

Ce report d’une semaine est une goutte d’eau dans un océan de défis. Les discussions entre le Pakistan et l’Afghanistan se poursuivent – une délégation pakistanaise s’est rendue à Kaboul en mars, et le Premier ministre afghan a appelé à l’aide plutôt qu’à l’expulsion. Mais les solutions concrètes manquent.

Pour les Afghans concernés, chaque jour compte. Rester, partir, se cacher : aucun choix n’est facile. Pendant ce temps, le Pakistan jongle avec ses propres crises, et le monde regarde ailleurs. Cette histoire, loin d’être finie, pourrait bien marquer un tournant dans les relations entre ces deux nations voisines.

Une crise humaine, un dilemme politique, un avenir incertain : voilà le cocktail explosif qui se joue aujourd’hui à la frontière pakistano-afghane.

Et vous, que feriez-vous si votre vie était suspendue à une décision aussi brutale ? Cette question, des millions de personnes se la posent en ce moment même. Le compte à rebours est lancé.

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