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Pakistan : Inondations et Pollution, un Combat sans Fin

Les inondations ravagent le Pendjab, après des années de smog étouffant. Comment les habitants survivent-ils à ces catastrophes en chaîne ? Découvrez leur combat...

Imaginez-vous perchés sur le toit d’une maison, les pieds dans la boue, observant votre foyer englouti par des eaux troubles. C’est la réalité de milliers de Pakistanais confrontés à une double tragédie : la pollution asphyxiante et des inondations dévastatrices. Dans le Pendjab, le cœur agricole du Pakistan, les habitants luttent pour survivre face à des catastrophes en cascade, où chaque saison semble apporter un nouveau fléau.

Un pays sous pression : entre smog et déluge

Le Pakistan, avec ses 255 millions d’habitants, fait face à des défis environnementaux d’une ampleur colossale. Le Pendjab, souvent surnommé le grenier à blé du pays, abrite près de la moitié de la population. Mais cette région, essentielle à l’économie agricole, est aujourd’hui submergée par les eaux de la mousson, aggravées par le changement climatique. Les fleuves, gonflés par des pluies torrentielles, ont rompu leurs digues, transformant des villages entiers en marécages.

À Shahdara, un village situé à une demi-heure de Lahore, les habitants comme Ghulam Bano ont cru trouver refuge loin du smog, ce brouillard toxique qui enveloppe la ville chaque hiver. Mais la mousson a balayé leurs espoirs, inondant leurs maisons et leurs rêves d’une vie meilleure. Cette double menace – pollution et inondations – illustre la vulnérabilité croissante d’une population déjà fragilisée.

La mousson : une bénédiction devenue malédiction

La mousson est une période cruciale pour l’agriculture en Asie du Sud, apportant jusqu’à 70 % des précipitations annuelles. Elle irrigue les champs, remplit les réservoirs et soutient les moyens de subsistance de millions de personnes. Cependant, avec le changement climatique, ces pluies deviennent imprévisibles et destructrices. Depuis fin juin, plus de 800 personnes ont perdu la vie dans des épisodes de pluies intenses, principalement dans le nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane.

« Ça ne s’arrête jamais », se lamente Amir Mehmood, un commerçant de 32 ans, contemplant les débris de son village.

Les inondations ont forcé l’évacuation de 260 000 personnes dans le Pendjab, laissant derrière elles des maisons effondrées et des terres agricoles noyées. À Shahdara, les rues étroites, bordées de maisons basses, sont devenues des rivières de boue. Les habitants, pris au dépourvu par la montée soudaine des eaux du fleuve Ravi, ont dû fuir en abandonnant presque tout.

Le smog : une menace insidieuse

Avant les inondations, c’était la pollution atmosphérique qui faisait suffoquer les habitants. Lahore, la deuxième ville du Pakistan, est tristement célèbre pour son smog, un mélange toxique de brouillard, de fumées industrielles et de particules fines. Chaque hiver, ce nuage étouffant enveloppe la ville, provoquant des maladies respiratoires comme la tuberculose, aggravée chez des personnes comme le mari de Ghulam Bano, désormais cloué au lit.

Pour échapper à cet air irrespirable, de nombreuses familles, comme celle de Ghulam Bano, ont quitté Lahore pour s’installer dans des villages comme Shahdara. Mais ce déménagement, loin d’être une solution, les a exposées à une nouvelle catastrophe. Le smog, bien que saisonnier, laisse des séquelles durables : infections pulmonaires, toux chronique, et une qualité de vie en chute libre.

Les chiffres alarmants de la pollution :

  • Lahore figure parmi les villes les plus polluées au monde.
  • Les niveaux de particules fines (PM2.5) dépassent souvent les normes de l’OMS.
  • Les maladies respiratoires touchent des millions de Pakistanais chaque année.

Une crise sanitaire en cascade

Les inondations ne se contentent pas de détruire les maisons ; elles engendrent une crise sanitaire majeure. Dans les zones inondées, les eaux stagnantes, infestées d’insectes, propagent des infections cutanées et des maladies hydriques. À Shahdara, des dizaines de familles ont trouvé refuge dans une école primaire située en hauteur, où des médecins tentent de traiter ces affections.

Pour beaucoup, comme Ghulam Bano, la situation est désespérée. Seule à subvenir aux besoins de sa famille, elle raconte n’avoir mangé qu’un seul repas en deux jours, faute de ressources et d’accès à l’eau potable. Sa fille, confiée à des proches, est à l’abri, mais Ghulam reste sur place, espérant que les eaux se retireront bientôt.

« J’ai laissé ma fille chez des proches et je suis restée dans l’espoir que l’eau se retire », confie Ghulam Bano, la voix empreinte de résignation.

Un avenir incertain face au changement climatique

Le changement climatique exacerbe ces catastrophes, rendant les moussons plus intenses et imprévisibles. Les autorités pakistanaises, dépassées, peinent à gérer l’ampleur des dégâts. Plus de 300 centres d’accueil ont été ouverts dans le Pendjab pour héberger les déplacés, mais beaucoup, comme Tabassoum Souleman, une veuve de 40 ans, craignent que « le pire soit encore à venir ».

Tabassoum, réfugiée dans une école avec d’autres femmes, raconte avoir fui sans même prendre de vêtements pour ses enfants. Cette précarité, combinée à l’absence d’infrastructures adaptées, plonge des milliers de familles dans l’incertitude. Les ordures qui jonchent les rues, signalées par Amir Mehmood, aggravent encore les conditions sanitaires.

Catastrophe Impact Région
Inondations 260 000 évacués, 800 décès Pendjab, nord-ouest
Smog Maladies respiratoires, tuberculose Lahore, zones urbaines

Résilience face à l’adversité

Malgré ces épreuves, les Pakistanais font preuve d’une résilience remarquable. Les communautés s’organisent, partageant le peu de ressources disponibles. Les écoles, transformées en refuges, deviennent des lieux de solidarité où les familles s’entraident. Mais cette résilience a ses limites, et sans une action concertée pour lutter contre le changement climatique et améliorer les infrastructures, le futur reste sombre.

Les autorités prévoient de nouvelles pluies dans les prochains jours, ce qui pourrait aggraver la situation. Pour des habitants comme Amir Mehmood, qui a sauvé ses animaux et sa famille, ou Tabassoum, qui craint pour l’avenir, chaque jour est un combat pour la survie. Leur histoire reflète celle de millions de Pakistanais pris au piège d’un cycle de catastrophes.

Que peut-on retenir de cette crise ?

  • Le changement climatique intensifie les catastrophes naturelles.
  • Les populations vulnérables paient le prix fort.
  • Des solutions durables sont nécessaires pour protéger les habitants.

Le Pakistan se trouve à un carrefour critique. Entre la pollution qui empoisonne l’air et les inondations qui engloutissent les terres, les habitants du Pendjab luttent pour un avenir meilleur. Leur courage face à l’adversité est une leçon d’humanité, mais aussi un appel urgent à l’action pour un monde plus résilient.

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