Imaginez un monde où les investisseurs les plus prudents fuient soudainement les obligations d’État pour se réfugier dans des actifs que l’on croyait réservés aux survivalistes d’hier. Cette semaine, nous assistons précisément à ce spectacle : l’or et l’argent pulvérisent leurs plus hauts historiques tandis que Bitcoin, malgré une hausse respectable, semble presque timide en comparaison. Ce décalage intrigant cache-t-il le prélude d’un mouvement bien plus violent pour la reine des cryptomonnaies ?
Quand l’or s’envole, Bitcoin prépare-t-il son tour de piste ?
Les métaux précieux n’ont jamais connu une telle ferveur. L’or a franchi des niveaux que même les plus optimistes n’osaient plus espérer il y a encore quelques mois. L’argent, souvent considéré comme le petit frère turbulent, a lui aussi inscrit un nouveau record de capitalisation boursière. Ce n’est pas un simple rebond technique : c’est une ruée vers les valeurs refuges dans un contexte de défiance croissante envers la dette souveraine.
Les raisons de cette panique discrète sont multiples : incertitudes macroéconomiques persistantes, tensions géopolitiques larvées, et surtout une érosion accélérée de la confiance dans les monnaies fiduciaires traditionnelles. Lorsque les grands investisseurs commencent à douter de la solidité du dollar, ils ne se posent plus la question de savoir s’ils doivent acheter de l’or… mais combien ils doivent en acheter.
Bitcoin en retard : simple coïncidence ou schéma historique ?
Pendant ce temps, Bitcoin grimpe, certes, mais avec une mollesse surprenante au regard de la violence du mouvement sur les métaux précieux. Beaucoup y voient un signe de faiblesse. D’autres, plus patients, y décèlent le calme avant la tempête.
Des études statistiques poussées, notamment des tests de causalité de Granger, montrent que l’or précède très souvent les grands cycles haussiers de Bitcoin, avec un décalage moyen de 4 à 7 mois. Autrement dit : quand l’or entre en phase parabolique, Bitcoin suit généralement… mais avec retard, et souvent avec une accélération bien plus brutale.
« Historiquement, l’or joue le rôle de pompier de premier départ. Une fois le feu maîtrisé, l’argent frais arrive en seconde vague vers les actifs à plus fort potentiel asymétrique, dont Bitcoin. »
Analyste spécialisé en macro et crypto-actifs
Ce schéma « gold first, Bitcoin later » n’est pas nouveau. On l’a observé à plusieurs reprises depuis 2017. La nouveauté en 2026 ? L’ampleur inédite des flux institutionnels qui se dirigent déjà vers Bitcoin via les ETF spot.
Les ETF Bitcoin absorbent plus que toute la nouvelle production
Depuis leur lancement début 2024, les ETF Bitcoin spot américains ont accumulé plus de bitcoins que l’ensemble des mineurs n’en ont produit sur la même période. Plus de 100 % de la nouvelle offre a été absorbée par ces seuls véhicules institutionnels.
Si l’on ajoute à cela la diminution progressive des ventes par les détenteurs à long terme (les « HODLers » de la première heure), on obtient la recette parfaite pour un squeeze haussier majeur dès lors que la demande dépasse durablement l’offre disponible sur le marché spot.
C’est exactement le scénario qui s’est produit sur l’or en 2025 : après des années d’accumulation discrète par les banques centrales, la moindre accélération de la demande a provoqué une flambée parabolique, faute de contrepartie vendeuse suffisante.
Que nous disent les marchés d’options sur Bitcoin ?
Sur les plateformes spécialisées, les traders institutionnels ne se contentent pas d’acheter du spot. Ils construisent des positions directionnelles très agressives. On observe actuellement un volume inhabituellement élevé de calls à strike très élevés pour les échéances mars 2026 et au-delà.
Ces structures traduisent une conviction croissante : non seulement Bitcoin devrait poursuivre sa hausse, mais il pourrait le faire de manière explosive, potentiellement en rattrapant le retard accumulé sur l’or et en visant des niveaux qui semblaient encore fantaisistes il y a quelques semaines.
Certains analystes n’hésitent plus à parler d’un mouvement de +60 à +100 % en quelques mois seulement, à l’image de ce que l’argent a réalisé dans la phase finale du dernier super-cycle des matières premières.
Le rôle des scandales au sein des institutions monétaires
La confiance dans le dollar n’a jamais été aussi fragile. Des enquêtes récentes visant des responsables de haut niveau de la Réserve fédérale ont renforcé la perception d’un système monétaire occidental miné par des conflits d’intérêts et une opacité persistante.
Dans ce contexte, l’or réagit quasi instantanément : il est perçu comme l’ultime valeur refuge déconnectée des décisions politiques. Bitcoin, lui, nécessite un peu plus de temps pour capter les flux : les processus d’allocation institutionnelle sont plus longs, les comités d’investissement plus prudents.
Mais une fois la machine lancée, elle est difficile à arrêter.
Quels scénarios pour les mois à venir ?
Trois trajectoires principales se dessinent actuellement :
- Scénario 1 – Continuation du découplage temporaire : l’or poursuit sa course folle pendant encore 2-3 mois, Bitcoin stagne ou corrige légèrement. C’est le scénario le plus pessimiste pour les bulls crypto à court terme.
- Scénario 2 – Rotation progressive : les capitaux commencent à sortir de l’or pour aller vers Bitcoin dès le printemps 2026. Hausse soutenue mais mesurée du BTC, autour de +30 à +50 % d’ici l’été.
- Scénario 3 – Explosion parabolique différée : après un dernier coup de collier sur l’or (peut-être +20-30 % supplémentaires), le robinet se ferme brutalement sur les métaux précieux et s’ouvre en grand sur Bitcoin. Mouvement vertical de +80 à +150 % possible en 4-6 mois.
Le scénario 3, bien qu’extrêmement haussier, n’est pas le plus improbable au vu des données actuelles sur les ETF, les positions options et le comportement historique des deux actifs.
Comment se positionner intelligemment dans ce contexte ?
Face à une telle incertitude, la gestion du risque reste reine. Plusieurs approches coexistent actuellement parmi les investisseurs avertis :
- Maintenir une poche or/argent physique ou via ETF comme assurance macro
- Accumuler progressivement du Bitcoin spot ou via ETF dès que des zones de support techniques solides sont testées
- Utiliser des structures options (achats de calls ou call spreads) pour capter l’asymétrie haussière sans mobiliser trop de capital
- Diversifier également vers l’argent physique, souvent sous-évalué par rapport à l’or en fin de cycle haussier
Dans tous les cas, la patience semble être la vertu cardinale en ce début d’année 2026. Ceux qui ont fui l’or trop tôt lors des précédents cycles l’ont souvent regretté. Ceux qui ont attendu le signal de rotation vers Bitcoin avant d’y aller à fond ont généralement été récompensés.
Les leçons des cycles passés
Chaque super-cycle haussier des actifs durs (or, argent, puis crypto) suit peu ou prou le même playbook :
- Phase 1 : accumulation discrète par les initiés (banques centrales pour l’or, whales et ETF pour Bitcoin)
- Phase 2 : premier choc macro → ruée vers les valeurs refuges les plus liquides (or d’abord)
- Phase 3 : épuisement des vendeurs → parabolic blow-off sur l’actif refuge initial
- Phase 4 : rotation vers l’actif à plus fort potentiel asymétrique (Bitcoin aujourd’hui)
- Phase 5 : capitulation des sceptiques et FOMO généralisé
Nous semblons actuellement quelque part entre la phase 2 et la phase 3 pour l’or, et entre la phase 1 et la phase 2 pour Bitcoin. La transition vers la phase 4 pourrait être le mouvement le plus rentable de l’année 2026… à condition de ne pas se tromper de calendrier.
Et si tout cela n’était qu’une illusion ?
Bien sûr, rien n’est jamais écrit d’avance en finance. Il existe des risques bien réels qui pourraient contrecarrer ce scénario haussier différé :
- Une résolution rapide et crédible des tensions macroéconomiques
- Un resserrement monétaire surprise beaucoup plus agressif que prévu
- Une nouvelle réglementation hostile aux cryptos dans les grandes juridictions
- Une liquidation massive de positions institutionnelles sur Bitcoin en cas de krach généralisé des actifs risqués
Ces risques existent et doivent être gardés à l’esprit. Cependant, la configuration actuelle – absorption record par les ETF, positions haussières agressives sur les options, momentum parabolique sur l’or, défiance structurelle envers la dette souveraine – penche clairement en faveur du scénario optimiste pour Bitcoin à moyen terme.
Conclusion : le moment de vérité approche
Les bulls de Bitcoin se trouvent à un carrefour historique. Soit ils assistent, impuissants, à une nouvelle décorrélation durable avec l’or. Soit ils deviennent les grands gagnants d’une rotation massive de capitaux qui pourrait propulser le BTC vers des sommets inimaginables d’ici la fin 2026 ou le début 2027.
Les prochains mois seront décisifs. Surveillez attentivement le comportement de l’or : tant qu’il continue de monter en flèche sans signe d’épuisement, la fenêtre de tir pour accumuler Bitcoin à des prix encore raisonnables reste ouverte. Dès les premiers signes de plafonnement ou de rotation visible des flux, il sera probablement déjà trop tard pour monter dans le train à des tarifs avantageux.
Dans cette danse macabre entre dettes souveraines chancelantes, métaux précieux enragés et crypto-monnaies en embuscade, une chose est sûre : l’année 2026 ne ressemblera à aucune autre.
À vous de jouer… mais prudemment.









