Une crise financière sans précédent pour l’OMS
L’année écoulée a marqué l’un des chapitres les plus compliqués de l’histoire de l’organisation. Les annonces successives de réductions drastiques dans les financements internationaux ont contraint l’OMS à opérer des ajustements douloureux mais jugés indispensables.
Le principal choc est venu du retrait des États-Unis, décidé peu après le retour au pouvoir de leur président en janvier 2025. Un décret a lancé le processus, aboutissant à une sortie effective après le délai réglementaire d’un an. Cette décision a privé l’institution d’une part substantielle de ses ressources, exacerbée par des coupes similaires chez d’autres contributeurs.
Face à cette réalité brutale, le directeur général a décrit la période comme « indéniablement l’une des plus difficiles ». Les contraintes budgétaires n’ont laissé d’autre choix que de diminuer les effectifs de manière significative.
Les impacts concrets sur les ressources humaines
Les réductions d’effectifs ont touché de nombreux collaborateurs. Des licenciements ont été annoncés, accompagnés de départs volontaires, de retraites anticipées ou naturelles. Le bilan final a limité les suppressions de postes à un chiffre précis, bien que le processus ait été qualifié de douloureux.
Cette restructuration a permis d’atteindre une forme de stabilité. L’organisation avance désormais avec une structure plus légère, prête à se concentrer sur ses missions essentielles sans les dispersions du passé.
Nous avons traversé un processus douloureux, mais nécessaire, de définition des priorités et de réalignement.
Ces mots soulignent une vision positive : la crise a forcé une clarification des objectifs, transformant une menace en levier de transformation.
Le retrait américain au cœur des débats
Le départ des États-Unis reste un sujet brûlant. Non seulement il prive l’OMS d’un soutien financier majeur, mais il soulève des interrogations sur les conditions de sortie. Les contributions obligatoires dues pour les années précédentes posent question, avec une somme importante restant impayée.
Le Conseil exécutif examine ces notifications de retrait, y compris celle d’un autre pays. Cette situation met en lumière les règles complexes régissant l’adhésion et le désengagement des États membres.
Symboliquement, des gestes ont marqué cette rupture, comme le retrait de certains éléments représentatifs devant le siège à Genève. Ces actes illustrent la profondeur du changement en cours.
Une opportunité de recentrage stratégique
Plutôt que de s’attarder sur les pertes, le leadership de l’OMS insiste sur les bénéfices potentiels. La crise a permis de définir plus clairement les priorités, d’alléger la structure et de recentrer les efforts sur la mission fondamentale : protéger la santé mondiale.
Le directeur général voit dans cette période une chance de bâtir une organisation plus agile, moins dépendante d’un petit cercle de donateurs. Une OMS « plus allégée » qui se concentre sur l’essentiel, voilà l’horizon dessiné.
C’est une occasion de parvenir à une OMS plus allégée qui se concentrera davantage sur sa mission.
Cette perspective optimiste contraste avec les défis immédiats, mais elle guide les réflexions actuelles au sein du Conseil exécutif.
Vers une réforme du financement durable
Pour sortir de la vulnérabilité liée aux contributions volontaires, qui dominent largement le budget, l’OMS pousse pour une augmentation progressive des cotisations obligatoires. Une première hausse de 20 % a été approuvée en 2025, marquant un pas important.
D’autres augmentations sont programmées pour les années à venir, avec un objectif ambitieux : porter la part des cotisations obligatoires à 50 % du budget de base d’ici les prochaines années. Cela permettrait de réduire la dépendance à un financement imprévisible et souvent orienté vers des projets spécifiques.
Cette réforme vise à assurer une plus grande autonomie et une prévisibilité des ressources, essentielles pour répondre efficacement aux urgences sanitaires mondiales.
- Augmentation progressive des cotisations obligatoires
- Réduction de la part des contributions volontaires
- Objectif de 50 % de financement stable
- Moins de dépendance à quelques donateurs majeurs
Ces mesures, si elles sont pleinement adoptées, pourraient transformer durablement le modèle économique de l’institution.
Un contexte mondial de pressions accrues
La santé globale fait face à des défis multiples : conflits armés, crises humanitaires prolongées, impacts du changement climatique sur les systèmes de santé. Ces facteurs exercent une pression inédite, rendant le rôle de l’OMS plus crucial que jamais.
Certains pays soulignent que ce moment représente un tournant critique. La coordination internationale doit s’adapter pour répondre à ces menaces interconnectées, où aucune nation ne peut agir seule efficacement.
Le retrait d’un acteur majeur invite à repenser collectivement l’avenir de l’organisation et sa raison d’être dans un monde en mutation rapide.
Les leçons d’une crise pour l’avenir
Cette période difficile a forcé une introspection profonde. Au-delà des coupes budgétaires, elle a permis de questionner les priorités, les efficacités et les partenariats. L’OMS émerge avec une vision plus claire de ses forces et de ses faiblesses.
En se recentrant, l’organisation espère renforcer sa crédibilité et son impact. Les États membres sont appelés à soutenir cette transition par des engagements financiers plus solides et prévisibles.
La stabilité atteinte marque un tournant. Après les turbulences, l’OMS se projette vers l’avant, déterminée à transformer les contraintes en catalyseurs de progrès.
Les débats au Conseil exécutif et les décisions futures seront déterminants. Ils façonneront une OMS adaptée aux réalités du XXIe siècle, plus résiliente face aux incertitudes.
En conclusion, ce qui pouvait apparaître comme une menace existentielle se révèle être un moment pivot. L’optimisme du leadership repose sur une conviction profonde : les crises, bien gérées, forgent les institutions les plus solides. L’avenir dira si cette vision se concrétisera pleinement.









