Alors que les tensions s’intensifient dans le nord de la Syrie suite à une offensive lancée par une coalition rebelle à dominante islamiste, la Turquie, pourtant connue pour son soutien aux factions anti-Assad, a tenu à réfuter toute accusation d’ingérence étrangère. Une position ferme réaffirmée ce lundi par le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Abbas Araghchi à Ankara.
Pour M. Fidan, pointer du doigt une quelconque implication extérieure serait une erreur d’analyse à ce stade. Il attribue plutôt cette escalade à l’absence de dialogue entre le régime de Damas et l’opposition, appelant à un compromis entre les deux camps. Une position nuancée, alors que la Turquie n’a jamais caché son soutien aux rebelles syriens dans leur lutte contre Bachar al-Assad depuis le début du conflit en 2011.
Un appel à préserver le processus d’Astana
Face à cette nouvelle flambée de violence, Ankara et Téhéran, deux acteurs clés dans le dossier syrien malgré leurs divergences, ont insisté sur la nécessité de sauvegarder les acquis du processus d’Astana. Lancée en 2017 par la Russie, l’Iran et la Turquie, cette initiative visait à instaurer des zones démilitarisées pour faire taire les armes. Les ministres Fidan et Araghchi se sont ainsi engagés à organiser prochainement une nouvelle réunion de ce format tripartite au niveau ministériel, la dernière s’étant tenue en novembre.
Mais au-delà de cette volonté affichée de relance diplomatique, les deux pays ont exprimé des inquiétudes différentes. Côté iranien, Abbas Araghchi a mis en garde contre le risque de voir la Syrie devenir « un centre pour les groupes terroristes », en référence aux rebelles islamistes. Une menace prise très au sérieux par Téhéran, allié indéfectible du régime syrien.
Ankara vise surtout les combattants kurdes
De son côté, si Hakan Fidan a lui aussi appelé à empêcher les « organisations terroristes » de profiter de « l’instabilité », c’est avant tout les combattants kurdes dans le nord syrien qu’il avait en ligne de mire. Leur présence à proximité de sa frontière est perçue comme une menace existentielle par la Turquie, qui les considère comme une extension du PKK, le mouvement kurde actif en Turquie.
Cette offensive rebelle illustre une nouvelle fois la complexité de l’échiquier syrien, où s’entremêlent enjeux locaux, luttes de pouvoir régionales et jeux d’influence des puissances internationales. Malgré leurs intérêts divergents, Ankara et Téhéran semblent déterminés à maintenir leur fragile coordination, conscients qu’une escalade incontrôlée ne ferait qu’aggraver le chaos, avec des conséquences imprévisibles pour l’ensemble de la région.
Mais avec un conflit qui entre dans sa douzième année, une population syrienne épuisée et divisée, et une communauté internationale impuissante, les perspectives de paix durable semblent encore bien lointaines. L’espoir réside peut-être dans ces formats diplomatiques imparfaits comme Astana, seuls espaces de dialogue encore existants. À condition que tous les acteurs jouent le jeu, au-delà de leurs calculs à court terme.
La Syrie ne doit pas devenir un centre pour les groupes terroristes.
– Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Car la priorité absolue doit rester d’épargner de nouvelles souffrances au peuple syrien. Empêcher une énième escalade militaire pour créer les conditions d’un véritable processus politique inclusif. Un défi immense, mais vital pour l’avenir de la Syrie et la stabilité de tout le Moyen-Orient. La réunion d’Astana annoncée sera un test de la volonté réelle de la Russie, de l’Iran et de la Turquie d’y contribuer. La communauté internationale doit aussi rester mobilisée diplomatiquement et humanitairement. Il en va de notre responsabilité collective.
De son côté, si Hakan Fidan a lui aussi appelé à empêcher les « organisations terroristes » de profiter de « l’instabilité », c’est avant tout les combattants kurdes dans le nord syrien qu’il avait en ligne de mire. Leur présence à proximité de sa frontière est perçue comme une menace existentielle par la Turquie, qui les considère comme une extension du PKK, le mouvement kurde actif en Turquie.
Cette offensive rebelle illustre une nouvelle fois la complexité de l’échiquier syrien, où s’entremêlent enjeux locaux, luttes de pouvoir régionales et jeux d’influence des puissances internationales. Malgré leurs intérêts divergents, Ankara et Téhéran semblent déterminés à maintenir leur fragile coordination, conscients qu’une escalade incontrôlée ne ferait qu’aggraver le chaos, avec des conséquences imprévisibles pour l’ensemble de la région.
Mais avec un conflit qui entre dans sa douzième année, une population syrienne épuisée et divisée, et une communauté internationale impuissante, les perspectives de paix durable semblent encore bien lointaines. L’espoir réside peut-être dans ces formats diplomatiques imparfaits comme Astana, seuls espaces de dialogue encore existants. À condition que tous les acteurs jouent le jeu, au-delà de leurs calculs à court terme.
La Syrie ne doit pas devenir un centre pour les groupes terroristes.
– Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Car la priorité absolue doit rester d’épargner de nouvelles souffrances au peuple syrien. Empêcher une énième escalade militaire pour créer les conditions d’un véritable processus politique inclusif. Un défi immense, mais vital pour l’avenir de la Syrie et la stabilité de tout le Moyen-Orient. La réunion d’Astana annoncée sera un test de la volonté réelle de la Russie, de l’Iran et de la Turquie d’y contribuer. La communauté internationale doit aussi rester mobilisée diplomatiquement et humanitairement. Il en va de notre responsabilité collective.