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Niger : Attaque Aéroport Niamey, Accusations Contre Macron

Dans la nuit, des tirs nourris ont visé l’aéroport de Niamey. La junte repousse l’attaque, tue 20 assaillants et accuse directement Macron, Talon et Ouattara d’être derrière... Mais que cache vraiment cette offensive ? La réponse pourrait changer la donne au Sahel...
L’attaque nocturne sur l’aéroport de Niamey a secoué la capitale nigérienne dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, révélant les tensions extrêmes qui traversent le pays depuis le coup d’État de juillet 2023. Des tirs nourris et des explosions ont retenti pendant plus d’une heure près de la base aérienne 101, site stratégique abritant des installations militaires sensibles. Le régime militaire a rapidement revendiqué une victoire décisive contre ce qu’il qualifie de groupe de mercenaires, tout en pointant du doigt des puissances étrangères.

Une nuit de chaos à Niamey : les faits de l’attaque

Vers minuit, des détonations puissantes et des rafales d’armes automatiques ont brisé le silence de la capitale. Les habitants des quartiers avoisinants ont décrit un vacarme assourdissant, avec des éclairs illuminant le ciel nocturne. L’aéroport international Diori Hamani, qui jouxte la base militaire 101, a été directement visé.

Les forces de défense nigériennes ont réagi promptement avec une riposte combinée aéroterrestre. Selon le bilan officiel communiqué par le ministre de la Défense, quatre militaires ont été blessés lors des échanges de tirs. Du côté des assaillants, vingt ont été tués et onze autres capturés, souvent grièvement blessés. La télévision nationale a diffusé des images montrant des corps présentés comme ceux des attaquants, affirmant la présence d’un individu de nationalité française parmi les victimes.

Cette opération a duré environ une trentaine de minutes avant que les assaillants ne soient repoussés. Le calme est revenu dans la matinée, et la vie quotidienne a repris son cours dans la plupart des quartiers de Niamey, bien que le périmètre autour de l’aéroport reste sous haute surveillance.

La réaction immédiate du chef de la junte

Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du régime depuis le putsch de 2023, s’est exprimé le soir même sur les ondes de la radio publique La Voix du Sahel. Il a tenu à féliciter les forces de défense et de sécurité pour leur professionnalisme, mais surtout à souligner le rôle clé joué par les partenaires russes.

Nous félicitons l’ensemble des forces de défense et de sécurité (…) ainsi que les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité.

Cette mention explicite de la Russie marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Niamey et Moscou, entamé après la rupture avec les partenaires occidentaux traditionnels. Le dirigeant a ensuite adopté un ton beaucoup plus virulent envers certains chefs d’État voisins et occidentaux.

Accusations directes contre trois présidents

Dans la même déclaration, le général Tiani a nommé sans détour Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara comme étant les sponsors présumés de ces mercenaires. Il les a accusés d’orchestrer des tentatives de déstabilisation contre le Niger.

Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter.

Ces propos reflètent la profonde hostilité accumulée depuis le coup d’État. Le Niger accuse régulièrement la France d’ingérence, le Bénin d’abriter des bases hostiles et la Côte d’Ivoire de soutenir des actions déstabilisatrices. Ces pays ont toujours fermement démenti ces allégations.

Le contexte géopolitique est explosif : depuis 2023, le régime a expulsé les troupes françaises, rompu plusieurs accords de coopération et pivoté vers des alliances alternatives, notamment avec la Russie. L’aéroport de Niamey, anciennement utilisé par des forces étrangères, reste un symbole fort de cette transition.

Contexte sécuritaire au Sahel : un pays sous pression constante

Le Niger fait face depuis des années à une menace jihadiste persistante, avec des groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique opérant dans les régions frontalières. Les attaques contre des bases militaires se multiplient, mais celle-ci est inédite par sa localisation au cœur de la capitale.

La base 101, anciennement occupée par des contingents étrangers, abrite désormais des éléments russes selon plusieurs sources. Cette présence a permis, d’après les autorités, une défense efficace. Les assaillants, arrivés en motos selon certains rapports, ont été qualifiés de mercenaires télécommandés par le ministère de la Défense.

Ce type d’opération vise souvent à tester les défenses, à semer la peur ou à perturber des infrastructures critiques. L’aéroport civil a également été impacté, avec des avions sur le tarmac potentiellement touchés, bien que les autorités n’aient pas confirmé de dommages majeurs aux installations civiles.

Les implications régionales et internationales

Cette attaque et les accusations qui suivent risquent d’aggraver les fractures au sein de la CEDEAO et dans les relations avec l’Occident. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso forment désormais un bloc allié, souvent en opposition aux pays côtiers comme le Bénin et la Côte d’Ivoire.

La France, qui a retiré ses troupes en 2023 après des mois de tensions, est régulièrement visée par des discours hostiles. Les accusations de sponsoring d’attaques terroristes, sans preuves publiques avancées, s’inscrivent dans une stratégie de communication pour consolider le soutien interne.

La Russie, en revanche, gagne en visibilité comme partenaire fiable en matière de sécurité. Ce partenariat inclut probablement du matériel, de la formation et une présence sur le terrain, similaire à ce qui se passe dans les pays voisins.

Bilan humain et matériel : ce que l’on sait

Le bilan officiel reste limité : quatre blessés côté nigérien, vingt assaillants tués et onze arrêtés. La télévision a montré des images de la visite du chef de la junte sur place, ainsi que des corps et du matériel saisi, incluant des motos et des armes.

  • Quatre militaires nigériens blessés
  • Vingt assaillants tués, dont un Français selon la TV nationale
  • Onze assaillants capturés, majoritairement grièvement blessés
  • Matériel de guerre et motos récupérés

Ces chiffres soulignent l’intensité de la riposte, mais aussi la détermination des attaquants à frapper un site hautement symbolique. Aucune revendication n’a été publiée à ce stade, laissant planer le doute sur l’identité exacte des responsables.

Vers une escalade ou une consolidation du pouvoir ?

Cet événement pourrait renforcer la légitimité du régime en présentant une victoire contre des ennemis extérieurs. En accusant nommément des présidents étrangers, le général Tiani cherche à unir la population autour d’un narratif de résistance souveraine.

Pourtant, les défis restent immenses : insécurité persistante, crise économique, sanctions régionales. L’avenir dépendra de la capacité à stabiliser le pays tout en gérant ces alliances nouvelles.

La nuit du 28 au 29 janvier 2026 restera gravée comme un tournant, illustrant les fractures profondes qui traversent le Sahel et au-delà. Niamey, capitale paisible en apparence, porte désormais les marques d’une guerre hybride où les armes côtoient la diplomatie agressive.

Les prochains jours révéleront si cette attaque marque le début d’une vague plus large ou un incident isolé amplifié par le contexte politique. Une chose est sûre : le Niger reste au centre d’un jeu géopolitique complexe, où chaque explosion résonne bien au-delà de ses frontières.

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