À quelques jours seulement de la grande cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver 2026, une voix familière des téléspectateurs français se fait entendre à nouveau. Celle de Nelson Monfort, l’homme qui a commenté tant de pirouettes et de triples axels avec passion pendant des décennies. Aujourd’hui, il parle différemment : non plus derrière un micro en direct, mais avec la liberté de celui qui a choisi de tourner une page importante de sa vie.
Dans une longue interview accordée à David Barbet pour son émission disponible sur YouTube, le journaliste sportif livre ses ressentis les plus sincères. Entre nostalgie assumée et enthousiasme pour l’avenir, ses mots touchent par leur authenticité. Il va regarder les Jeux, bien sûr, mais pas comme avant. Et cette nuance change tout.
Un départ réfléchi après une carrière exceptionnelle
Quand on évoque le nom de Nelson Monfort, immédiatement viennent en tête les plus belles images du patinage artistique mondial. Pendant plus de quarante ans, il a été la voix française de cette discipline élégante et exigeante. Mais après les Jeux Olympiques d’été de Paris 2024, il a décidé que le moment était venu de passer la main.
« Je pense que c’était le bon moment », confie-t-il avec une sérénité qui force le respect. Il explique ne pas souhaiter s’accrocher indéfiniment, au risque de voir la qualité de son travail diminuer. Cette lucidité sur soi-même est rare dans le milieu médiatique où beaucoup préfèrent prolonger jusqu’au bout, quitte à s’essouffler.
Il ajoute avec une pointe d’humour qu’il ne se voyait pas interviewer des sportifs jusqu’à 80 ans. La formule fait sourire, mais elle dit beaucoup sur l’état d’esprit de celui qui préfère partir au sommet plutôt que de décliner doucement.
Le pincement au cœur face aux JO 2026
La question était presque inévitable : regardera-t-il les prochains Jeux Olympiques d’hiver ? La réponse fuse, immédiate : « Je vais regarder, évidemment ». Mais très vite, la nuance arrive, chargée d’émotion : « …mais je regarderai ça forcément avec un petit pincement au cœur ».
Ces quelques mots résument parfaitement le tiraillement intérieur qu’il vit. D’un côté, l’amour intact pour le sport, pour les athlètes, pour l’ambiance unique des olympiades hivernales. De l’autre, la conscience aiguë qu’il ne sera plus au cœur de l’événement, plus dans la cabine de commentaire, plus en charge de transmettre l’émotion aux Français.
« Je vais regarder ça forcément avec un petit pincement au cœur »
Cette phrase restera sans doute comme l’une des plus touchantes prononcées par Nelson Monfort depuis son départ. Elle dit tout : l’attachement profond, la nostalgie, mais aussi l’acceptation sereine d’une nouvelle étape de vie.
Il insiste d’ailleurs sur le fait qu’il a « tourné la page ». Et pour prouver qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air, il énumère avec enthousiasme les différents chantiers qui l’occupent désormais.
Une présence encore discrète mais réelle à l’antenne
Même s’il a quitté les effectifs officiels, Nelson Monfort n’a pas totalement disparu des écrans. Il continue d’apparaitre régulièrement dans l’émission dominicale de Michel Drucker sur France 3. « D’une certaine manière, je continue quand même un peu », reconnaît-il volontiers.
Cette collaboration de longue date avec l’animateur emblématique représente une forme de pont entre son passé et son présent. Elle lui permet de garder un lien avec le public sans pour autant reprendre le rythme intense des grands événements sportifs.
Ce lien ténu mais réel avec le service public montre aussi que les relations professionnelles restent excellentes. Personne ne lui ferme la porte ; c’est lui qui a choisi d’emprunter un autre chemin.
Le théâtre : une reconversion pleine de sens avec Philippe Candeloro
L’aventure qui suscite sans doute le plus d’enthousiasme chez les fans de patinage est sa participation à une pièce de théâtre aux côtés de son complice de toujours : Philippe Candeloro. La création s’intitule Ça patine à Tokyo et promet un mélange savoureux d’humour, de suspense et de clin d’œil au monde olympique.
L’intrigue ? Lors des Jeux Olympiques, les deux commentateurs découvrent un cadavre dans la chambre d’un ancien patineur artistique. S’ensuit une véritable enquête menée par ce duo improbable. Le pitch est à la fois décalé et terriblement efficace : il permet de retrouver la complicité légendaire du tandem tout en les sortant de leur zone de confort habituelle.
Co-écrite par Hugo Cremaschi et Julien Grange, la pièce promet de nombreux fous rires et quelques touches d’émotion. Pour Nelson Monfort, monter sur les planches représente un challenge stimulant après tant d’années derrière un micro.
Retour à la télévision… mais autrement
Parallèlement au théâtre, le journaliste s’investit dans une émission intitulée Les apprentis champions au ski. Toujours en compagnie de Philippe Candeloro, il participe à ce programme qui semble rencontrer un beau succès auprès du public.
« Apparemment, cette émission prend bien », se réjouit-il. Il n’exclut d’ailleurs absolument pas une suite : « Je pense que ça ne sera sans doute pas notre dernière apparition dans ce genre de programme avec l’ami Philippe. Pourquoi pas envisager une saison 2, voire même une saison l’été ? »
Ces mots laissent entrevoir une collaboration durable avec son ancien binôme. Leur alchimie fonctionne toujours aussi bien, et le public semble y être sensible. Preuve que certains duos médiatiques traversent les années sans perdre de leur magie.
Un livre de souvenirs très attendu
Mais le projet sans doute le plus personnel reste celui d’un livre de souvenirs. Nelson Monfort prépare activement cet ouvrage qui promet de revenir sur les moments forts de sa carrière hors du commun.
On peut imaginer qu’il y évoquera les plus grands champions qu’il a interviewés, les coulisses des plus belles compétitions, les anecdotes drôles ou émouvantes vécues en marge des pistes et des patinoires. Ce livre devrait intéresser non seulement les passionnés de sport, mais aussi tous ceux qui aiment les grandes histoires humaines.
En choisissant ce format, Nelson Monfort offre une forme d’héritage à son public. Il fige dans les pages des moments qui, autrement, resteraient uniquement dans la mémoire collective des téléspectateurs.
Une leçon de vie et de carrière
Au-delà des projets concrets, ce qui frappe dans les propos de Nelson Monfort, c’est sa capacité à accepter le changement avec élégance. Beaucoup auraient été tentés de s’accrocher, de négocier un maintien à l’antenne malgré l’âge. Lui a préféré partir dignement.
« Si j’avais vraiment voulu continuer, je pense que j’aurais pu », reconnaît-il avec franchise. Mais il ajoute immédiatement que cela aurait été une erreur. Mieux valait partir quand on est encore au top plutôt que de risquer de décevoir par la suite.
Cette décision demande un sacré courage. Elle montre aussi une belle humilité : savoir reconnaître le moment où il est préférable de passer le relais plutôt que de le garder coûte que coûte.
Le patinage artistique perd sa voix… mais gagne un ambassadeur
Si la discipline perd officiellement son commentateur historique, elle gagne en réalité un ambassadeur hors pair. En continuant à évoluer dans des projets liés au sport et au spectacle, Nelson Monfort reste un passeur de passion.
Les nouvelles générations de patineurs pourront encore bénéficier de son regard expert, de son enthousiasme communicatif, même si ce n’est plus à l’antenne en direct. Et le grand public continuera à le croiser régulièrement, que ce soit sur scène, à la télévision ou dans les pages de son futur livre.
En définitive, ce n’est pas vraiment un adieu que nous adresse Nelson Monfort, mais plutôt une métamorphose. Il change de forme sans perdre son essence : celle d’un amoureux du beau geste sportif, d’un conteur d’histoires, d’un homme profondément attaché aux valeurs olympiques.
Et maintenant ?
Alors que les Jeux Olympiques d’hiver 2026 approchent à grands pas, les téléspectateurs retrouveront sans doute avec plaisir la voix de nouveaux commentateurs. Mais au fond d’eux, beaucoup penseront à celui qui les a accompagnés pendant tant d’années.
Ils imagineront Nelson Monfort devant son écran, sourire aux lèvres, peut-être un peu ému, commentant intérieurement les performances. Et ils se diront que, finalement, certaines voix ne s’éteignent jamais vraiment.
Elles se transforment, elles se réinventent, elles continuent simplement à vibrer autrement. Comme le patinage artistique lui-même : gracieux dans la transition, puissant dans l’élan, éternel dans l’émotion transmise.
Et c’est sans doute la plus belle façon de terminer une si longue et si belle carrière : en regardant l’avenir avec optimisme, en continuant à inspirer, et en laissant derrière soi des souvenirs impérissables.
Les Jeux passeront, les médailles seront distribuées, les champions seront sacrés. Mais la voix de Nelson Monfort résonnera encore longtemps dans le cœur de ceux qui ont vibré avec lui devant leur écran.
Et ça, finalement, c’est peut-être la plus belle médaille qu’un journaliste sportif puisse remporter : celle de l’affection durable du public.









