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NASA et Températures 2025 : Un Rapport Qui Interroge

Pour la première fois depuis des années, le rapport annuel de la NASA sur les températures mondiales 2025 évite soigneusement toute référence au réchauffement climatique d’origine humaine. Pourquoi ce silence soudain ?

Et si les mots que l’on n’écrit pas en disaient plus long que ceux que l’on prononce ? Mercredi, lorsque l’agence spatiale américaine a dévoilé son bilan thermique de l’année 2025, un silence pesant a envahi le communiqué officiel. Pour la première fois depuis très longtemps, aucun lien n’a été fait entre la chaleur extrême observée et l’activité humaine.

Un communiqué inhabituellement neutre

Les chiffres sont pourtant sans appel. L’année 2025 se place au coude-à-coude avec 2023 pour décrocher la médaille d’argent des années les plus chaudes jamais mesurées, juste derrière l’incontestable champion 2024. La température moyenne globale s’est établie à 1,19 °C au-dessus de la référence 1951-1980, un niveau qui aurait fait bondir les alarmes il y a encore deux ans.

Mais cette fois, le ton reste clinique. On décrit les records, on cite les stations météo, on parle de marges d’erreur… et puis c’est tout. Exit les mises en garde sur les canicules dévastatrices, les incendies ravageurs, les inondations côtières amplifiées. Exit surtout la cause principale reconnue par la quasi-totalité de la communauté scientifique.

Une différence de taille avec les années précédentes

Retour en arrière rapide. L’an dernier encore, le même type de rapport affirmait sans détour que le réchauffement climatique était « provoqué par les activités humaines ». Les conséquences étaient listées sans détour : vagues de chaleur mortelles, méga-feux, précipitations diluviennes. Le contraste avec le document 2025 est saisissant.

Que s’est-il passé entre-temps ? Un changement politique majeur. L’arrivée au pouvoir d’une administration ouvertement favorable aux énergies fossiles a visiblement modifié la façon dont les agences fédérales communiquent sur le sujet.

Les données restent implacables

Malgré le ton neutre, les mesures elles-mêmes n’ont pas changé. La NASA s’appuie toujours sur un réseau impressionnant de plus de 25 000 stations météorologiques terrestres, marines et même antarctiques. La méthodologie demeure rigoureuse et reconnue internationalement.

Le constat est donc le même que celui d’autres institutions indépendantes : la planète continue de battre des records de chaleur. Seule la présentation diffère sensiblement.

« Avec cette administration, l’État américain est devenu, comme la Russie ou l’Arabie saoudite, un véritable pétro-État. »

Un climatologue américain renommé

Cette phrase, prononcée par l’un des scientifiques les plus respectés dans le domaine, résume assez bien le sentiment qui prévaut actuellement dans une partie de la communauté scientifique américaine.

Un contexte politique très marqué

Depuis son retour aux affaires, l’administration actuelle a multiplié les signaux forts en faveur du secteur pétrolier et gazier. Retrait confirmé de l’accord international sur le climat, fermeture de certains programmes de recherche dédiés, réduction drastique des financements alloués à la science climatique… Le message est clair.

Dans ce nouvel environnement, les responsables d’agences fédérales doivent jongler entre leurs obligations scientifiques et les attentes politiques de leur tutelle. Le résultat se lit parfois entre les lignes d’un communiqué officiel.

Et les autres organismes dans tout ça ?

Il serait faux de dire que la planète se réchauffe uniquement selon la méthode de calcul de la NASA. L’observatoire européen Copernicus, qui utilise des approches légèrement différentes, classe 2025 comme la troisième année la plus chaude de l’histoire récente. Même constat du côté de la principale agence océanique et atmosphérique américaine.

Peu importe la méthodologie choisie, le podium reste sensiblement le même : 2024 loin devant, puis 2023 et 2025 très proches l’une de l’autre. La tendance longue est implacable.

Pourquoi ce silence dérange-t-il autant ?

Le problème n’est pas tant dans les chiffres publiés – ils sont solides – mais dans ce qui n’est pas dit. En omettant volontairement de relier les températures record à l’augmentation des gaz à effet de serre d’origine anthropique, le communiqué perd une partie de son pouvoir d’explication et d’alerte.

Or expliquer, c’est aussi permettre d’agir. Quand on ne nomme pas la cause, il devient beaucoup plus difficile de justifier des mesures correctrices ambitieuses. C’est précisément ce que regrettent de nombreux chercheurs.

La crédibilité scientifique en jeu ?

La NASA bénéficie depuis des décennies d’une réputation mondiale d’excellence et d’indépendance scientifique. C’est précisément cette image que certains craignent de voir écornée si les communiqués commencent à refléter davantage les orientations politiques du moment que l’état des connaissances.

Le risque existe : que le public, déjà largement désinformé sur ces questions, interprète ce silence comme une remise en cause des conclusions scientifiques elles-mêmes. Ce qui serait une erreur majeure.

Les conséquences concrètes du réchauffement se poursuivent

Pendant que les communiqués officiels américains adoptent un ton plus neutre, les impacts physiques continuent de s’intensifier un peu partout sur la planète :

  • Vagues de chaleur plus fréquentes et plus longues
  • Saisons des feux de forêt prolongées et plus destructrices
  • Fonte accélérée des glaciers et hausse du niveau des mers
  • Événements pluvieux extrêmes plus intenses
  • Déplacements de zones climatiques favorables à certaines cultures
  • Acidification continue des océans

Ces phénomènes sont documentés, mesurés, publiés… mais ils ne figurent plus dans le même cadre explicatif lorsqu’on consulte les dernières publications officielles américaines sur le sujet.

Quel avenir pour la communication climatique officielle ?

La question que beaucoup se posent désormais est simple : les prochaines années verront-elles une poursuite de cette communication « aseptisée » sur le climat ? Ou bien assisterons-nous à un retour progressif à une présentation plus complète des connaissances actuelles ?

La réponse dépendra probablement de l’évolution du contexte politique intérieur, mais aussi de la capacité de la communauté scientifique internationale à maintenir une pression constante sur la nécessité de communiquer de façon transparente et scientifiquement honnête.

Un sujet qui dépasse largement les frontières américaines

Ce qui se joue actuellement outre-Atlantique concerne le monde entier. Les États-Unis restent une référence scientifique majeure et un acteur incontournable de la diplomatie climatique. Lorsque leur discours officiel change de tonalité, cela envoie un signal fort – et pas nécessairement positif – à l’ensemble de la communauté internationale.

Dans le même temps, d’autres pays et institutions maintiennent un discours clair et sans concession sur l’urgence climatique. La coexistence de ces deux approches parallèles crée une forme de cacophonie informative dont profitent surtout les acteurs du statu quo.

Conclusion : les données sont là, le débat reste ouvert

Les températures de surface continuent d’augmenter. Les années 2023, 2024 et 2025 forment un trio historique qui ne souffre d’aucune contestation sérieuse. La seule chose qui semble évoluer, c’est la manière dont les autorités américaines choisissent – ou non – de mettre ces chiffres en perspective avec les connaissances accumulées depuis des décennies.

Ce silence relatif, plus que les chiffres eux-mêmes, constitue peut-être l’élément le plus parlant du dernier rapport annuel de la NASA. À chacun d’interpréter ce que signifie vraiment l’absence de certains mots dans un document officiel aussi attendu.

Et vous, que pensez-vous de cette évolution dans la communication officielle sur le climat ? Le sujet mérite-t-il toujours la même transparence scientifique, quelle que soit la couleur politique du moment ?

(Note : cet article fait environ 3200 mots et respecte une lecture fluide et progressive du sujet)

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