Et si votre prochain salaire arrivait directement sur votre portefeuille numérique, sans passer par une banque traditionnelle ? En février 2026, cette idée qui semblait futuriste il y a encore quelques années devient réalité pour des dizaines de milliers d’entreprises et de salariés en Europe. Deux acteurs majeurs du paysage fintech et crypto viennent d’annoncer un partenariat qui pourrait bien redéfinir la manière dont les rémunérations traversent les frontières.
Quand la crypto s’invite dans la paie des entreprises européennes
Le monde du travail évolue à une vitesse impressionnante. Avec la montée du télétravail international et des équipes distribuées sur plusieurs continents, les systèmes de paiement traditionnels montrent leurs limites : frais élevés, délais longs, conversions de devises coûteuses. C’est dans ce contexte que deux sociétés bien connues dans leurs domaines respectifs décident de s’associer pour proposer une alternative concrète et moderne.
La première est spécialisée dans les infrastructures de paiement crypto et fiat, tandis que la seconde domine le marché de la gestion RH et paie internationale pour les entreprises modernes. Ensemble, elles permettent désormais à environ 40 000 sociétés basées au Royaume-Uni et dans l’Union européenne de verser les salaires en stablecoins directement sur les portefeuilles numériques de leurs collaborateurs.
Les contours précis de cette expérimentation
Concrètement, les entreprises déjà clientes de la plateforme RH pourront activer cette option de paiement en stablecoin. Les salaires seront transférés en quelques minutes, 24h/24 et 7j/7, vers les wallets personnels des employés. Plus besoin d’attendre le traitement bancaire classique ni de subir des frais de change exorbitants quand le paiement traverse une frontière.
Le service débutera donc en priorité sur le sol européen et britannique, avant une extension envisagée vers le marché américain dans les mois suivants. Cette approche progressive permet de tester la robustesse technique et réglementaire dans des juridictions déjà relativement ouvertes aux paiements numériques.
« Les stablecoins ne sont plus seulement un outil spéculatif. Ils deviennent une infrastructure quotidienne pour les flux financiers professionnels. »
Cette phrase résume parfaitement l’ambition affichée par les deux partenaires. Passer d’une utilisation marginale à une adoption massive dans le monde de l’entreprise constitue un saut qualitatif majeur pour l’écosystème crypto.
Pourquoi les stablecoins séduisent autant les employeurs ?
Les avantages sont nombreux et touchent à la fois les entreprises et les salariés. Pour les employeurs, la rapidité d’exécution et la réduction drastique des coûts intermédiaires représentent des arguments économiques très puissants. Une étude récente montrait que les frais liés aux virements internationaux pouvaient atteindre jusqu’à 6-7 % du montant transféré dans certains cas. Avec les stablecoins adossés au dollar, ce pourcentage tombe souvent sous la barre du 1 %.
Autre point crucial : la prévisibilité. Les stablecoins maintiennent une parité fixe avec une monnaie fiat (généralement l’USD). Les entreprises savent exactement combien arrivera sur le compte de l’employé, sans risque de variation soudaine liée aux taux de change.
- Réduction significative des frais de transaction
- Vitesse de règlement quasi instantanée
- Traçabilité complète sur blockchain
- Moins de dépendance aux horaires bancaires
- Facilité pour payer des équipes réparties dans +150 pays
Ces bénéfices expliquent pourquoi de plus en plus d’entreprises, même hors du secteur tech, regardent avec intérêt cette solution.
Et du côté des salariés, qu’est-ce que cela change ?
Pour beaucoup de travailleurs freelances ou employés dans des startups internationales, recevoir son salaire en stablecoin n’est pas une nouveauté. Mais le faire à grande échelle change la donne. Les employés gagnent en autonomie : ils peuvent conserver leurs fonds en dollar numérique, les convertir instantanément en monnaie locale, ou même les investir directement dans d’autres actifs numériques.
Dans les pays où l’inflation est élevée ou où l’accès aux services bancaires internationaux est compliqué, cette option représente une véritable bouée de sauvetage financière. Même dans des économies stables comme celles de l’UE, la possibilité de recevoir une rémunération en dollar stable offre une protection contre la dévaluation éventuelle de la monnaie locale.
Retour sur le parcours de la plateforme RH partenaire
Cette entreprise n’en est pas à son coup d’essai avec la crypto. Dès 2021, elle proposait déjà à ses utilisateurs de recevoir une partie de leur rémunération en USDC sur la blockchain Solana. À l’époque, cela passait pour une fonctionnalité avant-gardiste réservée aux plus technophiles. Cinq ans plus tard, la proposition devient beaucoup plus large et structurée.
En 2025, la société a traité environ 22 milliards de dollars de flux salariaux à travers le monde. Ce volume colossal donne une idée de l’impact potentiel que pourrait avoir l’intégration massive des stablecoins dans ses flux.
L’autre acteur : un pionnier discret des infrastructures crypto
De son côté, l’autre partenaire a construit ces dernières années une infrastructure très solide reliant le monde fiat et le monde crypto. Sa filiale dédiée aux services aux entreprises joue un rôle central dans ce projet. Elle permet aux sociétés de convertir facilement des euros ou des livres sterling en stablecoins, puis d’effectuer les virements vers les wallets des salariés.
En 2024, cette même entité avait déjà collaboré à la création d’un stablecoin adossé au dollar américain en partenariat avec d’autres acteurs connus de l’écosystème. Cette expérience renforce sa crédibilité pour gérer des volumes importants de façon conforme et sécurisée.
Les défis réglementaires à ne pas sous-estimer
Malgré l’enthousiasme, plusieurs obstacles demeurent. Les stablecoins font l’objet d’une surveillance accrue de la part des autorités financières européennes. Les règles MiCA (Markets in Crypto-Assets), pleinement applicables depuis fin 2024, imposent des exigences strictes en matière de transparence, de réserves et de protection des utilisateurs.
Les deux partenaires affirment travailler en étroite collaboration avec les régulateurs pour garantir la conformité totale du dispositif. Les salaires restent bien entendu soumis aux obligations fiscales et sociales classiques de chaque pays. Le stablecoin ne remplace pas la déclaration de revenu ; il change simplement le vecteur de paiement.
Un test grandeur nature avant le grand saut américain
Pourquoi commencer par l’Europe et le Royaume-Uni ? Ces marchés présentent plusieurs avantages : cadre réglementaire relativement harmonisé (malgré le Brexit), forte présence d’entreprises internationales, appétence déjà élevée pour les solutions fintech innovantes. Réussir ici constitue une preuve de concept solide avant d’aborder le marché américain, beaucoup plus complexe sur le plan réglementaire.
Les observateurs estiment que si l’expérimentation fonctionne bien pendant 12 à 18 mois, l’extension aux États-Unis pourrait intervenir dès 2027, voire avant selon l’évolution de la législation fédérale sur les stablecoins.
Quelles autres utilisations possibles à moyen terme ?
Une fois le système bien rodé pour la paie, d’autres cas d’usage pourraient rapidement émerger :
- Versement de primes et bonus en stablecoin
- Paiement de contractors et freelances internationaux
- Distribution de dividendes ou parts d’intéressement
- Intégration dans des programmes d’épargne salariale tokenisée
- Utilisation pour des avantages sociaux (tickets restaurant numériques, etc.)
Chaque nouveau cas d’usage renforcera l’utilité réelle des stablecoins dans la vie économique quotidienne.
Vers une normalisation du paiement crypto en entreprise ?
Nous assistons probablement aux prémices d’un mouvement beaucoup plus large. Les stablecoins, en supprimant de nombreux frictions historiques du système bancaire traditionnel, deviennent une brique essentielle de l’infrastructure financière du XXIe siècle. Les entreprises les plus agiles seront celles qui sauront les intégrer en premier.
Pour les salariés, c’est aussi une opportunité de reprendre le contrôle sur leur argent. Recevoir sa rémunération sur un wallet dont on détient la clé privée change fondamentalement le rapport de force avec les intermédiaires financiers.
Bien entendu, cette transition ne se fera pas sans heurts. Questions de fiscalité, d’éducation financière, de cybersécurité et d’acceptation culturelle restent entières. Mais le pas est franchi. Et il semble difficile de faire machine arrière une fois que des dizaines de milliers d’entreprises et de salariés auront goûté à cette nouvelle fluidité financière.
2026 pourrait bien être l’année où la crypto est passée du statut d’actif spéculatif à celui d’infrastructure quotidienne pour le monde du travail. À suivre de très près.
En bref : les chiffres clés à retenir
40 000 entreprises ciblées dans un premier temps
22 milliards de dollars de paie traités en 2025 par la plateforme RH
2021 : première intégration crypto chez ce partenaire
Fin 2024 : lancement d’un stablecoin USD par le partenaire paiement
Le futur de la paie se dessine aujourd’hui sous nos yeux, et il est numérique, instantané et décentralisé.









