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Mobilisation pour Christophe Gleizes au Bataclan

Au Bataclan, artistes et footballeurs se mobilisent pour Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné depuis sept mois en Algérie. Un concert poignant conclut une journée de rassemblements dans plusieurs villes. Mais la libération reste incertaine...
Un concert émouvant au Bataclan a marqué, jeudi 29 janvier 2026, l’apogée d’une journée de solidarité nationale pour un journaliste français emprisonné depuis sept mois en Algérie. Des artistes ont chanté, des voix se sont élevées, et des familles ont partagé leur espoir ténu face à une situation qui interpelle sur la liberté de la presse et les relations entre deux pays.

Une mobilisation qui résonne au cœur de Paris

Imaginez une salle mythique, le Bataclan, transformée pour une soirée où la musique devient arme de plaidoyer. Ce lieu chargé d’histoire a accueilli, le 29 janvier 2026, un concert organisé par Reporters sans frontières pour soutenir Christophe Gleizes, journaliste sportif français détenu en Algérie. Sept mois de détention, une peine lourde confirmée en appel, et pourtant, l’espoir persiste grâce à ces gestes de solidarité qui traversent les frontières.

La journée n’a pas commencé à Paris. Dès le matin, plusieurs villes françaises ont vibré au rythme de rassemblements citoyens. À Toulouse, dans le sud-ouest, des citoyens se sont réunis pour exprimer leur indignation. Même mouvement à Lille, au nord, à Montpellier et à Perpignan, dans le sud. Partout, le même message : une demande pressante adressée au président algérien pour qu’il examine favorablement la requête de grâce déposée par la famille du journaliste.

Le parcours d’un journaliste passionné par le football africain

Christophe Gleizes n’est pas un inconnu dans le milieu du journalisme sportif. Spécialisé dans le football africain, il collabore régulièrement avec des publications reconnues pour leur approche originale du sport. En mai 2024, il se rend en Algérie pour un reportage sur la Jeunesse Sportive de Kabylie, club emblématique basé à Tizi-Ouzou, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger. Ce club, le plus titré du pays, passionne les foules et porte une histoire riche.

Mais ce qui devait être une mission classique tourne au drame. Arrêté le 28 mai 2024, il est d’abord placé sous contrôle judiciaire. Les mois passent, et en juin 2025, la situation bascule : une condamnation en première instance à sept ans de prison pour apologie du terrorisme. La cour d’appel de Tizi-Ouzou confirme cette peine début décembre 2025. Son avocat français dénonce un dossier vide, sans preuves solides.

Les autorités algériennes reprochent au journaliste des contacts avec des individus liés au MAK, un mouvement classé terroriste depuis 2021 en Algérie. Ce mouvement prône l’autodétermination de la Kabylie, région berbère où se trouve le club de football. Le reportage sur le football a-t-il croisé des lignes sensibles ? Le débat reste ouvert, mais pour beaucoup, cette affaire illustre les tensions autour de la liberté d’expression dans la région.

Une soirée au Bataclan chargée d’émotion

Sur la scène du Bataclan, les artistes ont répondu présents. Le compositeur Alex Beaupain, la chanteuse Mathilda, le groupe électro-pop Elephanz ont offert leur talent. Jeanne Cherhal, figure appréciée de la pop française, a improvisé une reprise poignante d’une chanson de Michel Berger. Chaque note, chaque parole semblait porter un message de soutien au détenu.

L’ancien footballeur international Vikash Dhorasoo a pris la parole, appelant les personnalités du football à s’engager davantage. Il souhaite que d’autres joueurs de renom prennent position pour accentuer la pression sur les autorités algériennes. Les applaudissements nourris ont montré que son message touchait le public.

Ce que j’aimerais c’est que d’autres footballeurs importants prennent la parole pour mettre la pression sur le gouvernement algérien.

Vikash Dhorasoo, ancien footballeur international

Cette intervention souligne un aspect crucial : le monde du sport, souvent apolitique en apparence, peut devenir un levier puissant quand la liberté est en jeu. Le football, passion partagée entre la France et l’Algérie, devient ici un symbole d’unité pour réclamer justice.

Les visites espérées et les gestes familiaux

Parmi les annonces positives de la journée, celle de l’ancienne ministre française Ségolène Royal. Aujourd’hui présidente de l’Association France Algérie, elle a confirmé qu’elle rendrait visite au journaliste en prison le vendredi 30 janvier 2026, lors de son déplacement en Algérie où elle a rencontré le président Abdelmajid Tebboune. Cette démarche est vue comme un pas encourageant par la famille.

La mère de Christophe Gleizes, Sylvie Godard, a exprimé son optimisme : plus il y aura de personnalités respectées par les autorités algériennes pour influencer la décision, mieux ce sera. Elle-même prévoit de se rendre en Algérie le samedi pour célébrer les 37 ans de son fils en prison. Elle emportera des livres, des mots croisés, des vêtements, et pourra lui faire parvenir un colis alimentaire de 8 kilos.

Plus vous avez des personnalités qui sont respectées par le gouvernement algérien et qui peuvent influencer la décision, plus, pour nous, c’est formidable.

Sylvie Godard, mère du journaliste

Ces détails humains rappellent la réalité quotidienne des familles confrontées à l’incarcération d’un proche à l’étranger. L’isolement, l’attente, les petites attentions qui deviennent immenses : tout cela compose un tableau poignant.

Contexte diplomatique et enjeux plus larges

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de relations franco-algériennes parfois tendues. La condamnation est intervenue en pleine crise diplomatique. Le dossier judiciaire, qualifié de vide par la défense, soulève des questions sur l’usage des accusations liées au terrorisme contre des journalistes exerçant leur métier.

Le secrétaire général de Reporters sans frontières, Thibaut Bruttin, a salué les avancées symboliques comme la visite annoncée. L’organisation continue de porter la campagne pour la libération, en soulignant que le journaliste purge une peine pour avoir simplement fait son travail.

La mobilisation ne se limite pas à la France. Des clubs de football français ont déjà affiché leur soutien par le passé, et l’appel lancé au Bataclan vise à élargir ce cercle. Le sport, vecteur d’émotions collectives, pourrait jouer un rôle décisif.

Pourquoi cette affaire touche-t-elle autant ?

Christophe Gleizes incarne le journaliste passionné, celui qui va sur le terrain pour raconter des histoires humaines à travers le sport. Son arrestation rappelle que la liberté de la presse n’est jamais acquise. Dans un monde où l’information circule vite, mais où certains sujets restent tabous, son cas interroge.

Les rassemblements dans plusieurs villes montrent une solidarité citoyenne rare. Des gens ordinaires, touchés par l’injustice, se mobilisent. Le concert au Bataclan n’est pas seulement un événement culturel ; c’est un cri collectif pour la justice.

Les mois passent, mais l’espoir ne faiblit pas. Chaque geste, chaque voix compte. La famille, les amis, les artistes, les anonymes : tous contribuent à garder l’affaire vivante. En attendant une décision qui pourrait changer le cours des choses.

Les impacts sur la liberté de la presse internationale

Cette détention soulève des interrogations plus larges sur la protection des reporters à l’étranger. Quand un journaliste est accusé pour des contacts professionnels, cela crée un précédent inquiétant. Les organisations de défense de la presse suivent de près, car chaque cas renforce ou affaiblit les normes internationales.

En Algérie, le classement de certains mouvements comme terroristes complique les reportages sur des régions sensibles. Le journaliste a-t-il franchi une ligne invisible ? Ou s’agit-il d’une instrumentalisation ? Les débats se poursuivent, mais la présomption d’innocence et le droit à informer restent des principes fondamentaux.

La mobilisation actuelle, avec ses concerts, ses visites, ses appels, montre que la société civile peut influencer les sphères diplomatiques. Les relations entre pays ne se limitent pas aux discours officiels ; elles passent aussi par ces histoires humaines qui émeuvent l’opinion.

Vers une possible issue favorable ?

Avec la demande de grâce en suspens, le pourvoi en cassation possible, et ces interventions de haut niveau, l’espoir renaît timidement. La visite de Ségolène Royal pourrait ouvrir un dialogue. La présence de la mère pour l’anniversaire de son fils ajoute une touche d’humanité à une affaire trop souvent réduite à des enjeux géopolitiques.

Le chemin reste long, mais les initiatives comme celle du 29 janvier 2026 prouvent que l’indifférence n’est pas de mise. Chaque jour en détention est un jour de trop pour un homme dont le seul tort semble avoir été de vouloir raconter une histoire de football.

La lutte continue, portée par des voix diverses, des notes de musique, des larmes contenues et une détermination farouche. Pour Christophe Gleizes, pour la liberté de la presse, pour que plus jamais un journaliste ne paie si cher son engagement.

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