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Michel Blanc : Josiane Balasko Lui Rend un Émouvant Hommage

Josiane Balasko ne peut s'empêcher de penser à Michel Blanc, cet ami et complice irremplaçable. "On l'oubliera jamais", confie-t-elle, émue, en évoquant leur rire complice et les années Splendid. Mais sa disparition lui a révélé une vérité brutale sur le temps qui file...

La nouvelle avait frappé comme un coup de tonnerre dans le petit monde du cinéma et du théâtre français. En pleine année 2024, Michel Blanc, cet acteur au talent immense et à l’humour si particulier, nous quittait brutalement. Depuis, ses amis, ses complices de toujours, tentent de faire leur deuil, tout en gardant vivante la flamme de son souvenir. Parmi eux, Josiane Balasko occupe une place à part.

Quelques jours seulement après le début de l’année 2026, elle s’est confiée une nouvelle fois sur cette absence qui continue de peser lourd. Son émotion palpable, sa voix légèrement tremblante : tout laissait transparaître à quel point cet homme comptait pour elle. Mais au-delà de la tristesse, c’est une véritable réflexion sur la vie, le temps et la création qui transparaît dans ses mots.

Une amitié indéfectible née sur les planches

Pour comprendre l’intensité du lien qui unissait Josiane Balasko et Michel Blanc, il faut remonter aux années 70. C’est à cette époque que naît la troupe du Splendid, ce groupe d’amis aussi déjantés que talentueux qui allait révolutionner la comédie française. Parmi eux, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel, Bruno Moynot… et bien sûr Michel et Josiane.

Ensemble, ils écrivent, jouent, improvisent, se chamaillent, rient aux éclats. Leur alchimie est immédiate. Michel, avec son air faussement blasé et son sens du timing impeccable, trouve en Josiane une partenaire idéale, capable de rebondir sur n’importe quelle réplique, d’enfoncer le clou ou au contraire de désamorcer avec une tendresse ironique.

Nuit d’ivresse : le sommet de leur complicité scénique

Parmi toutes leurs collaborations, une pièce reste gravée dans les mémoires : Nuit d’ivresse. Écrite à quatre mains, elle met en scène deux êtres que tout oppose et qui pourtant se retrouvent autour d’une bouteille. Le texte est d’une drôlerie féroce, mais aussi d’une grande tendresse. Sur scène, Michel et Josiane forment un duo explosif. Les spectateurs rient, mais sentent aussi poindre une vraie émotion.

Des années plus tard, quand on reparle de cette pièce à Josiane, son regard s’illumine puis s’assombrit presque instantanément. Elle évoque les fous rires interminables pendant les répétitions, les engueulades aussi, les moments où ils se disputaient pour une virgule ou une intonation. Mais surtout, elle se souvient de cette liberté totale qu’ils avaient l’un avec l’autre.

« C’était un type remarquablement intelligent. Ça fait du bien en ce moment de penser aux c*nneries parce qu’on n’a pas tant que ça l’occasion de rire. »

Ces mots simples, prononcés avec une voix légèrement rauque, résument parfaitement ce que Michel représentait pour elle : un esprit brillant, un complice rare, et surtout quelqu’un avec qui on pouvait tout se permettre, y compris les pires bêtises.

Un départ soudain qui bouleverse tout

Le 3 octobre 2024, Michel Blanc est victime d’un malaise cardiaque après l’injection d’un produit de contraste lors d’un examen médical. Malgré les tentatives de réanimation, il ne reprendra pas conscience. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Dans les heures qui suivent, les hommages affluent, les plateaux de télévision s’enflamment, les réseaux sociaux pleurent un acteur qui a marqué plusieurs générations.

Pour ses amis du Splendid, c’est un choc d’une violence inouïe. Gérard Jugnot parle d’un « coup de massue ». Josiane, elle, reste d’abord sans voix. Puis les souvenirs affluent, par vagues. Elle repense à leurs dernières rencontres, à leurs éclats de rire, à ces moments où ils se disaient « on se fait vieux, hein ? » sans vraiment y croire.

Car Michel avait beau jouer les hypocondriaques à longueur de sketchs, personne n’imaginait qu’il partirait si vite, si brutalement.

La prise de conscience brutale de la finitude

Dans une récente interview, Josiane Balasko livre une réflexion d’une rare intensité sur ce que la mort de Michel a changé en elle. Elle qui a toujours avancé, écrit, joué, sans jamais vraiment s’arrêter, se retrouve confrontée à une question lancinante : et si le temps manquait ?

« Le départ de Michel Blanc nous a fait comprendre qu’on n’était pas immortels. Quand mon petit-fils est né, en 2018, je me suis dit : ‘Combien de temps je vais le connaître ?’ »

Ces mots résonnent d’autant plus fort qu’ils viennent d’une femme qui a toujours semblé indestructible. Josiane Balasko a traversé les modes, les époques, les drames personnels, sans jamais baisser les bras. Mais là, quelque chose a bougé. Une fissure est apparue dans cette armure de dérision et de force.

Elle évoque aussi la peur de ne plus avoir d’idées, de ne plus pouvoir écrire, de ne plus faire rire. « Il passe trop vite ! Aurai-je le temps d’avoir de nouvelles idées ? Il faut que je tienne », confie-t-elle avec une lucidité poignante.

L’héritage du Splendid : un refuge et une responsabilité

Le Splendid n’est pas seulement une troupe de théâtre. C’est une famille, avec ses querelles, ses réconciliations, ses secrets. Michel en était l’un des piliers. Son départ laisse un vide immense. Mais paradoxalement, il renforce aussi le besoin de préserver ce patrimoine commun.

Josiane continue d’écrire, de jouer, de transmettre. Elle prépare actuellement une pièce avec sa fille Marilou Berry. Elle prévoit aussi la sortie d’un roman d’ici quelques mois. Autant de projets qui disent son refus de s’arrêter, même si la fatigue et le doute sont là.

Car au fond, rendre hommage à Michel, c’est aussi continuer à faire vivre l’esprit du Splendid : cette façon unique de rire de tout, de ne jamais se prendre totalement au sérieux, tout en touchant parfois à une vérité profonde sur l’être humain.

Michel Blanc, plus qu’un acteur : un symbole

Avec son personnage de Jean-Claude Dusse dans Les Bronzés, Michel Blanc est entré dans l’imaginaire collectif. Ce petit homme maladroit, complexé, toujours à côté de la plaque, est devenu une icône. Mais derrière le rôle, il y avait un homme d’une intelligence rare, un observateur acéré de la société, un auteur talentueux.

Ses réalisations, comme Grosse fatigue ou Je suis timide… mais je me soigne, montrent une sensibilité et une finesse peu communes. Il savait filmer la solitude, la maladresse, le désir inavoué. Et toujours avec humour.

Josiane Balasko le sait mieux que personne. Elle qui l’a vu écrire, improviser, diriger. Elle qui partageait avec lui cette capacité à transformer la douleur en rire.

Un deuil qui se transforme en élan créatif

Plutôt que de s’effondrer, Josiane a choisi de transformer ce deuil en moteur. Elle parle de Michel avec une tendresse infinie, mais aussi avec une forme de vitalité rageuse. Comme pour conjurer le sort, comme pour prouver que l’esprit du Splendid ne mourra pas.

Dans ses yeux, on lit à la fois la peine et la détermination. Elle sait que le rire est fragile, que la vie est courte, mais elle refuse de baisser les bras. Elle continuera à écrire, à jouer, à faire vivre ces personnages qui ont fait rire des millions de Français.

Et quelque part, dans chaque éclat de rire provoqué par une réplique bien placée, Michel sera là. Parce qu’il faisait partie de cette magie. Parce qu’ensemble, ils ont créé quelque chose de plus grand qu’eux.

La trace indélébile d’un homme discret

Michel Blanc n’aimait pas les honneurs. Il fuyait les tapis rouges, préférait les petites salles aux grandes cérémonies. Pourtant, son empreinte est partout. Dans les répliques cultes que l’on se répète encore, dans les mimiques que les imitateurs reprennent, dans les souvenirs de ceux qui l’ont connu.

Josiane Balasko fait partie de ceux qui portent ce souvenir avec le plus de force. Elle sait que Michel n’aurait pas voulu de grandes larmes ni de discours larmoyants. Il aurait probablement lancé une vanne pour détendre l’atmosphère.

Mais elle sait aussi que le silence n’est pas une option. Alors elle parle. Elle raconte. Elle rit à travers ses larmes. Et c’est sans doute la plus belle façon de lui rendre hommage.

Car au final, Michel Blanc n’est pas seulement parti. Il continue de vivre dans chaque sketch revisité, dans chaque pièce qui fait rire, dans chaque moment où des amis se retrouvent autour d’une table et se racontent des conneries jusqu’à plus soif.

Et tant que Josiane Balasko sera là pour raconter ces histoires, pour écrire de nouvelles aventures, pour faire vivre cette complicité unique, Michel ne sera jamais vraiment parti.

Il sera simplement dans l’ombre, un sourire en coin, prêt à lancer la prochaine réplique qui fera hurler de rire toute la salle.

Et ça, c’est sans doute le plus beau cadeau qu’une amie puisse faire à un ami disparu : continuer à faire vivre son esprit, son humour, sa tendresse.

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