Imaginez une émission qui, pendant plus d’une décennie, a réuni des millions de Français devant leur écran chaque semaine. Au cœur de ce rendez-vous gourmand : un duo improbable mais magique. D’un côté, le charisme solaire et le sourire rassurant d’un grand chef ; de l’autre, la franchise tranchante et l’humour pince-sans-rire d’une grand-mère passionnée de pâtisserie. Et si ce tandem légendaire venait à se briser ? C’est exactement ce qui se profile pour l’une des émissions culinaires les plus populaires de la télévision française.
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans le petit monde de la télévision et des amoureux de la pâtisserie : Mercotte, de son vrai nom Jacqueline Mercorelli, a décidé de tirer sa révérence. À 83 ans, celle qui incarnait la bienveillance exigeante et le franc-parler quitte le navire. Mais loin d’être une simple anecdote people, ce départ pose une question brûlante : peut-on vraiment remplacer une personnalité aussi singulière ?
Un duo qui a marqué toute une génération de pâtissiers amateurs
Depuis ses débuts, l’émission a su captiver par sa simplicité et son authenticité. Pas de chichi, pas de cuisine moléculaire hors de prix : on y parle de madeleines, de tartelettes aux fraises, de crème au beurre qui tranche mal. Et au milieu de cette douce nostalgie se tenait ce duo inattendu. Lui, jeune chef étoilé, technique irréprochable et bienveillance naturelle. Elle, octogénaire pétillante, ancienne blogueuse devenue star malgré elle, capable de remettre en place un candidat d’une simple phrase assassine prononcée avec le sourire.
Le contraste fonctionnait à merveille. Ce qui aurait pu tourner à la caricature est devenu une alchimie rare. Les téléspectateurs attendaient autant les conseils techniques du chef que les remarques cinglantes de Mercotte. Ensemble, ils formaient un équilibre parfait : le compliment et la critique, la caresse et la gifle, le sucre et le sel.
« En France, nous sommes moins bons » : la petite phrase qui fait débat
Lors d’une récente apparition dans une émission de débat, Mercotte n’a pas mâché ses mots. Interrogée sur les recherches en cours pour lui trouver un successeur, elle a lâché une formule qui a fait sourire jaune : « En France, nous sommes moins bons ». Elle faisait référence à l’émission britannique équivalente qui, après le départ simultané de deux de ses figures emblématiques, a réussi à rebondir rapidement en trouvant une nouvelle dynamique.
La comparaison n’est pas anodine. Outre-Manche, l’émission a su renouveler son casting sans perdre son âme. En France, le chantier semble beaucoup plus compliqué. Selon Mercotte elle-même, « ils ont beaucoup de mal à trouver ». Et elle ne se prive pas d’ajouter que recréer un duo aussi complémentaire relève presque de la mission impossible.
« C’est très difficile de recréer un duo. »
Mercotte, février 2026
Cette phrase résume à elle seule l’enjeu. Il ne s’agit pas simplement de trouver une personne qui connaît la pâtisserie. Il faut dénicher quelqu’un capable de tenir la dragée haute au chef principal, de créer une tension bienveillante, d’apporter à la fois de l’expertise et une forme de distance affective avec les candidats. Pas si simple.
Pourquoi Mercotte a-t-elle choisi de partir maintenant ?
La principale intéressée l’explique avec une clarté désarmante : l’âge, d’abord. À 83 ans, elle estime avoir fait le tour. « Ça suffit », dit-elle sans détour. Mais au-delà de cette raison évidente, il y a aussi une forme de sagesse : laisser la place aux nouvelles générations. Une posture rare dans le milieu audiovisuel où beaucoup s’accrochent à leur siège jusqu’au bout.
Elle raconte également que sa décision a créé une certaine consternation au sein de la production. On lui a fait comprendre que son départ posait problème. Pourtant, quand Mercotte décide quelque chose, elle ne revient pas en arrière. Même le chef principal, qui la connaît par cœur, n’a pas tenté de la faire changer d’avis. Il sait que c’est peine perdue.
Ce départ n’est donc pas un caprice de star. C’est une décision réfléchie, assumée, presque militante : à un moment, il faut savoir passer la main.
Le rôle unique de Mercotte dans l’émission
Pour bien comprendre pourquoi son absence va laisser un vide, il faut revenir sur ce qu’elle apportait concrètement à chaque épisode.
- Une expertise réelle : derrière le personnage de grand-mère sévère se cache une véritable passionnée qui teste des centaines de recettes par an sur son blog depuis des années.
- Un regard décalé : elle jugeait souvent avec les yeux d’une consommatrice lambda, pas seulement avec ceux d’une professionnelle.
- Une franchise déconcertante : quand un gâteau était raté, elle le disait. Sans filtre, sans politesse excessive. Et paradoxalement, cela rendait ses compliments d’autant plus précieux.
- Une humanité touchante : derrière la rigueur se cachait une tendresse sincère pour les candidats, surtout les plus jeunes ou les plus maladroits.
Cet équilibre subtil est extrêmement difficile à reproduire. Beaucoup de noms circulent déjà dans les coulisses, mais aucun ne semble encore convaincre totalement les décideurs.
Et Cyril Lignac dans tout ça ?
Bonne nouvelle pour les fans : le chef vedette ne compte pas partir. Mieux : il est également co-producteur de l’émission. Son avenir n’est donc pas menacé. Reste à savoir comment il va composer avec un nouveau binôme. Lui qui a toujours fonctionné en miroir avec Mercotte devra-t-il changer de posture ? Deviendra-t-il plus sévère ? Plus distant ?
Toutes ces questions agitent déjà les réseaux sociaux et les forums de fans. Certains imaginent même que l’émission pourrait évoluer vers un format différent, sans deuxième juré fixe, ou avec un jury tournant. Mais pour l’instant, rien n’est acté.
La pâtisserie à la télévision française : un genre en mutation
Le cas Mercotte n’est pas isolé. Ces dernières années, plusieurs figures historiques ont quitté les plateaux culinaires. Les chaînes cherchent à rajeunir leur audience, à renouveler les formats, à attirer de nouveaux talents. Mais parfois, le renouveau se heurte à une réalité : certains personnages deviennent plus grands que l’émission elle-même.
Mercotte fait partie de cette catégorie rare : elle n’était pas là pour faire de la figuration. Elle était une partie intégrante de l’ADN du programme. Son départ oblige donc toute une équipe à se réinventer. Et c’est loin d’être gagné d’avance.
Que retenir de cette page qui se tourne ?
D’abord, que la télévision reste un milieu impitoyable où même les légendes finissent par partir. Ensuite, que certaines alchimies sont uniques et ne se recréent pas sur commande. Enfin, que le courage de dire stop à 83 ans force le respect.
Mercotte ne disparaît pas complètement : son blog reste actif, ses livres continuent de se vendre, sa communauté lui reste fidèle. Mais sur le petit écran, son absence se fera sentir. Et peut-être que c’est justement cette sensation de vide qui prouve à quel point elle comptait.
Alors, la grande question demeure : qui osera succéder à la reine incontestée de la pâtisserie télévisée ? Pour l’instant, le suspense reste entier. Et les téléspectateurs retiennent leur souffle.
En attendant, une chose est sûre : Mercotte laisse derrière elle bien plus qu’un tablier. Elle laisse une trace indélébile dans le cœur des amateurs de pâtisserie et dans l’histoire de la télévision française.
Petit clin d’œil personnel : Si un jour on me demande quelle personnalité télé j’aimerais inviter à dîner, je réponds sans hésiter : Mercotte. Juste pour l’entendre dire, entre deux bouchées de tarte, que mon fondant au chocolat manque cruellement de sel… et sourire en coin.
Maintenant, à vous de jouer : pensez-vous qu’on puisse vraiment remplacer Mercotte ? Ou est-elle définitivement irremplaçable ?









