Imaginez une femme qui a fait rire des générations entières au cinéma, capable de passer de la comédie la plus déjantée à des rôles plus graves, et qui aujourd’hui choisit de parler avec une sincérité désarmante de ce qui compte le plus : sa famille et ses convictions profondes. Mathilde Seigner, figure familière du paysage audiovisuel français, accorde aujourd’hui une interview rare où elle évoque à la fois son actualité professionnelle et sa vie de maman.
À 58 ans, l’actrice opère un retour remarqué avec une fiction qui tape là où ça fait mal : la réalité brutale du monde paysan. Mais au-delà du projet artistique, c’est surtout sa manière de s’ouvrir sur son fils qui touche profondément.
Un retour à l’écran porté par l’engagement
Après plusieurs années plus discrètes, Mathilde Seigner revient dans une fiction qui ne laisse personne indifférent. Intitulée Au cœur de nos terres, cette œuvre aborde sans concession les difficultés traversées par le monde agricole français. Un sujet brûlant qui résonne particulièrement en cette période où les agriculteurs multiplient les actions pour se faire entendre.
L’actrice explique avoir été profondément marquée par des reportages diffusés à la télévision. Elle raconte comment ces images l’ont poussée à vouloir raconter une histoire ancrée dans le réel, loin des comédies légères qui ont fait sa réputation. « J’en avais assez de subir les scénarios qu’on me proposait », lâche-t-elle avec cette franchise qui la caractérise.
Une immersion totale dans le quotidien des agriculteurs
Le tournage s’est déroulé dans une ferme bien réelle, en Isère, et l’équipe a pu côtoyer de près ceux qui font vivre la terre. Mathilde Seigner insiste sur un détail qui l’a bouleversée : même ceux qui parviennent à s’en sortir gagnent à peine le Smic malgré des journées interminables. Une réalité économique qui interroge sur les priorités de notre société.
Elle ne mâche pas ses mots lorsqu’elle évoque le rôle des responsables politiques : « J’ai du mal à comprendre pourquoi ils sont si défaillants dans leur soutien à ceux qui nous nourrissent tous les jours. » Une déclaration qui fait écho aux nombreuses revendications exprimées ces derniers mois dans les campagnes françaises.
« Les agriculteurs, c’est quand même eux qui nous font manger. »
Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit de l’actrice : une forme de colère mêlée d’admiration et de reconnaissance envers un métier essentiel mais mal considéré.
Un lien personnel avec la région du tournage
Le choix du lieu n’était pas anodin. Sermérieu, petite commune iséroise, est liée à l’histoire familiale de Mathilde Seigner. Son grand-père, Louis Seigner, était originaire de cette région. Tourner là-bas a donc pris une dimension supplémentaire, presque intime.
« C’était forcément émouvant », reconnaît-elle. Ce retour aux racines a sans doute renforcé son implication dans le projet et sa volonté de porter un message fort sur les écrans.
Louis, 18 ans : l’héritier artistique d’une mère célèbre
Mais au milieu de ces confidences professionnelles, c’est sans doute la partie la plus touchante qui concerne son fils unique, Louis, âgé aujourd’hui de 18 ans. Rarement évoqué dans les médias, ce jeune homme commence à tracer son propre chemin.
Interrogée sur ce qu’elle souhaite lui transmettre, Mathilde Seigner répond avec une tendresse évidente : « Il a déjà hérité du penchant artistique puisqu’il fait de la musique. » Une phrase simple mais lourde de sens pour une mère qui a consacré une grande partie de sa vie à cet univers exigeant.
Les souhaits d’une mère pour son fils
Elle ne cache pas sa fierté, mais reste lucide sur le contexte actuel. « Je lui souhaite de vivre de sa passion et d’avoir une belle vie, comme j’en ai eu une. Mais pour les jeunes d’aujourd’hui, l’époque est beaucoup plus délicate. » Une réflexion qui fait écho aux inquiétudes de nombreux parents face à un marché du travail instable et à des perspectives d’avenir parfois floues.
La comédienne évoque aussi l’impact que son propre parcours a pu avoir sur ses choix de carrière ces dernières années. Après la disparition de son père il y a cinq ans, elle a pris conscience de certaines priorités. « Je me suis rendu compte que je faisais aussi beaucoup de films pour qu’il les voie », confie-t-elle avec émotion.
« Désormais, je ne tournerai que par plaisir. »
Cette phrase marque un tournant. Exit les projets acceptés par défaut ou par obligation. Mathilde Seigner affirme vouloir se consacrer désormais à des œuvres qui la font vibrer, et surtout à l’écriture et au développement de projets personnels.
Un seule-en-scène en préparation
Parmi ces projets, un seule-en-scène qui mijote depuis quelque temps. Un format qui permettrait à l’actrice d’exprimer pleinement sa personnalité, son humour, mais aussi sa capacité à toucher des sujets plus profonds. Une prise de risque qui correspond parfaitement à cette nouvelle phase de sa carrière.
Ce virage artistique s’accompagne d’un véritable recentrage sur l’essentiel : sa famille, ses convictions, et le plaisir de créer sans contrainte. Une évolution que beaucoup d’artistes de sa génération observent avec intérêt.
Quand la fiction rejoint le réel
Ce qui frappe dans cette interview, c’est la cohérence entre le sujet de la fiction et les préoccupations personnelles de l’actrice. La transmission, la difficulté de vivre de sa passion, le rapport à la terre et aux racines… tous ces thèmes se retrouvent à la fois dans Au cœur de nos terres et dans ses confidences sur son fils.
Mathilde Seigner ne se contente pas de jouer un rôle : elle porte un message. Et ce message, elle le délivre aujourd’hui avec une maturité et une authenticité qui touchent particulièrement.
Un message d’espoir malgré les difficultés
Malgré le constat parfois sombre qu’elle dresse sur le monde agricole ou sur les défis que rencontrent les jeunes, l’actrice conserve une forme d’optimisme. Elle croit en la capacité des nouvelles générations à inventer d’autres modèles, à défendre des causes justes, à créer malgré les obstacles.
Et pour son fils, elle souhaite avant tout qu’il trouve sa voie, qu’il s’épanouisse dans ce qu’il aime, sans renier ses rêves par peur de l’échec ou par pression extérieure. Un vœu universel, mais qui prend ici une saveur particulière venant d’une femme qui a connu les projecteurs très tôt.
Une actrice qui refuse les cases
Mathilde Seigner n’a jamais aimé être enfermée dans une étiquette. Comique pour certains, dramatique pour d’autres, elle a toujours navigué entre les genres avec une liberté déconcertante. Aujourd’hui, elle ajoute une nouvelle corde à son arc : celle de la porte-parole engagée.
Sans jamais tomber dans le militantisme caricatural, elle pose des questions essentielles : comment rémunérer dignement ceux qui nous nourrissent ? Comment accompagner les jeunes talents dans un monde incertain ? Comment concilier carrière et vie familiale quand on est une femme publique ?
La force de la sincérité
Ce qui rend cette interview si précieuse, c’est précisément cette sincérité. Pas de langue de bois, pas de réponse toute faite. Mathilde Seigner parle comme une mère, comme une fille de la campagne par alliance, comme une artiste qui a traversé les modes sans jamais se renier.
Et c’est peut-être là sa plus belle réussite : rester authentique malgré des décennies dans le milieu du spectacle, un univers pas toujours tendre avec ceux qui refusent de jouer le jeu du consensus mou.
Vers une carrière plus choisie que subie
Le message est clair : Mathilde Seigner ne veut plus « subir ». Elle veut choisir. Choisir ses rôles, ses combats, ses moments de vie. Cette affirmation résonne particulièrement dans un métier où la pression est constante et où dire non peut parfois coûter cher.
Mais à ce stade de sa vie, l’actrice semble avoir trouvé un équilibre. Moins de films par an, plus de projets personnels, plus de temps pour les siens. Une forme de sagesse acquise au fil des expériences, des joies et des épreuves.
Un exemple inspirant
Pour beaucoup de femmes de sa génération, Mathilde Seigner incarne aujourd’hui une forme de liberté. Celle de pouvoir dire stop quand quelque chose ne convient plus, de se réinventer, de parler de ses émotions sans filtre. Un modèle qui dépasse largement le cadre du cinéma.
En attendant de découvrir Au cœur de nos terres sur les écrans et, peut-être un jour, son seule-en-scène, on retient surtout cette image : une femme qui, après avoir fait rire des millions de spectateurs, choisit aujourd’hui de parler vrai, de parler cœur.
Et ça, c’est peut-être son rôle le plus beau.
À retenir : Mathilde Seigner défend aujourd’hui avec la même énergie qu’elle mettait dans ses rôles comiques les causes qui lui tiennent à cœur. Une évolution qui prouve que l’on peut changer de registre sans perdre son authenticité.
Dans un monde où l’image est souvent plus importante que le fond, elle rappelle qu’il est possible de rester fidèle à soi-même, même sous les projecteurs. Une leçon de vie précieuse, portée par une femme qui n’a jamais eu peur de dire ce qu’elle pense.
Et vous, que retenez-vous de ce portrait d’une actrice qui refuse de rentrer dans les cases ?









