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Mathilde Panot Refuse de Qualifier Maduro de Dictateur

Mathilde Panot refuse catégoriquement de qualifier Nicolás Maduro de dictateur lors d’une interview. Pire, elle réclame son retour au pouvoir au Venezuela. Cette prise de position d’une figure majeure de La France Insoumise soulève une vague d’indignations et de questions : jusqu’où ira le soutien de la gauche radicale aux régimes autoritaires ?

Peut-on encore, en 2026, refuser de qualifier Nicolás Maduro de dictateur sans provoquer un tollé ? C’est pourtant le choix opéré par Mathilde Panot, figure emblématique de La France Insoumise, lors d’une récente intervention télévisée. Interrogée directement sur la nature du régime vénézuélien, elle a balayé la question d’un catégorique « je ne répondrai pas à cette question » avant de défendre le retour au pouvoir du président contesté. Un positionnement qui interroge profondément sur les lignes rouges de la gauche radicale française face aux dérives autoritaires.

Une esquive qui en dit long

Dans le studio de télévision, la question tombe, claire et nette : Nicolás Maduro est-il un dictateur ? La réponse de Mathilde Panot fuse immédiatement. Pas de nuance, pas d’analyse, juste un refus net de répondre. Ce silence calculé, plus encore que des mots, révèle une gêne palpable. Car qualifier Maduro de dictateur reviendrait, pour une partie de la gauche française, à rejoindre le camp des « impérialistes » ou des « médias dominants ».

Cette séquence n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue tradition d’ambiguïté, voire de complaisance, d’une frange de la gauche envers certains régimes d’Amérique latine. Le Venezuela, jadis présenté comme un modèle de « socialisme du XXIe siècle », continue d’exercer une fascination chez certains responsables politiques, malgré l’effondrement économique et les atteintes répétées aux droits humains.

Mais en 2026, les faits sont têtus. Hyperinflation, pénuries alimentaires, exode massif de la population, répression des opposants : le tableau est sombre. Pourtant, Mathilde Panot va plus loin que le simple refus de qualifier le régime. Elle appelle explicitement au retour de Nicolás Maduro au pouvoir, alors que l’opposition et une large partie de la communauté internationale contestent vigoureusement les dernières élections.

Le contexte vénézuélien : un régime sous pression

Pour comprendre cette prise de position, il faut revenir sur la situation actuelle au Venezuela. Depuis plusieurs années, le pays traverse une crise multidimensionnelle sans précédent. L’économie s’est effondrée, le PIB a chuté de plus de 70 % en une décennie, et des millions de Vénézuéliens ont fui vers les pays voisins.

Sur le plan politique, Nicolás Maduro s’accroche au pouvoir malgré des scrutins régulièrement dénoncés comme frauduleux par les observateurs internationaux. Arrestations arbitraires, censure des médias, disqualification d’opposants : les mécanismes classiques d’un régime autoritaire sont à l’œuvre. Pourtant, une partie de la gauche européenne continue de voir en Maduro le légitime héritier de Hugo Chávez et un rempart contre l’ingérence américaine.

Cette lecture binaire – soit on soutient Maduro, soit on est un valet de Washington – occulte la réalité des souffrances du peuple vénézuélien. Elle ignore aussi les voix de l’opposition de gauche qui, au Venezuela même, dénoncent les dérives du pouvoir en place.

La France Insoumise et l’Amérique latine : une histoire compliquée

La position de Mathilde Panot n’est pas une surprise pour qui suit l’évolution de La France Insoumise sur les questions internationales. Depuis sa création, le mouvement a souvent affiché une solidarité indéfectible avec les gouvernements dits « progressistes » d’Amérique latine, même quand ceux-ci basculaient dans l’autoritarisme.

On se souvient des hommages rendus à Hugo Chávez, présenté comme un modèle de justice sociale. Puis, quand le régime de Maduro a commencé à montrer ses failles, le discours s’est nuancé sans jamais rompre. Critiques mesurées sur certains aspects, mais refus constant d’employer le terme « dictature ».

Cette ligne s’explique en partie par une vision géopolitique : tout régime qui s’oppose aux États-Unis mérite, par principe, un soutien ou au minimum une bienveillance. Cette grille de lecture, héritée de la guerre froide, peine à s’adapter aux réalités contemporaines où les violations des droits humains ne sont plus l’apanage d’un seul camp.

« Je ne répondrai pas à cette question »

Mathilde Panot, face à la question sur le caractère dictatorial du régime de Maduro

Cette citation, devenue virale, cristallise le malaise. Elle illustre un refus de confrontation idéologique qui frise parfois le déni de réalité.

Les réactions à cette prise de position

La séquence a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et des plateaux télévisés. Nombreux sont ceux qui ont dénoncé une forme de complaisance envers un régime autoritaire. Des élus de tous bords ont exprimé leur stupeur face à ce refus de nommer les choses.

Plus gênant pour La France Insoumise, des voix à gauche ont également critiqué cette posture. Des socialistes aux écologistes modérés, on pointe du doigt une radicalité qui isole le mouvement et nuit à sa crédibilité sur les questions de droits humains.

À l’international, l’épisode renforce l’image d’une gauche française divisée et parfois déconnectée des réalités latino-américaines. Les exilés vénézuéliens en France, nombreux, ont exprimé leur colère face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de solidarité envers leur combat pour la démocratie.

Pourquoi ce refus de qualifier le régime ?

Derrière l’esquive de Mathilde Panot se cache une stratégie plus large. Employer le mot « dictateur » reviendrait à valider le narratif des opposants à Maduro et, par extension, celui des États-Unis et de l’Union européenne qui ont reconnu Juan Guaidó puis l’opposition actuelle.

Pour une partie de la gauche radicale, cela équivaut à trahir les principes anti-impérialistes. Mieux vaut donc garder le silence ou déplacer le débat sur les responsabilités américaines dans la crise vénézuélienne – sanctions économiques, tentatives de déstabilisation – que d’admettre les dérives internes du régime.

Cette posture présente toutefois un risque majeur : celui de l’isolement moral. À force de refuser de condamner clairement les violations des droits humains quand elles viennent de régimes « amis », on finit par perdre toute légitimité à dénoncer celles commises par des régimes « ennemis ».

Les conséquences pour la gauche française

Cette affaire intervient à un moment délicat pour La France Insoumise. Le mouvement, déjà critiqué sur sa gestion de certaines questions sociétales, voit son positionnement international scruté de près. En période électorale approchante, chaque prise de parole sur des sujets clivants peut peser lourd.

Plus largement, elle pose la question de l’évolution idéologique de la gauche radicale. Peut-on encore défendre des principes universalistes – démocratie, droits humains, liberté d’expression – tout en soutenant ou en excusant des régimes qui les bafouent ? La réponse semble, pour certains responsables, être un non assumé.

Cette ambivalence risque de creuser un peu plus le fossé entre une partie de la gauche et une opinion publique majoritairement attachée aux valeurs démocratiques. Elle alimente aussi le discours de ceux qui accusent LFI de double standard en matière de droits humains.

Vers une clarification nécessaire ?

À l’heure où le Venezuela continue de sombrer, la position de Mathilde Panot apparaît comme un anachronisme. Le peuple vénézuélien, dans sa grande majorité, aspire à un changement profond. Les manifestations, les votes contestés, l’exode massif en témoignent.

La gauche française, si elle veut conserver une crédibilité internationale, devra tôt ou tard opérer une clarification. Défendre la justice sociale et l’indépendance nationale n’implique pas de fermer les yeux sur les dérives autoritaires. Au contraire, la cohérence exige de condamner les atteintes aux libertés d’où qu’elles viennent.

L’épisode Mathilde Panot-Maduro pourrait, paradoxalement, servir de révélateur. Il oblige à reposer les vraies questions : quelle solidarité internationale ? Quels critères pour juger un régime ? Comment concilier anti-impérialisme et défense des droits humains ? Autant de débats que la gauche française ne pourra éternellement esquiver.

En attendant, le refus de qualifier Nicolás Maduro de dictateur reste un symptôme. Celui d’une idéologie qui, par fidélité à ses schémas anciens, peine à lire le monde tel qu’il est. Et qui, ce faisant, risque de s’éloigner toujours plus des aspirations profondes des peuples qu’elle prétend défendre.

À retenir : Le silence ou l’ambiguïté face aux dérives autoritaires, même sous couvert d’anti-impérialisme, finit toujours par affaiblir ceux qui les pratiquent. L’histoire récente regorge d’exemples où la gauche a payé cher sa complaisance envers certains régimes.

Le débat est lancé. Il dépasse largement la personne de Mathilde Panot pour toucher à l’identité même d’une partie de la gauche française. Reste à voir si cette controverse provoquera une introspection salutaire ou, au contraire, un raidissement idéologique. L’avenir de la crédibilité internationale de ces mouvements en dépend peut-être.

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