Imaginez un samedi soir ordinaire qui bascule en quelques minutes dans l’horreur la plus absolue. Un homme d’une quarantaine d’années, simple passant dans un quartier résidentiel de Marseille, se retrouve soudain encerclé par trois individus déterminés. Ce qui commence comme une altercation dégénère rapidement en une scène d’une rare violence : des coups de ciseaux directement dans la tête, une batte de baseball qui s’abat sans retenue, une arme pointée sur lui… puis l’enlèvement. Cette agression d’une brutalité extrême soulève de nombreuses questions sur l’état réel de la sécurité dans certaines zones de la cité phocéenne.
Une soirée qui vire au cauchemar en plein cœur de Marseille
Les faits se sont déroulés dans la soirée du 31 janvier, dans le secteur du quartier Périer, une zone plutôt calme habituellement. Les secours ont été alertés par des riverains qui ont découvert la victime allongée au sol, le crâne ensanglanté. Les marins-pompiers sont rapidement intervenus pour prodiguer les premiers soins à cet homme visiblement choqué et grièvement blessé à la tête.
Selon son récit aux enquêteurs, tout est allé très vite. Trois hommes sont arrivés à bord d’une voiture noire de grosse cylindrée. Sans préambule, ils se sont jetés sur lui. Les coups ont fusé : d’abord des coups de ciseaux visant directement le crâne, puis des frappes répétées à la batte de baseball. L’un des agresseurs aurait même brandi une arme de poing pour le maintenir sous contrôle pendant l’attaque.
Un enlèvement express et une libération mystérieuse
Le plus troublant dans cette affaire reste la phase qui a suivi l’agression physique. Après l’avoir roué de coups, les trois individus ont forcé leur victime à monter dans le véhicule. Direction inconnue pendant plusieurs dizaines de minutes. Puis, sans explication apparente, ils l’ont relâché dans une rue du 15ᵉ arrondissement, loin du lieu initial de l’attaque.
Des habitants du quartier, alertés par ses gémissements et sa démarche chancelante, ont immédiatement prévenu les secours. Transporté en urgence à l’hôpital, l’homme souffre de multiples plaies profondes au cuir chevelu. Heureusement, son pronostic vital n’est pas engagé, même si les séquelles psychologiques et physiques pourraient être lourdes.
Une piste qui mène tout droit au narcotrafic
Interrogé par les policiers, le quadragénaire a livré une information capitale : il connaissait ses agresseurs. Selon lui, cette agression serait directement liée à une dispute récente avec le frère d’un membre influent d’une organisation criminelle particulièrement active à Marseille et dans plusieurs autres villes françaises.
Cette structure, spécialisée dans le trafic de stupéfiants, contrôlerait de nombreux points de deal stratégiques. La victime explique avoir eu un différend avec ce proche d’un narcotrafiquant important. Les coups reçus seraient donc une forme de représailles violentes destinées à faire passer un message clair et douloureux.
« Ils m’ont dit que c’était pour régler des comptes… que je n’aurais jamais dû m’en prendre à cette personne. »
La victime, lors de son audition
Ce témoignage, s’il est confirmé, placerait cette agression dans le cadre plus large des règlements de comptes qui gangrènent certaines cités marseillaises depuis plusieurs années.
Marseille, laboratoire de la violence liée au narcotrafic ?
La cité phocéenne est depuis longtemps confrontée à une criminalité organisée d’une intensité rare en Europe occidentale. Les points de deal, véritables commerces à ciel ouvert dans certains quartiers, génèrent des centaines de milliers d’euros chaque semaine. Cette manne financière attire inévitablement les convoitises… et les conflits armés.
Les méthodes employées par certains groupes sont d’une violence inouïe : fusillades en pleine rue, règlements de comptes à la kalachnikov, tortures, enlèvements express… L’usage d’armes blanches comme les ciseaux ou les machettes est également de plus en plus fréquent, notamment chez les plus jeunes recrues.
Cette affaire rappelle cruellement que la simple évocation d’un conflit, même verbal, avec une personne liée à ces réseaux peut entraîner des représailles d’une extrême brutalité. Ici, pas de balle dans la tête, mais une mise en scène particulièrement humiliante et douloureuse : coups de ciseaux au crâne, tabassage à la batte, menace d’arme à feu, enlèvement puis abandon comme un vulgaire déchet.
Les armes du crime : symboles d’une escalade permanente
L’utilisation simultanée de plusieurs armes dans une même agression est significative. Les ciseaux, objet du quotidien détourné en arme improvisée, permettent d’infliger des blessures spectaculaires et très douloureuses sans forcément tuer. La batte de baseball, quant à elle, est devenue un classique des passages à tabac urbains : facile à transporter, difficile à tracer, et terriblement efficace.
L’arme de poing, enfin, sert ici davantage à terroriser qu’à tuer. Le message est limpide : « On peut te tuer quand on veut, mais on choisit de te laisser en vie… pour l’instant. » Cette gradation dans l’arsenal employé vise clairement à marquer les esprits, tant celui de la victime que celui de son entourage.
Que sait-on vraiment des groupes criminels marseillais en 2026 ?
Les structures criminelles qui se partagent le marché des stupéfiants à Marseille évoluent constamment. Certaines disparaissent après des vagues d’arrestations ou d’éliminations physiques, d’autres montent en puissance en profitant du vide laissé par leurs prédécesseurs.
Ces organisations fonctionnent souvent sur un modèle pyramidal : au sommet, quelques chefs qui gèrent la logistique et les alliances ; au milieu, des lieutenants qui supervisent les points de deal ; à la base, une multitude de guetteurs, vendeurs et petites mains souvent très jeunes et très facilement remplaçables.
La fidélité au groupe passe fréquemment par la famille : frères, cousins, beaux-frères… Cette dimension clanique rend d’autant plus explosive toute altercation personnelle. Un conflit avec le frère de quelqu’un peut être perçu comme une attaque directe contre l’ensemble du réseau.
La peur au ventre : quand le narcotrafic dicte sa loi
Derrière les chiffres de la délinquance et les titres choc des journaux, il y a surtout une réalité quotidienne pour des milliers de personnes : la peur. Peur de parler, peur de regarder trop longtemps dans la mauvaise direction, peur de refuser un service rendu, peur d’avoir une dette, peur d’avoir simplement dit « non » à la mauvaise personne.
Dans certains quartiers, le narcotrafic n’est plus un problème de police : il est devenu une forme de gouvernance parallèle. Les règles sont édictées par ceux qui tiennent les points de deal, les sanctions sont appliquées par leurs hommes de main, et la justice officielle apparaît souvent bien impuissante face à cette réalité.
« On vit avec la peur au ventre. On sait que si on dit quelque chose, on peut finir comme lui… ou pire. »
Un habitant anonyme d’un quartier sensible
Cette agression au ciseau et à la batte de baseball n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une longue série d’actes de violence destinés à asseoir le pouvoir et à rappeler à tous qui commande vraiment dans certains secteurs de la ville.
Quelle réponse des autorités face à cette spirale ?
Face à cette violence endémique, les pouvoirs publics multiplient les annonces : renforts de police, opérations « coup de poing », démantèlements de réseaux… Mais la réalité du terrain semble toujours dépasser les dispositifs mis en place.
Les enquêteurs doivent désormais recueillir des preuves solides pour transformer le témoignage de la victime en dossier judiciaire étanche. Identifier les trois agresseurs, prouver leur lien avec l’organisation mentionnée, démontrer que l’agression était bien une représaille… Autant d’étapes difficiles dans un contexte où le silence est souvent la règle d’or.
En attendant, la victime récupère lentement à l’hôpital, avec des points de suture sur le crâne et des images difficiles à effacer de sa mémoire. Son histoire, aussi terrifiante soit-elle, n’est qu’un épisode parmi tant d’autres dans une guerre des territoires qui semble ne jamais devoir s’arrêter.
Un cri d’alarme pour toute une ville ?
Chaque nouvelle agression de ce type pose la même question lancinante : jusqu’où ira cette spirale de violence ? Quand une simple dispute peut valoir à quelqu’un d’être scalpé aux ciseaux, tabassé à la batte puis enlevé en pleine rue, c’est tout un modèle de société qui vacille.
Marseille reste une ville magnifique, riche d’histoire, de cultures et d’humanité. Mais dans certains quartiers, une autre réalité s’impose : celle de la loi du plus fort, du plus armé, du plus impitoyable. Et tant que cette loi parallèle perdurera, des hommes et des femmes continueront de vivre dans la terreur, même au cœur d’une des plus belles villes de France.
Cette agression particulièrement brutale doit nous interroger collectivement. Elle nous rappelle que derrière chaque point de deal, chaque sac de résine ou de cocaïne vendu, il y a des vies brisées, des familles déchirées et une violence qui s’auto-alimente sans fin apparente.
Espérons que les enquêteurs parviendront à remonter la piste et à traduire les responsables devant la justice. Mais au-delà de ce cas précis, c’est toute la question du contrôle des territoires et de la fin de l’impunité qu’il faudra poser… et résoudre. Car tant que la peur dictera sa loi dans certains quartiers, la République ne pourra pas pleinement s’y appliquer.









