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Marie Portolano : Le Geste Touchant de Son Fils Face aux Règles

Marie Portolano raconte comment son fils de 11 ans réagit quand elle a ses règles : bouillottes chaudes et thés préparés avec soin. Un geste simple mais bouleversant qui prouve que l'éducation change tout… mais jusqu'où va cette prise de conscience ?

Imaginez un petit garçon de 11 ans qui, sans qu’on ait besoin de le lui demander, court préparer une bouillotte chaude et une tasse de thé fumant dès qu’il voit sa maman grimacer légèrement en se tenant le ventre. Cette scène touchante n’est pas tirée d’un film feel-good, mais bien du quotidien de Marie Portolano, l’animatrice que l’on connaît pour sa franchise et son engagement. Un geste d’une simplicité désarmante qui révèle beaucoup sur l’éducation que cette maman donne à ses trois enfants.

Quand l’éducation devient un acte d’amour et de compréhension

Dans une société où les règles restent encore trop souvent un sujet tabou, entendre qu’un enfant de cet âge agit avec autant de bienveillance force l’admiration. Marie Portolano n’a jamais caché son combat pour une égalité réelle, celle qui commence dès le plus jeune âge. Elle raconte avec émotion comment elle a choisi de ne pas esquiver les questions de son fils aîné lorsqu’une personne proche souffrait énormément à cause de l’endométriose pendant des vacances familiales.

Au lieu de rester dans le vague avec un simple « elle est malade », elle a pris le temps d’expliquer que, pour certaines femmes, les menstruations peuvent devenir une véritable épreuve physique. Cette conversation, anodine en apparence, a planté une graine qui germe aujourd’hui sous forme d’attentions concrètes et répétées.

Briser le tabou des règles dès l’enfance

Parler des règles à un garçon de huit ans n’est pas encore courant dans toutes les familles. Pourtant, c’est précisément là que tout commence. Quand les garçons comprennent tôt que le corps féminin peut connaître des douleurs intenses et invisibles, ils développent naturellement plus d’empathie. Ils arrêtent de voir ce phénomène naturel comme quelque chose de « bizarre » ou de « dégoûtant », mots que l’on entend encore trop souvent dans les cours de récréation.

Marie Portolano insiste : son fils ne se moquera jamais d’une camarade qui demande à aller à l’infirmerie ou qui manque les cours de sport. Cette promesse implicite, formulée par un enfant, vaut tous les discours théoriques sur l’égalité.

« Du coup, à chaque fois que je les ai, ils me préparent des bouillottes et des thés ! Et il n’ira jamais se moquer de ses copines d’école quand elles les auront. »

Ces quelques mots résument à eux seuls la puissance d’une éducation attentive et honnête. Un enfant qui agit ainsi ne le fait pas par obligation, mais parce qu’il a intégré que soulager la douleur de quelqu’un qu’il aime fait partie de son rôle.

L’endométriose : quand les règles deviennent pathologiques

L’endométriose touche environ une femme sur dix en âge de procréer. Pourtant, le sujet reste largement méconnu du grand public, et encore plus des plus jeunes. Les douleurs peuvent être si intenses qu’elles obligent certaines à s’aliter plusieurs jours par mois, à vomir, à prendre des antidouleurs puissants sans toujours obtenir un vrai soulagement.

Expliquer cette maladie à un enfant demande du tact, mais surtout de la justesse. Dire la vérité sans effrayer, montrer que la douleur existe sans pour autant dramatiser outre mesure. C’est tout l’équilibre que Marie Portolano a su trouver lors de cette discussion en vacances. Résultat : son fils associe désormais les règles à la possibilité d’une souffrance réelle, et non à un simple « moment du mois » que l’on minimise.

Le sexisme inconscient : même les plus engagés y sont confrontés

En parallèle de son rôle de mère, Marie Portolano s’engage publiquement contre le sexisme. Elle co-présente actuellement un documentaire qui explore nos biais inconscients. Elle avoue elle-même avoir été surprise par certaines de ses propres réactions : juger rapidement une femme trop maquillée, trop apprêtée, ou portant une tenue jugée « trop courte ».

Cet aveu d’honnêteté est précieux. Il rappelle que le travail sur soi ne s’arrête jamais, même quand on se pense déjà très sensibilisé. Être féministe ne signifie pas être exempte de préjugés ; cela signifie surtout les reconnaître et les combattre activement.

Transmettre cette vigilance à ses enfants devient alors une priorité. Ne pas seulement leur dire « sois gentil avec les filles », mais leur montrer concrètement pourquoi certaines attitudes blessent, pourquoi certains mots sont lourds de sens, pourquoi le corps des femmes ne doit jamais être un sujet de moquerie.

Les petits gestes du quotidien qui changent tout

Préparer une bouillotte n’est pas un acte révolutionnaire en soi. Pourtant, quand c’est un enfant de 11 ans qui le fait spontanément pour sa mère, le symbole devient très fort. Cela montre qu’il a compris que la douleur n’est pas une faiblesse, mais une réalité à accompagner.

  • Chauffer de l’eau pour un thé aux plantes apaisantes
  • Sortir la bouillotte du placard sans qu’on ait besoin de le lui rappeler
  • La poser doucement sur le ventre de sa maman
  • Rester un peu à côté d’elle, sans forcément parler

Ces gestes minuscules construisent une masculinité bienveillante, loin des stéréotypes toxiques qui enferment encore trop de garçons dans une posture de « dur » qui ne doit jamais montrer d’empathie.

Et les autres enfants dans tout ça ?

Marie Portolano est maman d’une fille et de deux garçons. Éduquer les trois à la même égalité est un défi permanent. À la petite fille, il faut apprendre à revendiquer son corps, à ne pas avoir honte de ses menstruations, à demander de l’aide sans culpabiliser. Aux garçons, il faut enseigner l’écoute, le respect, l’absence de jugement.

Le fait que les deux garçons participent désormais à ce rituel de soin montre que le message passe. Ils ne considèrent pas cela comme une corvée « de filles », mais comme un geste d’amour familial normal et naturel.

Pourquoi cette anecdote nous touche autant ?

Parce qu’elle est rare. Parce qu’elle contraste avec les innombrables témoignages de moqueries, de honte imposée, de douleurs tues par peur du ridicule. Parce qu’elle prouve qu’un changement est possible, et qu’il commence souvent par des conversations simples autour d’une table de vacances.

Elle nous rappelle aussi que l’éducation n’est pas qu’une transmission de savoirs scolaires. C’est avant tout une transmission d’humanité, d’empathie, de respect du corps de l’autre.

Et demain ?

On peut imaginer que ce garçon, devenu adulte, portera ce même regard bienveillant sur sa compagne, ses collègues, ses amies. Il ne sera pas parfait – personne ne l’est – mais il aura déjà intégré une chose essentielle : la douleur menstruelle n’est pas une plaisanterie, et y répondre avec douceur est une force, pas une faiblesse.

Marie Portolano, par son témoignage, ne fait pas seulement le portrait d’un enfant attentionné. Elle dessine les contours d’une société qui pourrait enfin considérer les réalités du corps féminin comme légitimes et dignes d’être accompagnées, sans tabou ni jugement.

Et si chaque famille prenait le temps d’avoir ne serait-ce qu’une seule conversation honnête sur ce sujet ? Peut-être que les bouillottes et les thés préparés par des petits garçons deviendraient moins exceptionnels… et tellement plus répandus.

Un simple geste d’enfant peut parfois dire beaucoup plus long sur l’évolution des mentalités qu’un long discours. Ici, il dit : nous avançons, doucement, mais sûrement.

« L’éducation que l’on donne aujourd’hui dessine le monde de demain. Et parfois, ce sont les plus petits gestes qui annoncent les plus grands changements. »

Continuons donc à parler, à expliquer, à écouter. Parce que chaque conversation compte. Parce que chaque bouillotte tendue compte. Parce que chaque enfant qui comprend compte double.

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