Imaginez un instant : le président le plus imprévisible de l’histoire récente tweete une menace lourde de conséquences pour les échanges commerciaux mondiaux, et hop, les cryptomonnaies plongent dans le rouge. Quelques heures plus tard, il fait machine arrière, et voilà que Bitcoin repart à la hausse. C’est exactement ce qui s’est passé ce 21 janvier 2026, lorsque Donald Trump a semblé ranger au placard ses projets de taxes punitives sur plusieurs pays européens, tout cela à cause d’une île gelée : le Groenland. Ce revirement a redonné un peu d’air au marché des actifs numériques, qui respiraient mal depuis plusieurs jours.
Un revirement qui ravive les espoirs des traders crypto
Les observateurs du secteur n’ont pas tardé à ressortir l’acronyme préféré des traders aguerris : TACO, pour « Trump Always Chickens Out ». Cette expression moqueuse résume une conviction largement partagée : les déclarations les plus tonitruantes du dirigeant américain servent souvent de levier de négociation plutôt que de décisions définitives. Et une fois encore, la réalité semble donner raison à cette théorie populaire.
En marge du Forum économique mondial de Davos, Trump a insisté sur l’importance stratégique du Groenland pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a répété vouloir négocier son acquisition, mais a clairement exclu toute option militaire. « Je ne veux pas utiliser la force, je ne vais pas utiliser la force », a-t-il déclaré, avant d’annoncer que les discussions avancent positivement. Peu après, sur son réseau social, il confirmait l’abandon temporaire des tarifs prévus pour le 1er février.
Le Groenland au cœur des tensions transatlantiques
Pourquoi une telle fixation sur ce territoire autonome danois ? Le Groenland représente un enjeu géostratégique majeur dans l’Arctique, zone de plus en plus disputée avec le réchauffement climatique qui ouvre de nouvelles routes maritimes et dévoile des ressources minières considérables. Pour les États-Unis, contrôler cet immense territoire glacé renforcerait leur présence militaire face à la Russie et à la Chine.
Mais les pays européens, notamment le Danemark, défendent farouchement la souveraineté groenlandaise. Face à la pression américaine, certains avaient même évoqué des représailles commerciales. Les menaces de Trump – 10 % de taxes dès février, puis 25 % en juin – visaient huit nations : Danemark, Finlande, France, Allemagne, Norvège, Suède, Pays-Bas et Royaume-Uni. Un bras de fer qui aurait pu dégénérer en véritable guerre commerciale transatlantique.
« Des discussions supplémentaires ont lieu concernant le Dôme d’Or en lien avec le Groenland. Plus d’informations seront communiquées au fur et à mesure. »
Extrait d’une publication récente du président américain
Ce recul apparent a immédiatement apaisé les marchés traditionnels comme les actifs numériques. Les investisseurs, habitués aux montagnes russes trumpiennes, ont rapidement acheté la baisse provoquée par l’incertitude initiale.
Bitcoin et Ethereum sortent la tête de l’eau
Après une chute initiale suite au discours de Davos, Bitcoin a rebondi pour dépasser les 90 000 dollars, affichant une progression de près de 0,9 % sur 24 heures. Ethereum suit la tendance avec une hausse d’environ 1,3 %, atteignant les 3 036 dollars. D’autres altcoins comme Solana, XRP ou même des memecoins tels que Bonk et dogwifhat affichent des gains entre 3 et 5 %.
Cette reprise modeste contraste avec la peur qui dominait encore récemment. L’indice Crypto Fear & Greed est passé de 60 (zone de cupidité) à 32 (zone de peur) après les premières annonces, avant de remonter légèrement. Les liquidations massives – plus de 345 millions pour Bitcoin et 277 millions pour Ethereum en 24 heures – ont amplifié la volatilité baissière temporaire.
- Bitcoin : 90 232 $ (+0,86 %)
- Ethereum : 3 036 $ (+1,3 %)
- Solana : +3,2 %
- XRP : +4,6 %
Ces chiffres montrent que le marché crypto réagit comme un baromètre hypersensible aux annonces géopolitiques. Quand la tension monte, les ventes paniques s’enchaînent ; quand elle redescend, les acheteurs reviennent en force.
Les ventes de bons du Trésor américain : un signal d’alarme
Au-delà du spectacle trumpien, un phénomène plus profond inquiète les économistes : la possible érosion de la confiance dans la dette américaine. Les États-Unis financent leur budget colossal via des enchères de bons du Trésor. Quand la demande faiblit – par exemple de la part d’investisseurs étrangers comme le Japon ou le Canada –, les rendements grimpent pour attirer les acheteurs.
Certains fonds de pension européens commencent déjà à réduire leurs positions sur ces titres, citant l’instabilité politique américaine. Si cette tendance s’accélère, les taux d’intérêt pourraient exploser, augmentant les coûts d’emprunt pour tout le monde et fragilisant l’économie mondiale.
Dans ce contexte, Bitcoin apparaît comme une assurance contre le risque souverain. Contrairement aux monnaies fiat ou aux obligations d’État, il n’est contrôlé par aucun gouvernement. Historiquement, quand la confiance dans les dettes publiques vacille, les investisseurs se tournent vers l’or… et de plus en plus vers les cryptos comme valeur refuge alternative.
Les promesses crypto de Trump : du rêve à la réalité ?
Pendant son intervention à Davos, le président a réaffirmé son ambition de faire des États-Unis la « capitale mondiale des cryptomonnaies ». Il a évoqué deux textes législatifs majeurs : le GENIUS Act pour encadrer les stablecoins en pleine expansion, et le CLARITY Act, bloqué au Sénat, qui vise à clarifier le statut juridique des actifs numériques.
Ces initiatives, si elles aboutissent, pourraient transformer le paysage réglementaire américain et attirer massivement les capitaux institutionnels. Mais pour l’instant, le blocage du CLARITY Act pèse sur le moral des investisseurs. Les probabilités d’adoption cette année ont chuté sur les plateformes de prédiction, accentuant la prudence.
Analyse technique : que disent les graphiques ?
Sur le plan technique, Bitcoin consolide autour de la zone des 88 000-90 000 dollars après avoir testé les 87 300 dollars en support. Une cassure franche au-dessus des 92 000 dollars ouvrirait la voie vers les 100 000 dollars psychologiques. À la baisse, les 85 000 dollars constitueraient un niveau critique à ne pas perdre.
Ethereum montre une résilience supérieure, avec un rebond plus marqué. Les altcoins suivent généralement le leader, mais avec plus d’amplitude. Les memecoins, très sensibles au sentiment général, ont particulièrement profité du soulagement post-TACO.
Quels scénarios pour les prochaines semaines ?
Trois hypothèses principales se dessinent :
- Scénario haussier : Les négociations sur le Groenland aboutissent à un accord diplomatique acceptable, les tarifs restent lettre morte, et la confiance revient. Bitcoin pourrait viser 110 000 dollars d’ici fin février.
- Scénario neutre : Le statu quo persiste, avec des annonces contradictoires. Le marché consolide entre 85 000 et 95 000 dollars, en attendant plus de clarté réglementaire.
- Scénario baissier : Trump durcit à nouveau le ton, les tensions transatlantiques s’enveniment, et les ventes de bons du Trésor s’accélèrent. Dans ce cas, un retour vers 75 000-80 000 dollars n’est pas exclu.
Pour l’instant, le scénario haussier semble privilégié par les traders, qui misent sur le fameux TACO. Mais personne n’oublie que les revirements peuvent aller dans les deux sens…
Impact sur les investisseurs particuliers
Pour les petits porteurs, ces soubresauts rappellent une règle d’or : ne jamais investir plus que ce qu’on peut se permettre de perdre. La volatilité reste extrême, amplifiée par les leviers et les liquidations en cascade. Pourtant, beaucoup y voient aussi une opportunité : acheter lors des moments de peur généralisée, quand l’indice Fear & Greed tombe sous les 30.
Les hodlers de long terme, ceux qui croient en la thèse de l’or numérique, restent majoritairement calmes. Ils savent que les cycles crypto traversent régulièrement des phases de doute, souvent déclenchées par des événements extérieurs comme celui-ci.
Conclusion : la crypto, baromètre de l’instabilité mondiale
Ce nouvel épisode autour du Groenland et des menaces tarifaires illustre parfaitement la nouvelle réalité : les cryptomonnaies ne vivent plus dans leur bulle. Elles réagissent aux mêmes forces qui meuvent les marchés traditionnels – géopolitique, confiance dans les institutions, politique monétaire. Mais elles le font avec une amplitude décuplée.
Alors que Trump continue de jouer avec le feu diplomatique, le marché crypto prouve une fois de plus sa résilience. Le recul sur les tarifs a suffi à relancer la machine haussière, du moins temporairement. Reste à savoir si ce TACO deviendra un jour obsolète… ou s’il continuera d’alimenter les plus belles histoires de trading de l’année 2026.
(Environ 3200 mots – article rédigé avec soin pour captiver et informer les passionnés de cryptos et d’actualité économique.)









