Imaginez un instant : le Bitcoin vient tout juste de franchir la barre symbolique des 90 000 dollars, l’euphorie gagne les portefeuilles numériques du monde entier, et soudain, un tweet présidentiel fait trembler les écrans. Donald Trump, depuis le bureau ovale, met en garde l’Iran contre une possible frappe militaire imminente tandis qu’une imposante flotte de guerre américaine se rapproche dangereusement des côtes du Golfe. Coïncidence ou vrai danger pour les cryptomonnaies ?
Quand la géopolitique percute de plein fouet le monde des cryptos
Depuis plusieurs mois, le marché des cryptomonnaies semblait enfin sorti de sa longue hibernation. Capitalisation totale dépassant les 3 000 milliards de dollars, Bitcoin en pleine ascension, altcoins en pleine effervescence… Tout semblait sourire aux investisseurs. Mais les événements récents nous rappellent une réalité brutale : les actifs numériques restent extrêmement sensibles aux chocs exogènes, surtout lorsqu’ils proviennent du terrain géopolitique.
Le 28 janvier 2026, le ton employé par le président américain a fait l’effet d’une douche froide sur les traders. Un appel clair et net à la négociation, assorti d’une menace à peine voilée : le temps presse, et l’option militaire n’est pas exclue. Derrière ces mots, une armada impressionnante de navires de guerre américains converge vers la région. Le message est limpide.
Trump et l’Iran : un bras de fer aux conséquences mondiales
Donald Trump n’en est pas à son premier bras de fer avec Téhéran. Déjà lors de son premier mandat, il avait retiré les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et rétabli de lourdes sanctions. Aujourd’hui, le discours semble encore plus tranchant. Il exige l’abandon total du programme nucléaire iranien et promet qu’un accord « juste et équitable » reste possible… mais que le temps joue contre l’Iran.
Sur les plateformes de prédiction comme Polymarket, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La probabilité qu’une action militaire américaine contre l’Iran intervienne avant la fin de l’année 2026 a grimpé jusqu’à 75 %. Pour une frappe avant fin mars, on atteint même 60 %. Ces chiffres, bien qu’ils ne soient pas des certitudes, traduisent une nervosité croissante parmi les parieurs les plus avertis.
« Le temps est compté, il est vraiment essentiel ! Comme je l’ai déjà dit à l’Iran : FAITES UN ACCORD… »
Extrait du message présidentiel du 28 janvier 2026
Ces mots résonnent particulièrement fort dans un contexte où les tensions au Moyen-Orient n’ont jamais vraiment disparu. Une escalade militaire, même limitée, aurait des répercussions immédiates sur les prix de l’énergie, les routes maritimes et, par extension, sur les marchés financiers mondiaux… y compris celui des cryptomonnaies.
Bitcoin n’est plus vraiment un refuge… et ça change tout
Pendant longtemps, une partie de la communauté crypto a défendu l’idée que Bitcoin était un actif refuge comparable à l’or. En cas de crise géopolitique ou d’inflation galopante, les investisseurs se tourneraient vers le BTC comme ils le feraient vers le métal jaune. Mais les faits récents contredisent fortement cette thèse.
Lorsque Donald Trump a menacé de taxer lourdement certains alliés de l’OTAN ou lorsqu’il a évoqué l’idée farfelue d’annexer le Groenland, Bitcoin n’a pas joué son rôle de valeur refuge. Au contraire, il a souvent chuté dans les heures qui ont suivi ces déclarations. Aujourd’hui, face à une menace militaire directe, le même schéma semble se répéter.
- L’or physique a bondi jusqu’à environ 5 320 $ l’once
- Le franc suisse, valeur refuge traditionnelle, a gagné plus de 20 % sur les douze derniers mois
- Bitcoin, lui, montre des signes de faiblesse technique préoccupants
Cette divergence est significative. Elle montre que les investisseurs institutionnels et les hedge funds ne considèrent plus Bitcoin comme un actif anti-crise au même titre que l’or ou certaines devises refuges.
Une figure technique inquiétante sur le graphique Bitcoin
Si l’on passe maintenant à l’analyse technique pure, le constat est tout aussi préoccupant. Sur le graphique journalier, Bitcoin présente plusieurs signaux baissiers cumulés :
- Le prix évolue toujours sous les moyennes mobiles exponentielles 50 et 100 jours
- L’indicateur Supertrend reste orienté à la baisse
- Une figure de bearish flag (drapeau baissier) s’est formée après la chute récente, suivie d’un léger rebond en canal parallèle
Le drapeau baissier est l’une des figures les plus fiables en analyse technique. Lorsqu’elle apparaît après une forte impulsion vendeuse, elle signale généralement la reprise de la tendance initiale, c’est-à-dire la poursuite de la baisse. Dans le cas présent, le support suivant se situe autour des 80 500 $, niveau testé en novembre dernier. Une cassure en dessous ouvrirait la voie vers les 74 400 $, soit une chute potentielle de près de 18 % depuis les plus hauts récents.
Et les altcoins dans tout ça ?
Si Bitcoin tousse, les altcoins éternuent généralement beaucoup plus fort. Pourtant, certains tokens ont affiché des performances remarquables ces derniers jours malgré le contexte. Parmi les plus fortes hausses, on retrouve notamment :
- Un token nommé Pippin (+67 % en une séance)
- Hyperliquid, qui enchaîne les records et touche un plus haut depuis plusieurs mois
- Quelques autres projets DeFi et layer-1 qui surfent sur des annonces spécifiques
Ces performances isolées ne doivent cependant pas masquer la réalité globale : la corrélation entre Bitcoin et les principales altcoins reste très élevée. Si BTC venait à plonger de 10 à 15 %, la plupart des altcoins perdraient probablement 25 à 50 % en quelques heures seulement.
La Fed, l’autre variable explosive du moment
Le 28 janvier 2026 n’était pas seulement marqué par les déclarations de Trump. C’était également le jour où la Réserve fédérale américaine dévoilait sa décision sur les taux d’intérêt. Dans un contexte géopolitique tendu, les marchés financiers classiques surveillaient déjà de près la tonalité du discours de Jerome Powell. Une Fed plus dovish (accommodante) aurait pu temporairement soutenir les actifs risqués, dont les cryptos. À l’inverse, un ton restrictif aurait amplifié la pression vendeuse.
Les investisseurs crypto se retrouvent donc coincés entre deux feux : d’un côté les risques géopolitiques immédiats, de l’autre l’incertitude monétaire classique. Dans ce genre de configuration, la volatilité explose souvent… et pas toujours dans le bon sens.
Que faire en tant qu’investisseur crypto aujourd’hui ?
Face à un tel cocktail explosif, plusieurs stratégies coexistent dans la communauté :
- Stratégie défensive : réduire fortement l’exposition, passer en stablecoins ou en cash
- Stratégie opportuniste : attendre un éventuel shakeout (secousse baissière) pour acheter plus bas
- Stratégie HODL renforcée : considérer que les corrections géopolitiques sont temporaires et accumuler sur la faiblesse
- Stratégie hedging : utiliser des positions courtes sur Bitcoin ou des options put pour se protéger
Aucune de ces approches n’est infaillible. Tout dépend de votre tolérance au risque, de votre horizon de placement et surtout de votre lecture des événements à venir. Une chose est sûre : ignorer totalement le contexte géopolitique serait une erreur coûteuse en 2026.
Conclusion : vigilance maximale exigée
Le marché crypto a prouvé à de multiples reprises sa capacité à surprendre, dans un sens comme dans l’autre. Mais il serait dangereux de sous-estimer l’impact potentiel d’une véritable crise au Moyen-Orient impliquant directement les États-Unis. Entre les menaces explicites de Donald Trump, le positionnement militaire américain, les signaux techniques baissiers sur Bitcoin et l’incertitude autour de la politique monétaire, tous les ingrédients d’une correction significative sont réunis.
Rester informé, garder son sang-froid, éviter les décisions impulsives et surtout ne jamais investir plus que ce qu’on peut se permettre de perdre : voilà les principes de base qui, plus que jamais, doivent guider les investisseurs en cette période troublée.
Le marché nous réserve encore bien des surprises. À nous de savoir les anticiper… ou du moins de ne pas être pris totalement au dépourvu.
Point vigilance rapide – 28 janvier 2026
- Bitcoin sous EMA50 & EMA100 journalières
- Figure bearish flag validée
- Prochain support majeur : 80 500 $
- Probabilité attaque Iran avant fin 2026 : 75 % (Polymarket)
- Or à 5 320 $ – franc suisse +20 % sur 12 mois
Et vous, comment positionnez-vous votre portefeuille face à ces tensions ? N’hésitez pas à partager votre analyse en commentaire.









