Une crise nutritionnelle qui menace l’avenir de l’Afghanistan
La situation nutritionnelle en Afghanistan s’aggrave de manière préoccupante. Les projections pour les douze prochains mois indiquent que près de cinq millions d’enfants et de femmes seront confrontés à une malnutrition aiguë potentiellement mortelle. Parmi eux, environ quatre millions d’enfants nécessiteront un traitement urgent pour survivre. Ces chiffres, vertigineux, soulignent l’urgence d’une réponse collective avant qu’il ne soit trop tard.
Les conséquences ne se limitent pas à la survie immédiate. Les enfants qui traversent cette période critique sans soins adaptés risquent des dommages irréversibles sur leur développement physique et cognitif. Une génération entière pourrait se retrouver handicapée dans sa capacité à contribuer au redressement du pays. C’est un cercle vicieux que la malnutrition entretient : pauvreté, insécurité alimentaire et restrictions sociales s’entremêlent pour aggraver le tableau.
Les projections alarmantes pour 2026
Les mois à venir s’annoncent particulièrement sombres. Les estimations font état d’une augmentation continue de la malnutrition aiguë, avec des pics attendus pendant la période hivernale où les ressources se raréfient encore davantage. Les familles, déjà épuisées par des années de crises cumulées, peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.
Les données récentes montrent une hausse marquée des cas chez les enfants de moins de cinq ans. Près de quatre millions d’entre eux pourraient requérir une intervention médicale spécialisée. Sans cela, le risque de mortalité explose, et pour ceux qui survivent, les séquelles à long terme compromettent tout potentiel de développement personnel et collectif.
Les femmes ne sont pas épargnées. Une augmentation significative du nombre de femmes enceintes ou allaitantes souffrant de malnutrition a été observée récemment. Ces mères, souvent en première ligne pour protéger leurs enfants, se privent elles-mêmes, aggravant leur propre état de santé et celui de leur bébé à naître.
Nous risquons de perdre une proportion importante d’une génération qui pourrait contribuer au futur du pays.
Cette phrase résume à elle seule l’enjeu existentiel de cette crise. Perdre une génération signifie compromettre les chances de reconstruction et de stabilité pour des décennies.
L’impact dévastateur sur les femmes et les filles
Les femmes portent un fardeau disproportionné dans ce contexte. Confrontées à des restrictions d’accès à l’emploi et à l’éducation, elles se retrouvent souvent sans ressources propres pour affronter la faim. Dans les foyers les plus modestes, l’aide alimentaire réduite accentue les choix impossibles : nourrir les enfants au détriment de soi-même.
Une hausse dramatique des cas de malnutrition chez les femmes enceintes et allaitantes a surpris même les observateurs les plus aguerris. Ces femmes marchent parfois des heures pour atteindre un centre de soins, seulement pour apprendre que les stocks sont épuisés. Le désespoir s’installe, avec des conséquences tragiques : mariages précoces pour les filles, retrait des enfants de l’école pour qu’ils travaillent, et dans les cas les plus extrêmes, des pensées suicidaires exprimées par des mères à bout de forces.
La communauté internationale avait promis un soutien inconditionnel aux femmes afghanes après les changements politiques de 2021. Pourtant, les coupes budgétaires successives donnent l’impression d’un abandon progressif. Ces promesses non tenues résonnent comme une trahison pour celles qui voient leurs enfants dépérir sous leurs yeux.
C’est déchirant. La communauté internationale a promis un soutien sans faille à ces femmes après la prise de pouvoir en 2021 et ces femmes voient mourir de faim leur enfant.
Ces mots traduisent une douleur profonde et un sentiment d’impuissance face à une situation qui empire malgré les alertes répétées.
La baisse drastique des financements internationaux
Les contributions financières ont connu une chute libre ces dernières années. Après une générosité notable en 2021 et 2022, les dons se sont taris progressivement. En 2024, le principal acteur humanitaire sur place a reçu environ 600 millions de dollars. En 2025, ce montant a été divisé par deux, avec des conséquences directes sur le terrain.
Des cliniques de traitement ferment leurs portes faute de moyens. Des enfants et des femmes se voient refuser l’aide vitale dont ils ont besoin. La mortalité infantile liée à la malnutrition, déjà élevée, risque d’exploser si les financements ne sont pas rétablis rapidement. Chaque dollar coupé se traduit par des vies mises en danger.
Les familles modestes, qui dépendaient de cette assistance pour survivre, se retrouvent livrées à elles-mêmes. Les efforts pour maintenir des programmes de nutrition préventive et curative s’effritent, laissant place à une aggravation générale de la situation.
Les facteurs aggravants de la crise
Plusieurs éléments se combinent pour rendre la situation explosive. Les restrictions imposées aux femmes limitent leur capacité à générer des revenus ou à accéder à des formations. L’insécurité alimentaire chronique, accentuée par des chocs climatiques et des déplacements massifs, prive les populations de sources de nourriture diversifiées et nutritives.
Les retours forcés de migrants depuis les pays voisins ajoutent une pression supplémentaire sur des ressources déjà épuisées. Ces personnes arrivent souvent dans un état de santé précaire, augmentant la demande en soins nutritionnels sans que l’offre suive.
- Insécurité alimentaire persistante
- Restrictions socio-économiques sur les femmes
- Réduction des aides humanitaires
- Chocs climatiques et catastrophes naturelles
- Déplacements et retours massifs de populations
Ces facteurs interconnectés créent un environnement où la malnutrition s’installe durablement et touche particulièrement les groupes les plus vulnérables.
Les conséquences à long terme pour la société afghane
Au-delà des drames immédiats, les impacts se feront sentir pendant des décennies. Un enfant malnutri risque de voir ses capacités intellectuelles diminuées, ce qui entrave son apprentissage et ses perspectives professionnelles futures. Une nation entière pourrait se retrouver amputée d’une partie de son potentiel humain.
Les femmes, en première ligne de cette crise, voient leur santé reproductive compromise, avec des risques accrus pour les grossesses futures et une mortalité maternelle en hausse potentielle. Les filles, mariées précocement pour soulager les familles, perdent leur chance d’éducation et perpétuent les cycles de pauvreté et de vulnérabilité.
La perte de confiance envers la communauté internationale ajoute une couche de désillusion. Les promesses non tenues renforcent le sentiment d’isolement et compliquent les efforts de stabilisation à long terme.
Un appel à ne pas abandonner les plus vulnérables
Face à cette tragédie humaine, l’urgence est de taille. Il faut relancer les financements pour permettre la reprise des programmes de nutrition, la réouverture des centres de soins et la distribution d’aliments thérapeutiques. Sans action concertée, les projections les plus sombres deviendront réalité.
Les enfants et les femmes afghans ne méritent pas cet abandon. Leur survie et leur dignité dépendent de la capacité du monde à se mobiliser à nouveau. Chaque jour compte pour inverser la tendance et offrir une chance à cette génération menacée.
La malnutrition en Afghanistan n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix collectifs, et il est encore temps de les corriger. Protéger les plus fragiles n’est pas une option, c’est une obligation morale et humaine.
Points clés à retenir :
Près de 5 millions de femmes et enfants en danger de malnutrition aiguë dans l’année à venir.
4 millions d’enfants nécessitant un traitement urgent.
Hausse dramatique de la malnutrition chez les femmes enceintes et allaitantes.
Coupes budgétaires massives entraînant fermetures de cliniques et refus d’aide.
Risques irréversibles sur le développement des enfants et l’avenir du pays.
Cette crise appelle à une prise de conscience collective. L’Afghanistan ne peut pas être laissé seul face à ce fléau. Les voix des mères désespérées, des enfants affaiblis, doivent résonner jusqu’aux décideurs internationaux. Il est temps d’agir, avant que les pertes ne deviennent irrémédiables.









