Imaginez-vous sur un plateau télévisé, lumière crue, micros tendus, des millions de téléspectateurs potentiels derrière l’écran… et soudain, votre cerveau fait un court-circuit monumental. C’est exactement ce qui est arrivé à Emmanuel Grégoire ce 11 février 2026, lors de son passage dans l’émission matinale d’une grande chaîne d’information continue. Un simple prénom, deux syllabes, et tout l’entretien bascule dans un malaise palpable, presque comique s’il n’était pas aussi gênant pour le principal intéressé.
Le député parisien, en pleine campagne pour les prochaines élections municipales, s’exprimait sur des sujets aussi sérieux que sensibles : les ramifications françaises de l’un des plus grands scandales judiciaires et sexuels de ces dernières décennies, sa rupture consommée avec l’édile sortante, et ses propositions concrètes pour sécuriser les temps périscolaires. Tout se déroulait plutôt bien, jusqu’à cette question fatidique qui a fait dérailler le direct.
Un quiproquo qui restera dans les annales télévisuelles
La journaliste pose la question sans détour : le candidat a-t-il déjà rencontré l’homme au cœur du dossier qui fait trembler plusieurs sphères du pouvoir depuis des années ? Emmanuel Grégoire répond avec assurance, presque naturellement. Il explique avoir « croisé à de nombreuses reprises » cette personnalité, qu’il ne connaissait « pas très bien », mais qu’il situait clairement dans « la vie politique ». Les téléspectateurs attentifs ont alors senti l’atmosphère se charger d’électricité.
Car la personnalité en question n’est autre que Jeffrey Epstein, le financier américain accusé d’un vaste réseau de trafic sexuel impliquant des mineurs, mort en prison en 2019 dans des circonstances toujours sujettes à débat. Sauf que, dans l’esprit du député à cet instant précis, on parlait visiblement d’une toute autre figure : Jack Lang, ancien ministre français de la Culture, également mentionné dans certains documents liés à l’affaire.
Le moment où tout bascule en direct
Les journalistes reprennent immédiatement le nom « Epstein » pour dissiper le doute. Peine perdue : Emmanuel Grégoire enfonce le clou en précisant qu’il était « ministre quand il était à la crèche ». Phrase surréaliste qui achève de faire monter la gêne collective. Quelques secondes plus tard, après plusieurs rappels insistants du nom exact, le candidat finit par réaliser son erreur monumentale.
Il corrige alors en riant jaune : il pensait qu’on évoquait Jack Lang. Il martèle ensuite qu’il n’a « jamais vu », « ne connaît pas du tout » le milliardaire américain décédé. Trop tard. Le mal est fait. Le lapsus, ou plutôt le quiproquo intégral, est déjà gravé dans les mémoires numériques et les captures d’écran des téléspectateurs.
« Je pensais que vous parliez de… »
Emmanuel Grégoire, réalisant son erreur en direct
Cette petite phrase anodine est devenue le symbole d’un moment de télévision rare : celui où un politique, habituellement rompu à l’exercice médiatique, perd complètement le fil et projette sur un nom sulfureux l’image d’une personnalité bien plus consensuelle du paysage hexagonal.
Avant le dérapage : un entretien sérieux sur des sujets clivants
Avant ce moment kafkaïen, l’entretien avait pourtant pris une tournure classique et plutôt maîtrisée. Emmanuel Grégoire était venu défendre plusieurs positions claires. D’abord, il s’était dit très favorable à la création d’une commission d’enquête parlementaire chargée d’explorer les ramifications françaises du scandale Epstein. Une position qui, en théorie, aurait dû le placer du côté des demandeurs de transparence.
Il avait ensuite abordé sa relation compliquée avec la maire sortante. Il accuse celle-ci d’avoir « tout fait pour torpiller » sa propre candidature à l’investiture pour les municipales. Il précise qu’il n’est « ni son candidat, ni son héritier », marquant ainsi une rupture nette avec le bilan de ces dernières années. Il n’épargne pas non plus certaines attaques internes, pointant du doigt la violence particulière de certains concurrents situés plus à gauche dans l’échiquier parisien.
Ses propositions concrètes sur le périscolaire
Le candidat a également développé un axe fort de sa campagne : la sécurisation des temps périscolaires et extrascolaires. Face aux violences physiques et verbales qui peuvent survenir dans ces moments moins encadrés que les heures de classe classiques, il propose plusieurs mesures :
- Renforcer les équipes éducatives avec des contrats plus stables
- Augmenter le nombre de professionnels formés spécifiquement à la gestion des conflits et à la protection de l’enfance
- Instaurer une vigilance accrue dans les milieux scolaires, associatifs et sportifs
- Ne pas nier la part de responsabilité collective quand des dysfonctionnements graves sont révélés
Il résume sa philosophie en une formule choc : « On part du principe qu’on aime tous les enfants, mais ce n’est pas vrai. » Une phrase qui vise à rappeler que la bienveillance ne suffit pas toujours et que des garde-fous structurels sont indispensables.
Pourquoi ce lapsus prend une telle ampleur ?
Dans un contexte où chaque mot prononcé par un candidat est scruté, disséqué, monté en boucle sur les réseaux sociaux, un tel dérapage devient rapidement viral. D’autant que le sujet Epstein reste extrêmement sensible. Toute approximation, même involontaire, peut être interprétée comme une tentative de minimisation ou de confusion volontaire.
Le fait que Jack Lang ait été cité dans certains documents liés à l’affaire n’arrange rien : le mélange des deux noms dans l’esprit du candidat donne l’impression d’une porosité problématique entre différents cercles de pouvoir. Même si Emmanuel Grégoire a immédiatement démenti toute proximité avec Epstein, le doute s’installe chez certains observateurs.
Pour les équipes de campagne, c’est un cauchemar : alors que le message portait sur la transparence, la rupture avec l’ancienne majorité et la protection des plus jeunes, c’est l’image d’un homme qui confond un criminel présumé avec un ancien ministre qui reste.
La campagne parisienne à un tournant délicat
Les municipales approchent et la bataille à gauche s’annonce particulièrement rude. Sans le soutien clair de la maire sortante, sans l’appui logistique d’une machine bien huilée, Emmanuel Grégoire doit compter sur sa stature de député et sur sa capacité à incarner une alternative crédible.
Mais chaque apparition médiatique est un exercice à haut risque. Une bonne prestation peut faire monter les intentions de vote de quelques points ; un mauvais moment, lui, peut ruiner des semaines d’efforts en quelques secondes. Ce 11 février 2026 restera sans doute comme l’un des pires passages télévisés du candidat.
Pourtant, au-delà du buzz négatif immédiat, certains observateurs estiment que l’erreur pourrait finir par s’estomper si le député parvient à enchaîner les propositions concrètes et à occuper l’espace médiatique avec des sujets de fond. Reste à savoir si les électeurs retiendront le sérieux du programme ou le fou rire nerveux qui a suivi le lapsus.
Que retenir de cette séquence ?
Ce type d’incident rappelle une réalité implacable du journalisme politique contemporain : l’attention se porte davantage sur les dérapages que sur les programmes. Un mot mal choisi, une confusion improbable, et c’est tout le reste qui passe au second plan.
Emmanuel Grégoire sait désormais qu’il devra redoubler de vigilance. Car si les électeurs parisiens sont habitués aux petites phrases et aux polémiques, ils n’oublient jamais totalement les moments où un responsable politique semble perdre pied en direct.
En attendant, le principal intéressé a sans doute passé la journée à répondre aux SMS et appels de journalistes, de soutiens inquiets et d’adversaires ravis. Une journée qui aura commencé par un simple entretien matinal et qui s’est terminée en trending topic national. Bienvenue dans la politique à l’ère des réseaux sociaux et des directs non-stop.
Ce quiproquo, aussi gênant soit-il, pourrait paradoxalement servir de leçon : même les plus expérimentés peuvent trébucher sur un détail. Et quand le détail s’appelle Jeffrey Epstein, le trébuchement prend des proportions nationales.
La séquence complète est déjà devenue un classique des « moments gênants en direct ». Elle continuera probablement de circuler pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, chaque fois qu’un politique se retrouvera interrogé sur des dossiers sensibles. Une piqûre de rappel : en politique comme à la télévision, il n’y a pas de petite confusion.
Les leçons à tirer de ce moment TV
- Préparer mentalement les noms les plus sensibles avant chaque entretien
- Anticiper les questions qui peuvent prêter à confusion
- Garder son sang-froid même quand le malaise monte
- Ne jamais répondre trop vite sur des sujets explosifs
- Accepter que le buzz négatif fasse partie du jeu médiatique moderne
Emmanuel Grégoire a survécu à bien d’autres polémiques par le passé. Reste à savoir s’il parviendra à transformer cet énorme quiproquo en simple anecdote de campagne… ou si l’histoire retiendra surtout qu’un matin de février 2026, un candidat à la mairie de Paris a cru pouvoir dire qu’il avait « croisé à de nombreuses reprises » Jeffrey Epstein.
Le chemin vers la mairie est encore long. Mais ce 11 février restera, quoi qu’il arrive, une date marquante dans le parcours politique du député parisien.









