InternationalPolitique

Macron et Modi : Rafale et Alliance Stratégique Face au Chaos Mondial

Alors que le monde vacille sous les pressions protectionnistes américaines, Emmanuel Macron et Narendra Modi s'apprêtent à signer un contrat historique pour 114 Rafale. Une alliance qui défie les grandes puissances... mais jusqu'où ira vraiment cette entente ?

Dans un monde où les certitudes vacillent, où les grandes puissances se livrent une guerre économique larvée et où les alliances se recomposent à toute vitesse, deux dirigeants ont décidé d’afficher leur complicité. Emmanuel Macron et Narendra Modi s’apprêtent à écrire une nouvelle page de leur relation bilatérale, dans un contexte international particulièrement turbulent. Leur rencontre, prévue sur trois jours entre Bombay et New Delhi, promet d’être bien plus qu’une simple visite diplomatique.

Entre le fracas des déclarations protectionnistes venues d’outre-Atlantique et les bouleversements géopolitiques permanents, cette visite intervient à un moment charnière. Les deux pays partagent une vision commune : celle d’une autonomie stratégique renforcée, loin de toute dépendance excessive envers Washington ou Pékin. Et pour matérialiser cette ambition, un dossier majeur plane au-dessus des discussions : la commande massive de chasseurs Rafale.

Un contrat historique qui marque les esprits

Le chiffre donne le vertige : 114 chasseurs Rafale. Ce serait tout simplement le plus gros contrat jamais signé par Dassault Aviation à l’export. Après les 36 appareils déjà livrés à l’armée de l’air indienne et les 26 destinés à la marine, cette nouvelle commande viendrait porter le total à une flotte impressionnante. Le ministère indien de la Défense a récemment donné son accord préalable, qualifié de « jalon très important » par la présidence française.

Les négociations se poursuivent, mais l’optimisme domine. Ce contrat ne représente pas seulement des milliards d’euros – environ 30 milliards selon les estimations – mais aussi un signal fort envoyé au reste du monde. Dans un contexte où l’Inde subit de fortes pressions pour réduire ses achats de pétrole russe, choisir un partenaire européen plutôt que de se plier aux injonctions américaines constitue un acte politique majeur.

Pourquoi ce Rafale supplémentaire change la donne

Pour New Delhi, diversifier ses fournisseurs d’armement est une priorité stratégique depuis de nombreuses années. Longtemps dépendante de la Russie pour l’essentiel de son matériel militaire, l’Inde a progressivement ouvert son marché à d’autres partenaires. La France a su se positionner comme un allié fiable, proposant non seulement des équipements performants mais aussi un transfert de technologie conséquent et une réelle indépendance dans l’utilisation des matériels.

Le Rafale, avion multirôle de dernière génération, répond parfaitement aux besoins indiens : supériorité aérienne, frappes au sol, reconnaissance, missions antinavires… Sa polyvalence en fait un atout majeur dans une région où les tensions restent vives. Ajouter plus d’une centaine d’appareils supplémentaires permettrait à l’Inde de moderniser durablement ses forces aériennes tout en envoyant un message clair : le pays n’entend pas se laisser dicter ses choix stratégiques.

« L’Inde vient de prendre un tel camouflet de la part des Américains que toutes les puissances, même moyennes, qui peuvent lui permettre de montrer qu’elle a des alternatives sont les bienvenues. »

Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit actuel à New Delhi. Les sanctions américaines, les pressions sur le pétrole russe, les menaces tarifaires… tout cela pousse l’Inde à chercher des partenaires capables de lui offrir une marge de manœuvre réelle.

Une coopération qui s’étend bien au-delà du militaire

Si le Rafale constitue le point d’orgue de la visite, il ne résume pas à lui seul la profondeur du partenariat franco-indien. Les deux pays multiplient les projets communs dans des domaines très divers. Lors de cette visite, les deux dirigeants doivent inaugurer à distance une nouvelle chaîne d’assemblage d’hélicoptères Airbus H125 à Bangalore. Ce type d’initiative ancre la relation dans le concret et prépare l’avenir.

La France voit dans l’Inde un marché considérable pour ses entreprises. Avec une population qui en fait le pays le plus peuplé de la planète et une croissance économique soutenue, New Delhi attire de plus en plus les investisseurs européens. Le commerce bilatéral, actuellement autour de 15 milliards d’euros, présente selon les autorités françaises un potentiel inexploité très important.

  • Secteur de l’énergie avec EDF
  • Infrastructures et logistique avec CMA CGM
  • Aéronautique et défense avec Safran, Dassault et Naval Group
  • Électricité et automatismes avec Schneider Electric
  • Intelligence artificielle avec des startups comme Owkin et H.

Une centaine de chefs d’entreprise français accompagnent le président lors de ce déplacement, signe que l’aspect économique est pris très au sérieux des deux côtés.

Intelligence artificielle : le nouveau terrain de jeu commun

Jeudi, Emmanuel Macron et Narendra Modi donneront le coup d’envoi d’un sommet consacré à l’intelligence artificielle à New Delhi. Cette initiative fait suite au sommet organisé à Paris en février 2025. L’objectif affiché est clair : ne pas laisser le champ libre aux seuls États-Unis et à la Chine dans un domaine qui va façonner le XXIe siècle.

Les deux pays souhaitent promouvoir une approche équilibrée de l’IA, fondée sur des valeurs démocratiques et éthiques, tout en favorisant l’innovation et la coopération internationale. Ce sommet doit permettre d’esquisser les contours d’une gouvernance mondiale de l’IA qui ne soit pas monopolisée par les deux superpuissances technologiques actuelles.

G7 et BRICS : quand le multilatéralisme se joue à deux

Cette année, la France préside le G7 tandis que l’Inde occupe la tête du groupe des BRICS. Deux enceintes très différentes, mais qui illustrent toutes deux l’importance croissante du multilatéralisme dans un monde qui tend vers le repli sur soi. Les deux dirigeants entendent utiliser ces présidences pour défendre une vision commune : celle d’un ordre international fondé sur des règles, mais aussi sur la reconnaissance des aspirations des pays du Sud.

Face aux remises en cause brutales du système multilatéral venues de Washington, Paris et New Delhi veulent montrer qu’il existe encore des acteurs capables de porter haut les valeurs de coopération et de dialogue.

Une relation personnelle au service de la diplomatie

Au-delà des dossiers concrets, il existe entre Emmanuel Macron et Narendra Modi une véritable alchimie personnelle. Le président français avait convié son homologue indien au défilé du 14 juillet 2023 sur les Champs-Élysées. Six mois plus tard, Modi lui rendait la pareille en lui réservant un accueil exceptionnel lors de la fête nationale indienne.

Cette complicité, qui peut surprendre vu les différences de style et de parcours entre les deux hommes, constitue un atout précieux dans les négociations internationales. Elle permet de débloquer des dossiers complexes et de maintenir un dialogue franc même sur les sujets qui fâchent.

Le dossier ukrainien : la principale pomme de discorde

Il existe toutefois un sujet sur lequel les positions divergent nettement : la guerre en Ukraine. L’Inde n’a jamais condamné l’invasion russe et continue de maintenir des relations économiques étroites avec Moscou, notamment via les achats massifs de pétrole. Cette position suscite des interrogations en Occident, y compris en France.

Cependant, les experts soulignent que si New Delhi réduisait ses importations de brut russe sous la pression américaine, cela pourrait changer la donne. Dans ce cas, l’abstention indienne aux Nations unies sur les résolutions concernant l’Ukraine serait beaucoup moins critiquée.

Une diversification nécessaire pour les deux pays

Pour la France, l’Inde représente une opportunité majeure de diversification économique. Les entreprises tricolores, longtemps très exposées à la fois sur la Chine et sur les États-Unis, cherchent désormais des marchés alternatifs dynamiques. Avec son milliard et demi d’habitants, sa classe moyenne en expansion rapide et son ambition de devenir la troisième économie mondiale, l’Inde coche toutes les cases.

De son côté, New Delhi voit dans Paris un partenaire qui ne cherche pas à lui imposer de conditions politiques excessives, contrairement à d’autres capitales. Cette relation équilibrée, fondée sur le respect mutuel et des intérêts convergents, explique en grande partie la solidité du lien franco-indien.

Vers un partenariat d’avenir ?

Alors que le monde entre dans une période d’incertitudes majeures, la relation entre la France et l’Inde apparaît comme un îlot de stabilité et d’ambition partagée. Le contrat Rafale, s’il se concrétise, marquera un tournant. Mais au-delà des avions de combat, c’est toute une vision du monde qui se dessine : celle de puissances moyennes qui refusent de choisir leur camp et entendent peser de tout leur poids dans les affaires internationales.

Les prochains jours seront décisifs. Les annonces qui seront faites à Bombay et à New Delhi pourraient bien redessiner les équilibres stratégiques en Asie et au-delà. Une chose est sûre : dans le grand désordre mondial actuel, l’axe Paris-New Delhi gagne en puissance et en visibilité. Et cela pourrait bien changer la donne pour longtemps.

La suite de cette visite officielle révélera si cette entente affichée se traduira par des avancées concrètes et durables. Une chose est certaine : les regards du monde entier seront tournés vers ces deux capitales dans les jours qui viennent.

Points clés à retenir

  • Commande potentielle de 114 Rafale pour environ 30 milliards d’euros
  • Inauguration d’une chaîne d’assemblage Airbus H125 à Bangalore
  • Sommet IA conjoint à New Delhi après celui de Paris
  • Commerce bilatéral à 15 milliards d’euros avec fort potentiel de croissance
  • Présidences simultanées du G7 (France) et des BRICS (Inde)
  • Relation personnelle forte entre les deux dirigeants

Ce partenariat, construit patiemment depuis plusieurs années, semble aujourd’hui atteindre une nouvelle dimension. Reste à savoir si cette dynamique résistera aux tempêtes géopolitiques qui s’annoncent. Une certitude : la France et l’Inde ont bien l’intention de peser ensemble dans le concert des nations.

À suivre donc, avec la plus grande attention, les annonces officielles des prochains jours. Elles pourraient bien marquer un tournant dans les relations internationales du XXIe siècle.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.