Un partenariat stratégique qui s’intensifie
Dans un monde marqué par l’instabilité, la France et l’Inde renforcent leurs liens sur plusieurs fronts. La défense occupe une place centrale, mais l’intelligence artificielle, l’économie et les échanges commerciaux ne sont pas en reste. Cette visite symbolise une volonté commune de diversification et d’autonomie face aux incertitudes internationales.
Le chef de l’État français a lui-même partagé son enthousiasme sur les réseaux sociaux, évoquant trois jours intenses de Bombay à New Delhi pour approfondir ce partenariat. Les attentes sont élevées, avec des annonces attendues dans de multiples domaines.
Le Rafale au cœur des discussions
Le dossier qui attire tous les regards concerne les chasseurs Rafale. L’Inde a récemment confirmé son intention de commander 114 exemplaires supplémentaires pour son armée de l’air. Ce contrat, estimé à environ 30 milliards d’euros, est qualifié de « contrat du siècle » par des observateurs spécialisés.
Pour rappel, New Delhi avait déjà acquis 36 Rafale pour son armée de l’air en 2016, puis 26 pour sa marine en 2025. L’intérêt pour 31 Rafale Marine additionnels a également été manifesté. Ces nouveaux appareils devraient en grande partie être fabriqués localement, renforçant ainsi la coopération industrielle entre les deux nations.
114 Rafale, 30 milliards d’euros, c’est le contrat du siècle ! Une forme d’apothéose !
Cette citation d’un expert en relations indo-françaises illustre parfaitement l’ampleur de l’enjeu. Les négociations avec le constructeur Dassault se poursuivent, mais l’optimisme règne du côté français, qui parle déjà d’un accord historique imminent.
Ce méga-contrat s’inscrit dans une stratégie indienne de modernisation de ses forces aériennes, face à des défis régionaux croissants. Pour la France, il consolide la position du Rafale sur la scène internationale, où près de 300 exemplaires ont déjà été exportés. Les détails techniques du Rafale, comme sa polyvalence en missions air-air et air-sol, en font un atout majeur pour l’Inde.
La fabrication locale représente un enjeu clé. Une partie significative des appareils sera assemblée en Inde, favorisant le transfert de technologies et le développement d’une industrie de défense autonome. Cela s’aligne avec la politique « Make in India » promue par New Delhi.
Diversification économique et industrielle
Au-delà de la défense, la visite met l’accent sur la diversification des partenariats. L’Inde, pays le plus peuplé au monde avec 1,4 milliard d’habitants, s’apprête à devenir la quatrième économie mondiale. Les échanges bilatéraux franco-indiens avoisinent les 15 milliards d’euros, principalement dans l’aéronautique et la défense.
Les investissements directs français en Inde atteignent près de 13 milliards d’euros. Quatre ministres accompagnent le président, dont ceux des Armées et de l’Économie, ainsi qu’une centaine de dirigeants d’entreprises, des grands groupes aux startups.
Mardi, une inauguration symbolique aura lieu : en visioconférence depuis Bombay, les dirigeants inaugureront une chaîne d’assemblage d’hélicoptères civils et militaires Airbus H125 près de Bangalore. Ce projet illustre l’engagement pour une production locale et un transfert de technologie.
Cette initiative renforce la présence française dans le secteur civil et militaire. Les hélicoptères H125, polyvalents et fiables, servent à la formation et aux missions variées. Leur assemblage en Inde crée des emplois et développe des compétences locales.
L’intelligence artificielle, nouveau terrain de coopération
L’IA figure en bonne place au programme. Emmanuel Macron inaugurera le Centre franco-indien de l’IA en santé globale à New Delhi, avant d’ouvrir jeudi un sommet dédié à cette technologie aux côtés de Narendra Modi.
Des annonces sont attendues dans la santé, l’agriculture et l’IA. Une startup française spécialisée dans l’IA pour les hôpitaux révélera des partenariats concrets. Paris ambitionne de renforcer sa présence dans ce secteur stratégique avec New Delhi.
Ce sommet sur l’IA s’inscrit dans une série d’échanges récurrents entre les deux pays. Les relations personnelles entre les dirigeants facilitent ces avancées, marquées par des invitations mutuelles prestigieuses ces dernières années.
L’IA en santé globale peut transformer les systèmes de soins en Inde, pays aux défis démographiques immenses. Des outils de diagnostic assistés par IA, de télémédecine et de gestion des données pourraient sauver des vies et optimiser les ressources.
Une relation personnelle au beau fixe
Depuis 2017, Emmanuel Macron et Narendra Modi entretiennent une alchimie particulière. Invitations au défilé du 14 juillet, accueil lors du Republic Day indien, visites réciproques : les gestes symboliques se multiplient.
Cette proximité personnelle aide à surmonter les divergences, notamment sur la question ukrainienne. L’Inde n’a pas condamné l’invasion russe en 2022, mais les deux capitales préfèrent se concentrer sur les domaines de convergence.
Dans un contexte de tensions commerciales mondiales et de montée en puissance chinoise, ce partenariat offre une alternative solide. La France cherche à diversifier ses alliances, tandis que l’Inde vise l’autonomie stratégique.
Les enjeux globaux et perspectives futures
Cette visite se déroule sur fond de désordre mondial. Les incertitudes liées aux politiques commerciales internationales renforcent l’intérêt pour des partenariats stables comme celui franco-indien.
Le marché indien, dominé par Airbus dans l’aviation civile, offre d’autres opportunités. Les secteurs de la santé, de l’agriculture et des technologies émergentes promettent des collaborations fructueuses.
Avec une délégation impressionnante, incluant patrons de grandes entreprises et de startups innovantes, ce déplacement vise à multiplier les contrats et les investissements. L’objectif : consolider une relation gagnant-gagnant sur le long terme.
En développant ces thèmes, on mesure l’ampleur des enjeux. Le Rafale n’est pas seulement un avion ; c’est un vecteur de souveraineté technologique. L’IA n’est pas qu’une mode ; c’est l’avenir des économies. Cette visite pourrait redessiner les équilibres en Asie et au-delà.
Les mois à venir seront décisifs pour finaliser les accords. Les deux pays ont tout intérêt à accélérer, dans un monde où la vitesse compte autant que la force.









