Une candidature africaine pour l’ONU : Macky Sall en lice
Imaginez un instant : un leader africain, après douze années à la tête de son pays, aspire désormais à diriger l’organisation qui représente l’humanité entière. C’est précisément ce qui se joue aujourd’hui avec la nomination de Macky Sall. Cette démarche n’est pas anodine. Elle reflète les ambitions croissantes du continent à occuper des positions de pouvoir au sein des institutions multilatérales.
Le processus de sélection du secrétaire général de l’ONU suit des règles bien précises. Chaque candidat doit être proposé par au moins un État membre. Contrairement à une idée répandue, il n’est pas obligatoire que ce soit le pays d’origine qui présente la candidature. C’est donc le Burundi qui a franchi le pas, en transmettant officiellement les documents ce matin-là. Une source proche de l’ancien président sénégalais explique ce choix par l’importance d’une approche continentale.
Durant son mandat à la tête de l’Union africaine entre février 2022 et février 2023, Macky Sall s’est attaché à porter haut la voix de l’Afrique. Il a multiplié les interventions pour défendre les intérêts du continent sur la scène internationale, notamment en matière de sécurité alimentaire, de climat et de réforme des institutions financières mondiales. Ce parcours international constitue un atout majeur pour sa candidature actuelle.
La lettre envoyée par l’ONU aux États membres en novembre dernier a ouvert la période des propositions. Le mandat du prochain secrétaire général débutera le 1er janvier 2027, pour une durée de cinq ans renouvelable une fois. Le timing est donc crucial : les discussions sérieuses au sein du Conseil de sécurité doivent démarrer d’ici la fin juillet.
Le contexte de la nomination burundaise
Pourquoi le Burundi ? La réponse réside en partie dans la présidence actuelle de l’Union africaine par ce pays d’Afrique de l’Est. En tant que président en exercice de l’UA, le chef de l’État burundais porte une voix collective. Cette nomination symbolise un soutien africain plus large, même si elle n’émane pas directement du Sénégal. Elle souligne aussi la volonté de promouvoir des figures ayant déjà exercé une influence au niveau continental.
Les autres candidats en présence
Avant cette annonce, deux candidatures officielles étaient déjà connues. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet figure parmi les noms les plus en vue. Elle apporte une expérience solide en droits humains et en gouvernance. Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, représente une autre option, avec un profil technique pointu sur les questions de non-prolifération nucléaire et d’énergie.
Le Costa Rica a également soumis le nom de son ancienne vice-présidente Rebeca Grynspan, bien que cette candidature ne soit pas encore pleinement officielle. Ces profils illustrent la diversité des parcours envisagés pour diriger l’ONU. Chacun apporte des compétences spécifiques, des expertises régionales et des visions différentes pour l’avenir de l’organisation.
La présidente de l’Assemblée générale a reçu une nouvelle nomination. Il s’agit de Macky Sall, ancien président du Sénégal. Il a été nommé par la république du Burundi qui a présenté les documents ce matin.
Porte-parole de l’Assemblée générale de l’ONU
Les enjeux géopolitiques et la tradition de rotation
Une tradition non écrite guide souvent le choix du secrétaire général : la rotation géographique. Après l’Europe de l’Est avec les mandats précédents, puis l’Europe occidentale avec António Guterres, de nombreux États estiment que c’est au tour de l’Amérique latine. Cette attente crée une pression supplémentaire sur les candidatures africaines ou autres.
Parallèlement, un mouvement croissant plaide pour qu’une femme accède enfin à ce poste. Aucune femme n’a jamais occupé la fonction suprême de l’ONU depuis sa création en 1945. Michelle Bachelet incarne cette aspiration, mais d’autres profils féminins pourraient émerger. La candidature de Macky Sall s’inscrit donc dans un contexte où les équilibres régionaux et de genre pèsent lourd.
Le véritable pouvoir décisionnel repose entre les mains des cinq membres permanents du Conseil de sécurité : États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France. Chacun dispose d’un droit de veto. Sans leur accord, aucune recommandation ne peut être faite à l’Assemblée générale, qui procède ensuite à l’élection formelle. Cette réalité rend le processus hautement politique.
Le parcours de Macky Sall : de Dakar à l’arène internationale
Macky Sall a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024. Durant ces douze années, il a mené des réformes économiques importantes, investi dans les infrastructures et renforcé la position du pays sur la scène régionale. Son mandat a également été marqué par des défis, notamment en matière de gouvernance et de transparence économique.
À l’international, il s’est distingué par son engagement pour l’Afrique. En tant que président de l’Union africaine, il a défendu des positions fermes sur la dette, le changement climatique et la représentation équitable dans les instances mondiales. Ces combats pourraient résonner favorablement auprès des pays du Sud global.
Les controverses au Sénégal et leurs implications
La candidature de Macky Sall intervient dans un contexte politique tendu au Sénégal. Les nouveaux dirigeants, arrivés au pouvoir en mars 2024, ont promis de rendre des comptes sur la gestion passée. Ils accusent l’ancien régime d’avoir dissimulé des données économiques sensibles, notamment sur la dette publique.
Ces allégations concernent un pays confronté à des difficultés économiques structurelles. La transparence financière et la bonne gouvernance font partie des priorités affichées par l’équipe actuelle. Bien que ces débats restent internes au Sénégal, ils pourraient influencer la perception internationale de la candidature.
Il est important de noter que la candidature n’a pas été présentée par le Sénégal lui-même. Cela évite un soutien officiel de l’État actuel, mais souligne aussi une dynamique continentale plutôt que nationale. Le Burundi agit ici comme un relais pour une vision africaine unie.
Les défis à venir pour Macky Sall
La route vers le poste de secrétaire général est semée d’embûches. Outre le veto potentiel des grandes puissances, la concurrence reste rude. Les profils latino-américains pourraient bénéficier d’un avantage régional. De plus, la pression pour une première femme secrétaire générale pourrait détourner des voix.
Macky Sall devra mobiliser un large soutien africain pour peser dans les négociations. Son expérience à la tête de l’UA lui donne une légitimité, mais il faudra transformer cela en consensus au sein du Conseil de sécurité. Les prochains mois seront décisifs pour observer les alliances qui se forment.
Perspectives pour l’ONU de demain
Quel que soit le vainqueur, le prochain secrétaire général héritera d’un monde en pleine mutation. Crises climatiques, conflits armés, inégalités croissantes, pandémies potentielles : les défis sont immenses. Un leader issu d’Afrique pourrait apporter une sensibilité particulière aux préoccupations des pays en développement.
La candidature de Macky Sall illustre cette aspiration. Elle rappelle que l’ONU doit évoluer pour rester pertinente. Les voix du Sud global gagnent en force, et cette dynamique pourrait influencer les choix futurs.
Pour l’instant, l’ancien président sénégalais entre dans une phase d’observation et de lobbying discret. Les capitales suivent attentivement les mouvements. L’issue reste incertaine, mais l’annonce burundaise a déjà changé la donne.
Ce développement ouvre un chapitre passionnant dans l’histoire des Nations unies. Il met en lumière les ambitions africaines et les complexités de la diplomatie mondiale. Restez attentifs : les prochains mois révéleront si cette candidature portera ses fruits ou restera un symbole fort.









