Alors que le monde commémore les 20 ans du tsunami dévastateur de l’océan Indien, l’Unesco rappelle que la menace plane toujours, y compris en Méditerranée. Lors d’une présentation à Cannes, l’organisation a détaillé son programme de protection qui s’étend désormais aux côtes méditerranéennes, où un raz de marée est jugé probable dans les 30 prochaines années.
Un réseau d’alerte international, mais des populations mal préparées
L’Unesco dispose aujourd’hui d’une dizaine de centres d’alerte aux tsunamis répartis dans le monde, dont le Cenalt en région parisienne. Mais comme le souligne Bernardo Aliaga, responsable du programme tsunamis, « une alerte idéale ne sert à rien si les gens ne savent pas quoi faire ». Si les populations des territoires d’Outremer, souvent touchées par ces phénomènes, sont sensibilisées, ce n’est pas le cas en métropole.
La Côte d’Azur en première ligne
Selon un rapport datant déjà de 10 ans, la probabilité d’un tsunami en Méditerranée est forte dans les 30 prochaines années, à l’image de celui qui a ravagé le détroit de Messine en Italie en 1908. Sur la Côte d’Azur, les villes comme Cannes, Nice ou Marseille cherchent à s’y préparer, mais se concentrent encore principalement sur les risques d’inondations.
Ce ne sera pas un mur d’eau, plutôt une marée très rapide aux courants si forts que 30 ou 50 cm d’eau peuvent être mortels.
Un expert de l’Unesco
Le temps pour se mettre à l’abri sera compté : environ 1 heure si un séisme survient au large de l’Algérie, mais moins de 10 minutes en cas de tremblement de terre le long de la faille ligure. Les villes doivent donc se préparer en amont.
Cannes, élève modèle en matière de préparation
La ville de Cannes fait figure de bon élève. Elle a mis en place un protocole complet :
- Diffusion de messages d’alerte en français et anglais via ses 383 haut-parleurs
- Sensibilisation dans les écoles et auprès des personnes âgées
- Signalisation spécifique indiquant les refuges à proximité (lieux en hauteur ou éloignés de la côte)
Ces efforts ont permis à Cannes de décrocher en janvier le label « Tsunami Ready » de l’Unesco, une première en France. Nice et Marseille travaillent également en ce sens.
Une course contre la montre
Malgré ces avancées, la question demeure : les villes de la Côte d’Azur seront-elles prêtes à temps ? Avec une forte probabilité de tsunami dans les 30 ans, chaque jour compte pour informer et préparer les populations. Les systèmes d’alerte sont essentiels, mais sans une réelle sensibilisation en amont, leur efficacité restera limitée en cas de raz de marée soudain.
L’exemple de Cannes doit essaimer rapidement sur tout le littoral méditerranéen. Car si un tsunami venait à frapper ces côtes très peuplées et touristiques, le bilan humain pourrait être dramatique. La course contre la montre est lancée pour tenter de limiter les pertes en cas de raz de marée. Une course que les autorités locales et l’Unesco espèrent remporter, avant qu’il ne soit trop tard.