Dans une évolution majeure du conflit en Ukraine, Kiev a confirmé mardi avoir utilisé des missiles américains de longue portée ATACMS pour frapper des cibles sur le territoire russe. Cette annonce marque un tournant significatif dans la guerre, près de 3 ans après le début de l’invasion russe.
Selon un haut responsable ukrainien s’exprimant sous couvert d’anonymat, l’attaque contre la région frontalière russe de Briansk a été menée avec ces missiles fournis récemment par les États-Unis. Interrogé à ce sujet, le président Volodymyr Zelensky est resté évasif, déclarant simplement que son pays avait ces armes à sa disposition et comptait « les utiliser ».
Une réponse « appropriée » promise par Moscou
Face à cette escalade, la Russie n’a pas tardé à réagir. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a promis une réponse « appropriée » à ces tirs, y voyant une « nouvelle phase » dans le conflit. Il a pointé du doigt l’implication des États-Unis, les accusant d’avoir donné le feu vert à Kiev pour ces frappes.
« Si des missiles de longue portée sont utilisés depuis l’Ukraine vers le territoire russe, cela signifie qu’ils sont opérés par des experts militaires américains. Nous considérerons cela comme une nouvelle phase de la guerre occidentale contre la Russie et nous réagirons en conséquence. »
Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe
Selon Moscou, l’Ukraine aurait tiré six missiles ATACMS dans la nuit de lundi à mardi, visant un site militaire dans la région de Briansk. Le ministère russe de la Défense assure que cinq ont été détruits par la défense antiaérienne et qu’un a été endommagé. Les frappes n’auraient causé que des dégâts mineurs, sans faire de victimes.
Un changement stratégique à l’aube d’une nouvelle ère
L’utilisation confirmée des missiles ATACMS par l’Ukraine constitue un changement stratégique majeur, à quelques semaines de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. Washington avait jusqu’à présent hésité à fournir ces armes à longue portée à Kiev, craignant une escalade incontrôlable du conflit.
Si ces missiles permettent à l’Ukraine de frapper des cibles de haute valeur en territoire russe, leur impact sur le cours de la guerre reste incertain. Comme le souligne un expert militaire :
« Les missiles ATACMS sont certes une option tactique intéressante pour Kiev, mais ils ne changeront pas fondamentalement la donne. Les Russes ont aussi appris à les intercepter et à se protéger. »
Un analyste spécialiste des questions de défense
2025, année décisive pour l’issue du conflit
Alors que le conflit entre dans sa quatrième année, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que 2025 serait décisive pour déterminer le vainqueur de cette guerre. Dans le même temps, les grands pays européens se disent prêts à prendre le relais si les États-Unis de Donald Trump réduisent leur soutien à Kiev.
« Nous sommes déterminés à ce que Vladimir Poutine ne parvienne pas à ses fins en Ukraine. L’unité des alliés sera cruciale dans les mois à venir. »
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN
Près de trois ans après le début de l’invasion russe, l’utilisation de missiles américains ATACMS par l’Ukraine contre le territoire russe marque une nouvelle étape dans ce conflit qui semble parti pour durer. Entre escalade militaire et recomposition des alliances, l’année 2025 s’annonce déterminante pour l’avenir de l’Ukraine et la stabilité de l’Europe.