Les relations entre l’Union européenne et l’Iran se sont considérablement dégradées ces derniers mois, sur fond d’accusations de soutien iranien à la Russie dans le conflit ukrainien. Lundi, les 27 ont franchi un nouveau cap en annonçant un durcissement significatif des sanctions visant Téhéran.
L’Iran accusé de fournir drones et missiles à la Russie
Au cœur des griefs européens, la livraison présumée par l’Iran de drones et de missiles à la Russie, destinés à être utilisés sur le champ de bataille ukrainien. Déjà en octobre dernier, l’UE avait sanctionné 14 entités et individus iraniens, dont la compagnie Iran Air, pour leur implication dans ces transferts d’armement. Une décision emboîtant le pas à des mesures similaires prises par les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne en septembre.
Mais Bruxelles a décidé d’aller plus loin. Les nouvelles sanctions annoncées lundi visent spécifiquement « le recours à des navires et à des ports pour le transfert de drones, de missiles fabriqués en Iran et de technologies liées » à leur production, selon un communiqué des 27.
Interdiction d’exporter des composants vers l’Iran
Concrètement, les mesures interdisent l’exportation, le transfert ou la fourniture depuis l’UE de composants utilisés dans la fabrication de missiles ou de drones par l’Iran. Elles prévoient aussi une interdiction d’utilisation de ports iraniens sur la mer Caspienne, comme Amirabad ou Anzali, servant au transfert de ces armes et technologies. Tout navire impliqué dans ces opérations se verra refuser assistance, sauf en cas de détresse humanitaire ou de danger pour l’équipage.
L’Iran rejette les accusations, met en garde contre une confrontation
Sans surprise, la réaction de Téhéran ne s’est pas fait attendre. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dénoncé ce week-end l’utilisation par l’UE d’un nouveau « prétexte » pour s’en prendre à son pays. Sur Twitter, il a averti que « quand la liberté de navigation est appliquée de façon sélective par certains, une telle étroitesse de vues tend en général à avoir un effet boomerang».
Il semble que certains pays européens insistent pour poursuivre la confrontation, ce qui ne bénéficiera à personne.
porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï
Son ministère a souligné que l’Iran se réservait le droit de répondre à ces sanctions. Mais du côté européen, la détermination semble intacte malgré ces mises en garde. Les 27 semblent déterminés à maintenir la pression pour tenter d’endiguer ce qu’ils perçoivent comme un soutien iranien inacceptable à l’agression russe contre l’Ukraine.
Une escalade des tensions en vue ?
Cette nouvelle salve de sanctions marque indéniablement un tournant dans les relations déjà tendues entre Bruxelles et Téhéran. Si l’Iran campe sur ses positions en niant toute implication, tout en menaçant de représailles, le bras de fer pourrait encore s’intensifier dans les semaines et mois à venir.
L’enjeu pour l’UE est de taille : il s’agit de démontrer sa fermeté face à ce qu’elle considère comme une ingérence iranienne intolérable dans le conflit ukrainien, tout en évitant une escalade incontrôlée. Un défi diplomatique de haute voltige, aux conséquences potentiellement lourdes pour la stabilité régionale et les relations UE-Iran.
Les prochains développements seront donc scrutés avec attention, alors que le dossier s’invite au cœur des préoccupations géopolitiques du Vieux Continent. Une chose est sûre : le dernier mot de cette crise n’a pas encore été dit.