L’annonce d’un renforcement de la présence militaire de l’OTAN en mer Baltique intervient alors que les tensions s’exacerbent dans la région. Au cœur de la crise : le mystérieux sabotage d’un câble sous-marin reliant la Finlande à l’Estonie, deux pays membres de l’Alliance atlantique depuis 2022. Un acte malveillant qui fait planer le spectre d’une guerre hybride menée par la Russie.
Un pétrolier russe dans le viseur des autorités
Les soupçons se portent sur l’Eagle S, un pétrolier battant pavillon des îles Cook. Ce navire, qui serait lié au ministère russe de la Défense selon des sources proches du dossier, aurait quitté le port de Saint-Pétersbourg pour rejoindre Port-Saïd en Égypte. Il a été arraisonné par les garde-côtes finlandais et fait l’objet d’une enquête pour « sabotage aggravé ».
L’Eagle S appartiendrait à la fameuse « flotte fantôme » russe, composée de navires qui permettent à Moscou de contourner les sanctions occidentales pour exporter son pétrole. Cette flotte opère souvent dans une zone grise, à la limite de la légalité.
Des incidents à répétition en mer Baltique
Le sabotage du câble EstLink 2, qui n’a heureusement pas affecté l’approvisionnement en électricité de la Finlande, n’est pas un cas isolé. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, la mer Baltique a été le théâtre de plusieurs incidents similaires visant des infrastructures stratégiques :
- Novembre 2022 : deux câbles de télécommunications coupés dans les eaux suédoises.
- Septembre 2022 : explosions sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2 reliant la Russie à l’Allemagne.
Ces attaques s’inscrivent dans le cadre d’une guerre hybride menée par le Kremlin contre les pays occidentaux, en dessous du seuil de conflictualité ouverte. Une stratégie d’usure qui vise à déstabiliser et à saper la cohésion des alliés.
L’OTAN hausse le ton
Face à cette menace diffuse, l’OTAN entend muscler sa posture en mer Baltique. C’est ce qu’a annoncé Mark Rutte, le chef de l’Alliance atlantique, dans un message posté sur X :
J’ai exprimé ma pleine solidarité et mon soutien [à la Finlande]. L’OTAN renforcera sa présence militaire dans la mer Baltique.
En parallèle, l’Estonie a annoncé l’envoi de patrouilles en mer pour protéger sa connexion électrique avec la Finlande. Une démonstration de force et de cohésion face aux manœuvres déstabilisatrices de Moscou.
Les infrastructures critiques, talon d’Achille de l’Occident ?
Ces incidents mettent en lumière la vulnérabilité des infrastructures stratégiques occidentales face aux menaces hybrides. Câbles sous-marins, gazoducs, réseaux électriques… Autant de maillons essentiels de nos sociétés interconnectées qui peuvent être ciblés par des acteurs malveillants.
Pour y faire face, l’Europe et l’Amérique du Nord devront renforcer la résilience et la protection de ces infrastructures critiques. Un défi qui nécessitera une coopération accrue entre alliés, tant sur le plan militaire que du renseignement et de la cybersécurité.
Car dans cette guerre de l’ombre qui se joue en mer Baltique et au-delà, c’est bien la capacité de l’Occident à défendre son mode de vie et ses valeurs qui est en jeu. Face à un adversaire résolu à exploiter toutes les failles, la vigilance est plus que jamais de mise.