C’est un cri d’alarme des plus alarmants que vient de pousser l’ONU concernant la situation dramatique qui prévaut actuellement dans la bande de Gaza. Lors d’une conférence au Caire visant à accélérer l’aide humanitaire au territoire palestinien, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres n’y est pas allé par quatre chemins. Selon lui, les conditions de vie épouvantables auxquelles sont confrontés les Gazaouis pourraient s’apparenter aux « crimes internationaux les plus graves ».
Un lourd bilan humain et une situation apocalyptique
Près de 14 mois de guerre entre Israël et le Hamas ont laissé des traces indélébiles. D’après des chiffres jugés fiables par l’ONU, plus de 44 000 personnes auraient perdu la vie dans ce conflit sanglant. Au-delà des morts, c’est tout un territoire qui se retrouve à genoux, au bord du gouffre humanitaire.
Antonio Guterres dresse un constat accablant de la situation. « La malnutrition est endémique… La famine est imminente. Pendant ce temps, le système de santé s’est effondré », alerte-t-il. Un effondrement qui se traduit par des conséquences dramatiques pour la population :
Gaza compte désormais le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde, avec beaucoup d’entre eux perdant des membres et subissant des opérations chirurgicales sans même d’anesthésie.
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU
Une aide humanitaire au compte-gouttes
Pour ne rien arranger, l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza se heurte à de sévères restrictions. Seuls 65 camions d’aide par jour ont pu entrer dans le territoire le mois dernier, contre une moyenne de 500 avant la guerre selon l’Unrwa. Des niveaux jugés « largement insuffisants » par Antonio Guterres.
Israël, qui impose un siège total à Gaza, rejette la faute sur l’incapacité des ONG à gérer de gros volumes d’aide. Mais pour l’ONU, le blocage « n’est pas une crise logistique » mais bien « une crise de volonté politique et de respect du droit international humanitaire ». Entre le 6 octobre 2024 et le 25 novembre, période de violents combats, toutes les tentatives de l’Unrwa pour acheminer de l’aide dans le nord de Gaza ont été refusées ou entravées.
Israël pointé du doigt, l’Unrwa en danger
Pour M.Guterres, l’Unrwa est une « bouée de sauvetage irremplaçable pour des millions de Palestiniens ». Si l’agence onusienne était contrainte de fermer, la responsabilité de subvenir aux besoins fondamentaux des habitants de Gaza incomberait alors à Israël « en tant que puissance occupante ». Et à personne d’autre, insiste-t-il, alors que le pays a interdit à l’Unrwa d’opérer sur son sol en octobre.
Cette fermeture ne ferait qu’aggraver une situation déjà catastrophique. Les organisations d’aide tirent la sonnette d’alarme depuis des mois, avertissant que les 2,4 millions d’habitants de l’enclave palestinienne sont au bord de la famine. Avec une aide au plus bas depuis le début de la guerre, la population de Gaza semble prise au piège d’un engrenage infernal.
L’appel de l’ONU à « jeter les bases d’une paix durable » à Gaza et au Moyen-Orient tout entier résonnera-t-il dans les consciences ? Au vu de l’ampleur de la crise humanitaire qui se déroule sous nos yeux, il y a urgence à agir. Car comme le souligne Antonio Guterres, continuer à exposer les Palestiniens à de telles conditions de vie pourrait s’apparenter à « des crimes internationaux parmi les plus graves ». Des mots forts qui en disent long sur la gravité de la situation.