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L’OCDE Révise À La Baisse Les Prévisions De Croissance Pour La France Et L’Allemagne En 2025

L'OCDE révise à la baisse les prévisions de croissance pour la France et l'Allemagne en 2025, malgré une hausse mondiale. Quels sont les défis auxquels font face ces deux poids lourds européens ? Découvrez les dernières projections et analyses de l'organisation internationale.

Dans un contexte économique mondial en pleine mutation, les dernières prévisions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) jettent une lumière crue sur les perspectives de croissance de deux poids lourds européens : la France et l’Allemagne. Selon le rapport publié mercredi par l’institution parisienne, ces deux pays devraient enregistrer une croissance nettement inférieure à la moyenne mondiale en 2025, avec respectivement 0,9% et 0,7% d’augmentation de leur produit intérieur brut (PIB). Des chiffres en net recul par rapport aux précédentes estimations de septembre.

Une croissance mondiale tirée par le dynamisme américain

Malgré ces perspectives moroses pour Paris et Berlin, l’OCDE relève de 0,1 point sa prévision de croissance mondiale pour 2025, portée à 3,3%. Une performance qui s’explique en grande partie par le dynamisme de l’économie américaine, qui devrait connaître un véritable bond l’année prochaine. Une embellie qui profitera à l’ensemble de la planète, mais qui ne suffira pas à compenser les difficultés auxquelles sont confrontées la France et l’Allemagne.

La France face à une crise politique et budgétaire

Pour l’Hexagone, c’est avant tout l’incertitude politique grandissante depuis plusieurs semaines qui risque de peser sur la croissance. Le pays traverse une période de turbulences qui pourrait aboutir à la chute du gouvernement, même si l’OCDE ne commente pas directement cette hypothèse. Mais au-delà de ces soubresauts, ce sont surtout les efforts d’assainissement budgétaire prévus pour 2025 et 2026 qui devraient freiner l’activité, en neutralisant en partie l’effet positif de l’assouplissement de la politique monétaire sur l’investissement.

Tous les signaux ne sont cependant pas au rouge pour la France. Comme le souligne le rapport, « pour la deuxième année consécutive, la demande extérieure est le principal moteur de la croissance en 2024 ». Un dynamisme des exportations qui devrait se poursuivre, tandis que la demande intérieure, soutenue ponctuellement par les dépenses liées aux Jeux olympiques, devrait progressivement se redresser à partir de 2025, profitant d’un regain de pouvoir d’achat des ménages dans le sillage de la désinflation.

L’Allemagne peine à se relever de la crise énergétique

Outre-Rhin, c’est la difficile sortie de la crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine qui continue de peser sur les perspectives. Après avoir subi une récession l’an dernier, la première économie européenne devrait stagner cette année, avant de renouer avec une croissance modeste de 0,7% en 2025 selon l’OCDE. Un rythme insuffisant pour effacer les stigmates laissés par deux années de turbulences sur le tissu industriel allemand.

Le redressement de l’investissement privé sera très progressif, malgré l’importance de l’épargne des entreprises et la lente décrue des taux d’intérêt. Car comme le pointe l’institution internationale, « l’incertitude liée à l’action publique continuera de peser sur la confiance des investisseurs » à l’approche des élections fédérales prévues dans moins de trois mois, et qui s’annoncent cruciales pour l’avenir du pays.

Le salut viendra en partie de l’extérieur, avec la reprise attendue de la demande des principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne. Une embellie qui devrait profiter aux exportations, traditionnel moteur de la croissance. Mais il faudra sans doute attendre 2026 pour que la locomotive allemande retrouve son régime de croisière d’avant-crise.

Des défis communs pour restaurer la croissance potentielle

Au-delà de leurs spécificités, la France et l’Allemagne partagent des défis structurels qui pèsent sur leur croissance à long terme. Le vieillissement de la population, la faiblesse des gains de productivité, les mutations technologiques et la transition énergétique imposent des réformes profondes pour restaurer la croissance potentielle. Des chantiers titanesques qui nécessiteront des efforts soutenus dans les années à venir, au-delà des soubresauts conjoncturels.

Pour les deux pays, l’enjeu est aussi de préserver leur influence et leur place au cœur du projet européen. Car avec une croissance durablement inférieure à la moyenne de l’Union, c’est leur leadership qui pourrait être remis en question, au profit des économies plus dynamiques de l’Est et du Sud. Un défi existentiel pour le couple franco-allemand, qui devra plus que jamais serrer les rangs pour défendre ses intérêts et sa vision dans une Europe en pleine recomposition.

La France et l’Allemagne doivent impérativement retrouver le chemin de la croissance et des réformes, sous peine de perdre leur influence en Europe et dans le monde. C’est une question de survie pour notre modèle économique et social.

– Un expert économique proche des deux gouvernements

Reste à savoir si les dirigeants français et allemands sauront trouver les ressorts politiques pour engager les transformations nécessaires, dans un contexte social et électoral périlleux. L’avenir de la croissance en Europe se jouera en grande partie à Paris et à Berlin dans les prochains mois. Avec en toile de fond, les projections à peine voilées de l’OCDE qui sonnent comme un avertissement sur les risques d’un décrochage durable des deux premières économies du Vieux Continent.

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