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L’Iran Soutient « Fermement » La Syrie Après L’Offensive Rebelle à Alep

L'Iran exprime un soutien sans faille à la Syrie suite à l'offensive choc des rebelles qui a permis la prise d'Alep. Le cessez-le-feu vole en éclats, la stabilité de la région est menacée. Téhéran dénonce un complot et dépêche un haut responsable à Damas. La situation risque de...

La Syrie est à nouveau plongée dans la tourmente. Mercredi, une coalition de groupes rebelles principalement islamistes a lancé une offensive surprise d’une rare violence sur la ville d’Alep, deuxième ville du pays. En quelques jours, les insurgés ont réussi à prendre le contrôle de la majeure partie de la cité et de son aéroport, au prix de centaines de morts dans des combats d’une intensité inédite depuis des années.

Face à cette situation explosive, l’Iran, allié indéfectible du régime de Bachar al-Assad, a immédiatement réagi. Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, a déclaré avant son départ pour Damas que son pays « soutient fermement l’armée et le gouvernement en Syrie ». Confiant, il a assuré que « l’armée syrienne vaincra à nouveau ces groupes terroristes comme par le passé ».

Un cessez-le-feu rompu, la stabilité régionale menacée

Pourtant, un calme précaire régnait dans le nord-ouest syrien depuis 2020 grâce à un cessez-le-feu négocié par Moscou et Ankara. Mais la trêve a volé en éclats avec cette offensive surprise des rebelles contre Alep, ville symbolique que le gouvernement avait repris en 2016 avec l’aide cruciale de ses alliés russes et iraniens après des années d’âpres combats.

Pour Téhéran, il ne fait aucun doute que ces événements déstabilisateurs relèvent d’un « plan américano-sioniste visant à perturber la stabilité et la sécurité de la région ». Une rhétorique habituelle de la part de la République islamique, mais qui traduit son inquiétude face à une situation qui menace ses intérêts et ceux de son protégé syrien.

Le consulat iranien pris pour cible à Alep

Signe de la gravité de la situation, le consulat d’Iran à Alep a été attaqué par des « éléments terroristes » selon les autorités iraniennes, sans plus de précisions sur l’étendue des dégâts. Mais cet incident symbolique en dit long sur la détermination des assaillants et les risques d’embrasement.

Visite urgente d’un haut responsable iranien à Damas

Dans ce contexte explosif, Abbas Araghchi a jugé nécessaire de se rendre en urgence à Damas pour afficher le soutien de Téhéran et évaluer la situation avec ses interlocuteurs syriens. Sa dernière visite remontait à octobre dernier, signe que la nouvelle donne imposait cette initiative diplomatique au plus haut niveau.

Après la Syrie, le chef de la diplomatie iranienne mettra le cap sur la Turquie, autre acteur-clé du dossier syrien. L’objectif est clair : tout mettre en œuvre pour éviter un embrasement fatal aux fragiles équilibres de la région. Car si Alep venait à tomber entièrement aux mains des rebelles, le régime de Damas se retrouverait dans une position plus que délicate, malgré le soutien indéfectible de ses parrains russe et iranien.

L’étau se resserre autour de Bachar al-Assad

Pour l’instant, le pouvoir syrien affiche sa détermination à reprendre le contrôle total de la ville, coûte que coûte. Mais il est indéniable que cette perte, même temporaire, d’Alep, véritable poumon économique du pays, porterait un coup très rude au régime.

Plus que jamais, la survie de Bachar al-Assad dépend du soutien de ses alliés. Moscou maintient une présence militaire et mène des frappes aériennes. Téhéran, de son côté, est massivement engagé au sol avec des conseillers et des miliciens depuis 2011. Une aide vitale mais qui ne fait que souligner la faiblesse d’un régime incapable de faire face seul aux défis intérieurs et extérieurs qui menacent son existence.

Cette nouvelle crise syrienne risque d’aggraver les lignes de fracture régionales et internationales. Malgré des intérêts parfois divergents, Russes, Iraniens et Turcs s’étaient entendus ces dernières années pour contenir la situation et préserver leurs acquis respectifs. Cet équilibre précaire est aujourd’hui remis en cause par l’offensive des rebelles syriens, soutenus plus ou moins discrètement par des puissances hostiles à Damas et à ses alliés.

Dans ce grand jeu d’échecs moyen-oriental, l’Iran apparaît plus que jamais déterminé à défendre ses positions et son allié syrien, quitte à être entraîné dans une escalade périlleuse. Mais face à des adversaires tout aussi résolus, la partie est loin d’être gagnée. Et ce sont les civils syriens qui risquent de payer le prix fort de ces luttes d’influence sans fin.

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