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L’Iran met en garde contre l’ingérence étrangère en Syrie

Lors de sa visite à Pékin, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute ingérence étrangère en Syrie, affirmant que l'avenir du pays ne devait dépendre que de son peuple. Cette prise de position intervient suite au renversement récent du président Bachar el-Assad après une offensive rebelle de 11 jours. Quelles seront les conséquences pour l'équilibre géopolitique de la région ?

Alors que la Syrie traverse une période de bouleversements majeurs suite au renversement du régime de Bachar el-Assad, l’Iran, allié de longue date de Damas, s’inquiète des répercussions de la situation. Lors d’une visite diplomatique à Pékin ce vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a tenu à rappeler la position de son pays, mettant en garde contre toute ingérence étrangère dans les affaires syriennes.

L’Iran réaffirme son soutien à la souveraineté syrienne

Depuis le début du conflit syrien en 2011, l’Iran est resté un soutien indéfectible du régime de Bachar el-Assad, lui fournissant une aide militaire et économique cruciale. Malgré la chute récente du dictateur suite à une offensive éclair des rebelles, Téhéran ne compte pas abandonner son influence dans le pays. Lors de son déplacement en Chine, le chef de la diplomatie iranienne a ainsi déclaré :

L’Iran considère que la prise de décision concernant l’avenir de la Syrie relève de la seule responsabilité du peuple syrien, sans interférence destructive ou ingérence étrangère.

Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères

M. Araghchi a également souligné l’attachement de l’Iran au respect de «l’unité, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale» de la Syrie. Des propos qui résonnent alors que le pays est plus que jamais morcelé entre différentes factions.

Une position partagée par la Chine

Ce n’est pas un hasard si le ministre iranien a choisi de s’exprimer depuis Pékin. La Chine est en effet l’autre grand allié de la Syrie, aux côtés de la Russie. Comme l’Iran, elle a apporté un soutien diplomatique et économique constant à Damas ces dernières années. Les deux pays se rejoignent dans leur volonté de contrer l’influence occidentale dans la région.

Lors de sa rencontre avec son homologue chinois Wang Yi, M. Araghchi a évoqué les «diverses tensions» et «questions au niveau international» auxquelles font face les deux pays, dans une référence voilée aux pressions américaines. Une convergence de vues qui pourrait peser dans la résolution de la crise syrienne.

Vers un règlement politique du conflit ?

Si l’Iran et la Chine insistent sur la nécessité de laisser les Syriens décider seuls de leur avenir, il est clair que les deux pays entendent bien peser sur les négociations à venir. Avec la chute de leur allié Bachar el-Assad, Téhéran et Pékin craignent de voir leur influence décliner au profit des puissances occidentales et de leurs alliés dans la région.

La mise en garde de l’Iran intervient alors que les discussions sur l’après-Assad s’intensifient, aussi bien entre acteurs syriens qu’au niveau international. Selon des sources diplomatiques, un règlement politique global pourrait être discuté prochainement, avec la participation de toutes les parties prenantes, sous l’égide de l’ONU.

L’enjeu pour l’Iran sera d’éviter une transition qui le priverait totalement de ses leviers d’influence en Syrie. Un scénario catastrophe déjà vécu en Irak après 2003 et que Téhéran fera tout pour empêcher de se reproduire chez son voisin syrien. La bataille diplomatique ne fait que commencer.

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