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L’Irak Annonce Retrait Total Coalition US Hors Kurdistan

L'Irak vient d'annoncer le retrait complet des forces de la coalition US de son territoire fédéral, reprenant le contrôle total de ses bases. Mais au Kurdistan, la présence continue pour traquer l'EI en Syrie. Vers une souveraineté pleine ou un équilibre fragile ? La suite révèle les enjeux...
L’Irak proclame la fin de la présence de la coalition américaine sur son territoire fédéral L’Irak marque un tournant majeur dans son histoire récente avec l’annonce officielle du retrait complet des forces de la coalition internationale dirigée par les États-Unis de toutes les bases situées sur le territoire fédéral du pays. Cette décision, effective dès aujourd’hui, exclut toutefois la région autonome du Kurdistan au nord, où une présence résiduelle persiste pour des raisons opérationnelles spécifiques.

Un chapitre qui se tourne après plus d’une décennie de lutte commune

Imaginez un pays qui, pendant plus de dix ans, a partagé son sol avec des milliers de soldats étrangers pour traquer un ennemi invisible et redoutable. Aujourd’hui, Bagdad affirme avoir repris le contrôle total de ses installations militaires sur le territoire fédéral, signant ainsi la fin d’une mission qui a débuté en 2014. Ce moment n’est pas seulement logistique : il symbolise une affirmation de souveraineté retrouvée, tout en laissant planer des questions sur l’avenir de la sécurité régionale.

Le comité militaire irakien chargé de superviser cette transition a publié un communiqué clair et solennel. Il déclare que l’évacuation des bases et des quartiers généraux des conseillers de la coalition est achevée. Désormais, ces sites relèvent entièrement des forces de sécurité irakiennes, marquant le passage à une nouvelle ère de relations bilatérales en matière de sécurité avec les États-Unis.

Les origines du déploiement : la montée fulgurante de l’État islamique

Pour comprendre l’importance de cette annonce, il faut remonter à 2014. À cette époque, le groupe djihadiste État islamique s’empare de vastes territoires en Irak et en Syrie, proclamant même un califat autoproclamé. Face à cette menace existentielle, l’Irak invite une coalition internationale, menée par les États-Unis, à intervenir pour stopper l’avancée terroriste.

Les forces coalisées, composées de troupes américaines et d’alliés, mènent des opérations aériennes et au sol. Elles apportent un soutien crucial en formation, en renseignement et en frappes précises. Sans cette intervention, l’expansion du groupe aurait pu être bien plus dévastatrice. Les victoires territoriales arrivent progressivement : en Irak, le califat s’effondre en 2017, suivi par la Syrie en 2019.

Malgré ces succès, le danger ne disparaît pas totalement. Des cellules dormantes subsistent, opérant dans l’ombre. Le groupe maintient une capacité de nuisance, particulièrement dans les zones frontalières et montagneuses.

Le cadre de l’accord de 2024 : un retrait planifié en deux phases

L’annonce d’aujourd’hui s’inscrit dans un accord négocié en 2024 entre Bagdad et Washington. Ce document prévoit une fin progressive de la mission de la coalition. La grande majorité des forces quittent les bases fédérales d’ici la fin 2025, tandis que la région du Kurdistan bénéficie d’un délai supplémentaire jusqu’en septembre 2026.

Seuls des conseillers étaient restés après les retraits massifs. Aujourd’hui, même ces éléments ont quitté les zones fédérales. Le communiqué insiste sur le fait que les forces irakiennes sont désormais pleinement capables de prévenir toute réapparition du groupe djihadiste sur leur sol et d’empêcher les infiltrations transfrontalières.

Cette transition vers des relations bilatérales ouvre la porte à une coopération plus ciblée, axée sur le conseil, la formation et le partage d’informations, sans présence militaire permanente massive.

La situation particulière du Kurdistan irakien

La région autonome du Kurdistan, avec sa capitale Erbil, reste un point d’ancrage pour la coalition. Une base aérienne y est maintenue, servant principalement de plateforme logistique pour les opérations en Syrie voisine. Cette présence transfrontalière permet un soutien continu aux efforts contre les cellules restantes du groupe djihadiste au-delà des frontières irakiennes.

Le comité militaire souligne explicitement ce rôle : la coordination avec la coalition se poursuit pour éliminer complètement la menace en Syrie. Erbil offre ainsi un appui essentiel, facilitant des actions que les forces irakiennes ne pourraient pas mener seules depuis le territoire fédéral.

Cette exception géographique reflète les réalités complexes du pays : une souveraineté unifiée mais avec des zones d’autonomie forte, où les priorités sécuritaires diffèrent parfois.

L’évolution de la menace djihadiste : entre déclin et persistance

Les attaques menées par le groupe en Irak ont fortement diminué ces dernières années. Les grandes opérations territoriales appartiennent au passé. Pourtant, la vigilance reste de mise. Le groupe se concentre sur la reconstruction de réseaux le long de la frontière syrienne et sur le renforcement de ses capacités dans des zones désertiques reculées.

Des rapports internationaux soulignent cette résilience. Le groupe maintient des cellules dormantes prêtes à se réactiver en cas d’opportunité. En décembre dernier, une attaque en Syrie a coûté la vie à deux soldats américains et un interprète civil, rappelant que le danger n’est pas éradiqué.

Ces incidents sporadiques alimentent les débats sur la nécessité d’une présence extérieure. L’Irak affirme sa capacité autonome, mais la coordination régionale reste cruciale pour éviter une résurgence.

Les implications pour la souveraineté irakienne et la stabilité régionale

Ce retrait complet du territoire fédéral renforce l’image d’un Irak maître de son destin. Après des décennies de présence étrangère – de l’invasion de 2003 au retour en 2014 –, Bagdad passe à une phase où la sécurité repose principalement sur ses propres forces. Cela peut booster la légitimité du gouvernement et apaiser les tensions internes liées à la présence étrangère.

Pourtant, la stabilité régionale dépend de la lutte continue contre le terrorisme. La Syrie reste un foyer actif pour le groupe, et les frontières poreuses posent un risque permanent. La présence à Erbil permet de maintenir une pression sans occuper le cœur du pays.

Les relations bilatérales avec les États-Unis évoluent vers un partenariat plus équilibré, incluant potentiellement des domaines économiques et culturels. Cette transition pourrait servir de modèle pour d’autres pays confrontés à des menaces persistantes.

Perspectives d’avenir : défis et opportunités

À court terme, les forces irakiennes doivent démontrer leur efficacité dans la prévention des infiltrations. Des exercices conjoints, même réduits, pourraient renforcer les capacités sans compromettre la souveraineté.

Le groupe djihadiste, affaibli mais tenace, pourrait tester cette nouvelle configuration. Toute faille serait exploitée. La coordination avec les partenaires internationaux, via Erbil, reste un atout majeur.

Sur le plan politique, ce retrait peut consolider l’unité nationale. Il répond à des demandes anciennes de souveraineté pleine. Mais il exige une vigilance accrue face aux menaces internes et externes.

En conclusion, cette annonce n’est pas une fin en soi, mais le début d’une nouvelle ère. L’Irak affirme sa maturité sécuritaire tout en préservant des alliances stratégiques nécessaires. Le chemin vers une paix durable passe par cette autonomie assumée, couplée à une coopération intelligente. L’avenir dira si ce équilibre tient face aux vents contraires de la région.

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