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Libye : Ramadan 2026 Sous le Signe de l’Inflation Galopante

En Libye, le ramadan débute sous les feux d'artifice, mais l'euphorie masque une dure réalité : inflation explosive, dévaluation du dinar et pénuries qui rendent les repas de fête inabordables pour beaucoup. Comment un pays riche en pétrole en arrive-t-il là ? La réponse pourrait surprendre...

Imaginez un pays dont le sous-sol regorge de pétrole, capable autrefois de subvenir aux besoins de ses voisins, et qui aujourd’hui peine à fournir du gaz domestique ou de l’essence à ses propres citoyens. C’est la réalité amère que vivent de nombreux Libyens en ce début de ramadan. Les rues de Tripoli s’animent de feux d’artifice et de préparatifs festifs, mais derrière les sourires et les tables garnies se cache une profonde inquiétude liée à l’explosion des prix et à une économie fragilisée par des années de divisions.

Le mois sacré, censé être synonyme de partage, de solidarité et de joie familiale, prend cette année des allures de défi quotidien pour les ménages. Les supermarchés bondés voient les clients scruter les étiquettes avec appréhension, calculant chaque achat pour ne pas dépasser un budget déjà étriqué. Cette situation paradoxale interroge sur les racines profondes d’une crise qui perdure malgré les immenses ressources naturelles du pays.

Un ramadan marqué par l’ombre de l’inflation

Depuis plusieurs semaines, les Libyens assistent à une envolée inédite des prix sur les produits de première nécessité. L’huile de cuisson, indispensable pour préparer les plats traditionnels de l’iftar, a vu son coût doubler en peu de temps. La viande et la volaille suivent la même tendance haussière, rendant les repas copieux habituels du ramadan beaucoup plus difficiles à organiser pour les familles modestes.

Les bonbonnes de gaz, essentielles pour cuisiner pendant le mois de jeûne, illustrent parfaitement ce déséquilibre. Officiellement vendues à 1,5 dinar dans les circuits régulés, elles sont introuvables en raison d’une demande qui dépasse largement l’offre disponible. Sur le marché parallèle, le prix explose jusqu’à 75 dinars, soit une multiplication par 50 du tarif officiel. Ce phénomène de spéculation généralisée accentue les inégalités et frappe de plein fouet les plus vulnérables.

Dans les grandes surfaces de la capitale, les rayons se vident rapidement des articles de base. Certains produits sont même rationnés pour éviter la ruée. Les files d’attente s’allongent devant les stations-service où l’essence manque cruellement, rappelant que quinze ans après le soulèvement populaire, les pénuries persistent dans un pays qui exporte des millions de barils de pétrole chaque mois.

Les causes profondes d’une économie en souffrance

La récente dévaluation du dinar par la Banque centrale, la deuxième en moins d’un an, a aggravé la situation. Annoncée fin janvier pour tenter de préserver la stabilité financière, cette mesure a fait passer le taux de change officiel à un niveau qui renchérit immédiatement les importations. La Libye dépend massivement des produits alimentaires venus de l’étranger, et toute fluctuation monétaire se répercute directement sur les prix à la consommation.

L’institution monétaire a justifié sa décision par l’absence d’un budget national unifié, la croissance incontrôlée des dépenses publiques et les doublons administratifs qui minent l’efficacité des ressources. Sans cadre financier clair, les finances de l’État dérapent, alimentant un cercle vicieux d’inflation et de perte de pouvoir d’achat.

La dévaluation a de nouveau fait peser le fardeau sur le citoyen.

Extrait d’une allocution récente du Premier ministre reconnu internationalement

Cette phrase résume le sentiment général : malgré les efforts officiels pour stabiliser l’économie, ce sont les citoyens ordinaires qui en supportent les conséquences les plus lourdes. Les salaires stagnent tandis que les coûts explosent, réduisant drastiquement le pouvoir d’achat en pleine période de dépenses accrues pour le ramadan.

Une division politique qui paralyse le pays

La Libye reste coupée en deux entités rivales. À l’ouest, le gouvernement basé à Tripoli, reconnu par les Nations unies, tente de gérer les affaires courantes. À l’est, les autorités contrôlées par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils exercent leur influence depuis Benghazi. Cette dualité empêche toute coordination efficace sur les politiques économiques et budgétaires.

L’absence d’un exécutif unique et d’un parlement fonctionnel bloque l’adoption d’un budget national cohérent. Les revenus pétroliers, bien que substantiels, souffrent des interruptions liées aux tensions sécuritaires autour des installations. Ces baisses de production aggravent le déficit en devises étrangères, rendant les importations plus coûteuses et favorisant le marché noir.

La représentante spéciale des Nations unies pour la Libye a tiré la sonnette d’alarme devant le Conseil de sécurité. Elle a souligné que la pauvreté croissante et les pressions sur la société, combinées à un contexte sécuritaire fragile, risquent de générer des défis politiques et sécuritaires imprévus. La communauté internationale observe avec inquiétude ce cocktail explosif.

Le quotidien des Libyens face à ces défis

À Tripoli, un homme de 37 ans parcourt les allées d’un supermarché bondé. Il note quelques améliorations mineures sur le plan sécuritaire, ce qui permet aux gens de sortir plus librement. Mais sur le plan économique, la détérioration est flagrante. La hausse du dollar et la spéculation touchent directement le panier quotidien des familles.

Les distributeurs automatiques de billets sont souvent vides, obligeant les gens à transporter du cash pour leurs achats. Les pénuries de carburant compliquent les déplacements, tandis que les coupures d’électricité persistantes rendent la conservation des aliments plus difficile en période de jeûne prolongé.

  • Huile de cuisson : prix doublé en quelques semaines
  • Viande et volaille : hausse significative
  • Bonbonnes de gaz : marché parallèle à 75 dinars au lieu de 1,5 dinar officiel
  • Essence : files interminables et ruptures fréquentes

Ces exemples concrets montrent comment l’inflation transforme un mois de partage en période de restrictions pour beaucoup. Les traditions culinaires riches du ramadan – soupes, dattes, pâtisseries – deviennent un luxe pour certains ménages.

Perspectives et appels à la vigilance

Face à cette spirale, les autorités appellent à la raison et à la solidarité. Mais sans réforme profonde des institutions et sans réunification politique, les solutions restent limitées. La Banque centrale tente de juguler la crise monétaire, mais les effets se font sentir immédiatement dans les portefeuilles des citoyens.

Les observateurs internationaux insistent sur l’urgence d’un dialogue inclusif pour sortir de cette impasse. La pauvreté croissante pourrait alimenter des frustrations sociales, menaçant la fragile stabilité retrouvée ces dernières années. Le ramadan, avec ses valeurs de patience et de générosité, pourrait paradoxalement servir de catalyseur pour une prise de conscience collective.

En attendant, les Libyens continuent de célébrer le mois sacré avec résilience. Les tables se dressent, les prières résonnent, mais l’ombre de l’inflation plane sur chaque foyer. Un pays riche en ressources, mais pauvre en unité, cherche encore son chemin vers une prospérité partagée.

La situation actuelle rappelle que la richesse pétrolière ne suffit pas sans gouvernance efficace. Les défis sont immenses, mais l’espoir persiste chez ceux qui croient en un avenir plus stable. Pour l’instant, ce ramadan reste teinté d’amertume économique, un mois où la foi se mesure aussi à la capacité de surmonter les épreuves matérielles.

Les prochains mois seront décisifs pour voir si des mesures concrètes émergent pour soulager la population. En attendant, les familles libyennes adaptent leurs habitudes, rationnent les achats et maintiennent vivantes les traditions malgré les contraintes. C’est dans cette résilience quotidienne que réside peut-être la plus grande force du peuple libyen aujourd’hui.

Article basé sur les réalités observées sur le terrain en Libye en ce début de ramadan 2026. Les défis économiques persistent, appelant à une solidarité nationale et internationale accrue.

Pour aller plus loin, il convient de souligner que cette crise n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un contexte régional où de nombreux pays font face à des pressions inflationnistes liées aux fluctuations monétaires et aux dépendances importatrices. Mais en Libye, le paradoxe est plus criant encore en raison des réserves énergétiques exceptionnelles du pays.

Les efforts pour stabiliser le dinar et contrôler les prix exigent une coordination qui transcende les lignes de fracture politiques. Sans cela, le risque est grand de voir les tensions sociales s’exacerber, particulièrement pendant un mois où les attentes de partage et d’équité sont à leur comble.

Les citoyens, comme ce père de famille interrogé dans un supermarché, expriment une fatigue accumulée. Ils aspirent à une vie normale où les fêtes religieuses ne soient pas synonymes de sacrifices financiers extrêmes. Leur voix, souvent relayée dans les discussions quotidiennes, mérite d’être entendue au plus haut niveau.

En conclusion, ce ramadan 2026 en Libye symbolise à la fois la persévérance d’un peuple et les limites d’un système économique fragilisé par des années de conflits et de divisions. L’espoir d’un redressement passe par des réformes courageuses et un retour à l’unité nationale. D’ici là, les Libyens continuent de jeûner, de prier et de partager, prouvant que la foi peut transcender même les pires difficultés matérielles.

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