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Liban : Vers un Désarmement du Hezbollah ?

Le Liban face à un tournant : Nabih Berri propose un dialogue pour désarmer le Hezbollah. Entre pressions internationales et tensions locales, la paix est-elle possible ?

Au cœur d’un Liban fragilisé par des années de crises, une question brûlante divise le pays : que faire des armes du Hezbollah ? Dans un discours poignant, le président du Parlement, figure influente du paysage politique, a lancé un appel vibrant au dialogue pour aborder cette question explosive. Cet appel intervient dans un contexte tendu, marqué par des pressions internationales croissantes et des blessures encore fraîches d’un conflit dévastateur en 2024. Alors que le pays tente de se reconstruire, la proposition d’un désarmement soulève des enjeux majeurs pour l’avenir de la stabilité régionale.

Un Appel au Dialogue dans un Contexte Explosif

Le 5 août 2025, le gouvernement libanais, sous l’impulsion de pressions venues de l’étranger, a pris une décision audacieuse : charger l’armée de préparer un plan pour désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année. Cette annonce a provoqué une onde de choc dans un pays où le mouvement chiite, soutenu par l’Iran, conserve un statut particulier. Seule faction autorisée à garder ses armes après la guerre civile (1975-1990), le Hezbollah a toujours été un acteur incontournable, autant admiré que controversé.

Cet appel au désarmement, perçu comme une réponse aux exigences américaines, a immédiatement suscité des réactions. Les ministres chiites, y compris ceux liés au Hezbollah et au mouvement Amal, ont boycotté une session gouvernementale pour protester contre cette initiative. Mais c’est l’intervention du président du Parlement qui a marqué un tournant, en proposant une approche plus nuancée : un dialogue national pour discuter du sort des armes.

« Nous sommes ouverts à la discussion sur le sort de ces armes, mais dans un cadre calme et consensuel », a déclaré le président du Parlement lors d’un discours commémoratif.

Le Hezbollah : un Acteur Incontournable

Pour comprendre l’ampleur de ce débat, il faut remonter à l’histoire du Hezbollah. Fondé dans les années 1980 avec le soutien de l’Iran, ce mouvement s’est imposé comme une force politique et militaire majeure au Liban. Après la guerre civile, il a conservé ses armes, officiellement pour défendre le pays contre les menaces extérieures, notamment Israël. Mais en 2024, un conflit dévastateur avec ce dernier a affaibli le mouvement, détruisant une partie de son arsenal et éliminant plusieurs de ses dirigeants.

Malgré ces pertes, le Hezbollah reste influent, tant sur le plan militaire que politique. Ses détracteurs, soutenus par des puissances occidentales, y voient une menace à la souveraineté libanaise. Ses partisans, eux, le considèrent comme un rempart contre les ingérences étrangères. Ce paradoxe rend la question du désarmement particulièrement épineuse.

Le Hezbollah, à la croisée des chemins : entre force de résistance et obstacle à la paix, son rôle divise profondément le Liban.

Pressions Internationales et Défis Locaux

La décision de désarmer le Hezbollah s’inscrit dans un contexte de pressions internationales, notamment américaines. Un document, attribué à des propositions venues des États-Unis, semble avoir servi de base à cette initiative. Cependant, le président du Parlement a exprimé des réserves, estimant que ce plan ressemble davantage à une alternative à l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Hezbollah et Israël.

Cet accord, fragile mais crucial, prévoyait plusieurs mesures : le retrait du Hezbollah des zones situées au sud du fleuve Litani, le démantèlement de ses infrastructures militaires, et un renforcement de la présence de l’armée libanaise et des Casques bleus de l’ONU dans la région. Pourtant, les tensions persistent. Des frappes israéliennes, visant des positions du Hezbollah dans le sud du Liban, continuent de fragiliser la trêve.

Dimanche, une nouvelle attaque a secoué le sud du pays. Des images montrent des colonnes de fumée s’élevant dans le ciel, tandis qu’une personne a perdu la vie dans une frappe visant une moto. Ces incidents rappellent la précarité de la situation et le défi que représente l’application de l’accord de cessez-le-feu.

Les Enjeux d’un Dialogue National

L’appel au dialogue lancé par le président du Parlement pourrait-il apaiser ces tensions ? Pour beaucoup, il s’agit d’une tentative de concilier des positions irréconciliables. D’un côté, les partisans du désarmement estiment qu’il est essentiel pour renforcer la souveraineté de l’État libanais et rassurer les partenaires internationaux. De l’autre, les alliés du Hezbollah craignent que cette mesure ne fragilise davantage un pays déjà au bord du gouffre.

Pour mieux comprendre les positions en jeu, voici un résumé des principaux arguments :

  • Pour le désarmement : Renforcer l’autorité de l’État, réduire les tensions régionales, répondre aux attentes internationales.
  • Contre le désarmement : Préserver une force de dissuasion face à Israël, maintenir l’équilibre politique interne, protéger l’identité chiite.

Ce dialogue, s’il a lieu, devra naviguer entre ces écueils. Il nécessitera également un consensus rare dans un pays marqué par des divisions confessionnelles et politiques.

Un Pays au Bord du Précipice

Le Liban, déjà fragilisé par une crise économique sans précédent, des tensions sociales et les séquelles du conflit de 2024, se trouve à un carrefour. Le désarmement du Hezbollah, s’il est mal géré, pourrait raviver les tensions internes et compromettre la fragile trêve avec Israël. À l’inverse, un dialogue inclusif pourrait poser les bases d’une stabilité durable.

Le président du Parlement, en s’appuyant sur l’héritage de figures historiques comme Moussa Sadr, cherche à incarner une voix de modération. Mais dans un pays où chaque décision est scrutée par des acteurs régionaux et internationaux, la marge de manœuvre est étroite.

« Ce qui est proposé semble contourner les engagements pris pour la paix », a averti le président du Parlement, soulignant les risques d’une approche imposée de l’extérieur.

Vers une Issue Incertaine

Alors que le Liban s’engage dans ce débat crucial, les défis sont immenses. Le dialogue proposé devra répondre à des questions fondamentales : comment concilier sécurité nationale et souveraineté ? Comment intégrer le Hezbollah dans un cadre étatique sans provoquer de nouvelles fractures ? Et surtout, comment garantir que les efforts de paix ne soient pas sapés par de nouvelles violences ?

Pour l’heure, les frappes israéliennes dans le sud du Liban rappellent que la paix reste fragile. Chaque missile tiré, chaque vie perdue, est un rappel des enjeux de ce dialogue. Le Liban, plus que jamais, a besoin d’unité et de pragmatisme pour surmonter cette nouvelle épreuve.

Le Liban peut-il trouver la paix par le dialogue ? L’avenir nous le dira.

En conclusion, l’appel au dialogue lancé par le président du Parlement marque une étape décisive dans la gestion de la crise autour du Hezbollah. Entre pressions internationales, divisions internes et souvenirs d’un conflit récent, le Liban se trouve à un tournant. La réussite de ce dialogue dépendra de la capacité des acteurs libanais à privilégier l’intérêt national face aux influences extérieures. Une chose est certaine : les mois à venir seront cruciaux pour l’avenir du pays.

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