Imaginez un pays qui tente désespérément de retrouver la paix après plus d’un an de guerre dévastatrice, et pourtant, les explosions continuent de retentir. Au Liban, malgré un accord de cessez-le-feu signé en novembre 2024, les frappes israéliennes n’ont jamais vraiment cessé. Vendredi dernier, elles ont encore semé la mort, faisant douze victimes et ravivant les colères les plus vives.
Cette nouvelle vague de violence intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu. Le Liban cherche à stabiliser son territoire, à reconstruire ce qui a été détruit, mais les raids aériens rappellent sans cesse que la trêve reste précaire. Les autorités libanaises montent au créneau, et les réactions fusent de toutes parts.
Une recrudescence de violence qui interpelle
Les événements du vendredi ont particulièrement choqué. Dix personnes ont perdu la vie dans la vallée de la Bekaa, à l’est du pays, une région déjà lourdement marquée par les conflits passés. Deux autres victimes ont été recensées dans le camp palestinien d’Ain el-Héloué, au sud. Ces bilans, confirmés par les autorités sanitaires libanaises, illustrent la brutalité des opérations menées.
L’armée israélienne a justifié ces actions en affirmant avoir ciblé des centres de commandement appartenant au Hezbollah et au Hamas palestinien. Selon elle, ces sites représentaient une menace directe. Pourtant, du côté libanais, on parle d’une escalade injustifiée qui met en péril tous les efforts de pacification.
La réaction ferme du président Joseph Aoun
Le président libanais n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué officiel publié samedi, Joseph Aoun a qualifié ces bombardements d’agression flagrante. Il accuse directement ces frappes de viser à saper les initiatives diplomatiques menées par le Liban et ses partenaires internationaux.
Pour lui, ces attaques constituent une tentative claire de déstabiliser le pays alors même que des efforts sont déployés pour consolider la paix et mettre fin aux hostilités. Le message est clair : le Liban ne restera pas passif face à ce qu’il perçoit comme une violation répétée de sa souveraineté.
Ces attaques sont une agression flagrante visant à mettre à mal les efforts diplomatiques du Liban et de pays amis pour la stabilité et l’arrêt des hostilités israéliennes contre le Liban.
Joseph Aoun, président libanais
Cette déclaration souligne l’urgence de la situation. Le chef de l’État appelle implicitement la communauté internationale à intervenir plus fermement pour faire respecter les engagements pris.
La voix du Hezbollah et l’appel à la suspension du comité
Du côté du Hezbollah, la colère est tout aussi palpable. Un commandant du mouvement a été tué lors des frappes dans la Bekaa, ce qui renforce le sentiment d’injustice. Un député du parti, Rami Abou Hamdane, a tenu des propos très durs samedi.
Il refuse que les autorités libanaises se contentent d’observer la situation comme de simples commentateurs politiques. Selon lui, minimiser ces incidents revient à s’habituer à une violence inacceptable. Il va plus loin en réclamant une mesure forte.
Le mouvement n’acceptera pas que les autorités se comportent en simples analystes politiques, faisant peu de cas de frappes israéliennes auxquelles nous ne sommes habitués.
Rami Abou Hamdane, député du Hezbollah
Le député appelle donc le gouvernement à suspendre immédiatement les réunions du comité de surveillance du cessez-le-feu. Ce comité réunit les États-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies. Une prochaine session est prévue la semaine suivante, mais pour le Hezbollah, poursuivre les discussions sans arrêt des attaques n’a plus de sens.
Le cessez-le-feu de novembre 2024 sous haute tension
Pour comprendre l’ampleur de la crise actuelle, il faut revenir sur l’accord signé en novembre 2024. Cet arrangement a mis fin à une guerre d’un an entre Israël et le Hezbollah. Le mouvement pro-iranien en est sorti affaibli, mais les tensions n’ont jamais disparu.
Depuis cette date, les bombardements israéliens se poursuivent régulièrement. L’armée israélienne explique ces opérations par la nécessité de contrer le réarmement présumé du Hezbollah et de son allié Hamas. Chaque raid est présenté comme une mesure préventive contre des menaces imminentes.
Cependant, ces actions répétées créent un climat de peur permanente au Liban. Les populations locales vivent avec l’angoisse d’une nouvelle frappe à tout moment, même en période dite de trêve.
Le plan de désarmement et les critiques israéliennes
Le gouvernement libanais avance sur un autre front sensible : le désarmement du Hezbollah. En début de semaine, il a été annoncé que l’armée disposerait de quatre mois, renouvelables, pour mener à bien la deuxième phase de ce plan ambitieux.
Ce processus vise à retirer les armes au mouvement, considéré comme une force parallèle à l’armée régulière. Le Hezbollah, sorti diminué du conflit de 2024, fait l’objet d’une pression internationale et interne pour se conformer à cet objectif.
Mais du côté israélien, on juge les progrès insuffisants. Les autorités estiment que le rythme est trop lent et que des risques persistent. Cette perception alimente la justification des frappes continues.
Un bilan humain alarmant depuis la trêve
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, plus de 370 personnes ont été tuées dans des raids israéliens au Liban. Ce bilan, établi à partir des données fournies par les autorités libanaises, montre l’ampleur des violations.
Ces pertes touchent des civils, des combattants, des zones résidentielles. Elles creusent un fossé toujours plus large entre les parties et compliquent toute tentative de dialogue durable.
Parmi les victimes récentes figurent des profils variés, y compris un commandant du Hezbollah dans la Bekaa. Chaque mort ravive les accusations mutuelles et retarde la reconstruction nationale.
Vers une impasse diplomatique ?
La demande de suspension du comité de surveillance pose question. Ce mécanisme, impliquant des puissances internationales, était censé garantir le respect de la trêve. En le remettant en cause, le Hezbollah exprime une profonde défiance.
Si les réunions sont gelées, comment avancer sur les points clés comme le retrait des forces ou le contrôle des frontières ? La situation risque de s’enliser davantage, avec des conséquences humanitaires graves.
Le Liban se trouve dans une position délicate : il doit à la fois protéger sa souveraineté, gérer les pressions internes et répondre aux attentes internationales. Chaque nouvelle frappe complique cette équation déjà complexe.
Les enjeux régionaux plus larges
Ces événements s’inscrivent dans un contexte régional explosif. Le Hezbollah reste un acteur majeur, lié à l’Iran, tandis qu’Israël voit dans ces groupes une menace existentielle. Le Hamas, allié du mouvement libanais, ajoute une dimension palestinienne à l’équation.
Les efforts diplomatiques, soutenus par des pays comme les États-Unis et la France, visent à empêcher une reprise ouverte des hostilités. Mais la récurrence des incidents montre les limites actuelles de ces initiatives.
La communauté internationale observe avec inquiétude. Chaque violation érode un peu plus la crédibilité de l’accord de novembre 2024 et augmente le risque d’escalade incontrôlée.
Perspectives et incertitudes
Que réserve l’avenir proche ? La réunion du comité prévue la semaine prochaine sera décisive. Si elle est maintenue, pourra-t-elle aboutir à des mesures concrètes ? Ou au contraire, la suspension demandée par le Hezbollah deviendra-t-elle réalité ?
Le plan de désarmement avance, mais sous la menace constante des raids. L’armée libanaise doit démontrer sa capacité à prendre le contrôle total du territoire, une tâche immense dans le contexte actuel.
Les populations, elles, aspirent simplement à la sécurité. Vivre sans craindre les sirènes d’alerte, reconstruire les maisons détruites, relancer l’économie : ces objectifs paraissent lointains quand les bombes tombent encore.
Le Liban traverse une période critique. Les condamnations fortes du président et les appels du Hezbollah montrent que la patience s’effrite. La balle est désormais dans le camp des acteurs impliqués dans la surveillance du cessez-le-feu.
Restera-t-il un espace pour la diplomatie ? Ou assisterons-nous à une nouvelle spirale de violence ? Seul le temps le dira, mais les événements récents rappellent cruellement que la paix reste fragile au Moyen-Orient.
Pour l’instant, le pays retient son souffle, espérant que la raison l’emporte sur la force brute. Mais avec plus de 370 morts depuis novembre 2024, le compte des victimes continue de s’alourdir, et avec lui, le doute sur l’avenir.









