ActualitésInternational

L’hôpital Kamal Adwan de Gaza vidé après une opération israélienne

L'unique hôpital encore opérationnel au nord de la bande de Gaza a été vidé de ses patients et de son personnel suite à une offensive de l'armée israélienne visant des combattants palestiniens. L'OMS s'est dite "consternée" par cette opération qui laisse la population sans accès aux soins...

En plein cœur du conflit israélo-palestinien, l’unique hôpital encore en service dans le nord de la bande de Gaza s’est retrouvé au centre d’une opération militaire d’envergure menée par Israël. D’après une source proche du dossier, l’hôpital Kamal Adwan, déjà fragilisé par plus d’un an de guerre, a été entièrement vidé de ses patients et de son personnel suite à cette offensive visant officiellement des combattants palestiniens.

Un « centre de commandement » du Hamas visé

Les autorités israéliennes affirment que l’établissement servait de centre de commandement à des membres du Hamas et du Jihad islamique, les deux principaux mouvements armés palestiniens. Une version contestée par le personnel médical sur place. Quoi qu’il en soit, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est dite « consternée » face à cette situation, soulignant que l’hôpital Kamal Adwan était désormais « vide » et « hors service ».

Des arrestations massives, des patients forcés à se déshabiller

Lors de ce raid mené vendredi, l’armée israélienne affirme avoir procédé à l’arrestation de plus de 240 personnes, dont le directeur de l’hôpital lui-même, le Dr Hossam Abou Safiya, « suspecté d’être un terroriste du Hamas ». Des sources locales font même état de scènes dégradantes :

L’armée a demandé à tous les jeunes hommes de se déshabiller avant de sortir de l’hôpital et de se rendre dans une école utilisée comme centre de détention et d’interrogatoire.

Mohammad, témoin qui a préféré taire son nom

Un patient, Ramadan Al-Aswad, raconte avoir été retenu nu dans un camion pendant des heures après son interrogatoire. Des allégations relayées par l’OMS, qui évoque des personnes « déshabillées et forcées à marcher vers le sud de Gaza ».

Un établissement crucial réduit à néant

Au-delà de la violence de l’opération, c’est tout un pan du système de santé gazaoui qui se retrouve anéanti. Car l’hôpital Kamal Adwan, malgré les dégâts matériels et les pénuries liées au blocus, restait un point de référence indispensable pour la population du nord de l’enclave palestinienne.

D’après le porte-parole de la Défense civile locale Mahmoud Bassal, « l’occupation (israélienne) a complètement détruit l’ossature médicale, humanitaire et de secours dans le nord de Gaza ». Un constat partagé par Ammar al-Barch, un habitant de 50 ans: « La situation est catastrophique, il n’y a plus de service médical, d’ambulances et de secouristes dans le nord ».

La Défense civile dénonce 9 morts dans une frappe

En parallèle du raid sur l’hôpital, la Défense civile palestinienne a rapporté la mort de 9 personnes, dont des femmes et des enfants, dans une frappe israélienne sur une maison du centre de Gaza samedi matin. De son côté, Israël a indiqué avoir intercepté deux roquettes tirées depuis le nord du territoire.

Malgré la gravité de ces événements, le gouvernement israélien ne semble pas vouloir relâcher la pression militaire pour le moment. Une situation de plus en plus intenable pour les Gazaouis, pris en étau entre les bombardements et la détérioration des conditions de vie. Avec la mise hors service du dernier grand hôpital du nord, c’est un peu plus d’espoir qui s’envole pour cette population meurtrie par des années de blocus et de conflits à répétition.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.