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Les Seins de Dalida : Polémique Explosive à Montmartre

À Montmartre, des milliers de touristes caressent chaque jour les seins de la statue de Dalida. Ce geste anodin est-il devenu sexiste ? Les élus parisiens veulent protéger la star… mais derrière eux, quelqu’un touche encore la poitrine. L’histoire folle qui a fait vaciller Yann Barthès.

Imaginez-vous en haut de Montmartre, face à cette silhouette élégante en bronze qui domine la petite place depuis 1997. Dalida, bras légèrement écartés, regarde l’horizon avec son sourire éternel. Et puis, systématiquement, les mains se lèvent. Pas pour applaudir, non : pour caresser, polir, presque embrasser la poitrine de la diva. Un geste devenu rituel, presque superstition, qui fait briller le bronze comme aucun autre endroit de la statue. Ce qui était autrefois un hommage un peu coquin est devenu, en novembre 2025, une véritable tempête médiatique.

Quand un simple toucher devient un débat national

Tout a commencé par une proposition apparemment anodine d’élus écologistes parisiens : protéger la poitrine de la statue pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « geste sexiste ». L’idée ? Poser une grille, une vitre, ou tout simplement sensibiliser les visiteurs. Très vite, la machine médiatique s’emballe. Les chaînes d’information en continu tournent en boucle, les plateaux s’enflamment et même les émissions satiriques s’en mêlent. Parce que, soyons honniques, la question est aussi absurde que fascinante.

Comment un hommage populaire, répété des millions de fois depuis près de trente ans, peut-il soudainement être perçu comme une agression ? Et surtout, qui a raison dans cette histoire ? Ceux qui voient dans ce toucher une marque de tendresse collective ou ceux qui y décèlent une forme de harcèlement post-mortem ?

L’histoire derrière le bronze qui brille

La statue a été réalisée par le sculpteur Aslan, connu pour ses pin-up des années 70 et son sens très… charnel de la femme. Quand il a créé Dalida, il a choisi de la représenter dans une robe moulante made in 1980, avec une poitrine généreuse et mise en valeur. À l’inauguration, l’artiste lui-même avait plaisanté : « Touchez-la, ça porte bonheur ! » Personne n’imaginait que ce clin d’œil deviendrait une tradition planétaire.

Au fil des années, le phénomène s’est amplifié. Des Japonais aux Brésiliens, des influenceurs aux familles entières, tout le monde veut sa photo « porte-bonheur ». Résultat : les seins de Dalida sont devenus l’endroit le plus lustré de tout Paris. Un polish naturel, gratuit et permanent. Les restaurateurs du quartier en rient encore : « Quand on voit le bronze briller comme ça, on sait que la journée va être bonne. »

« C’est le seul monument parisien qui a les seins plus brillants que la flamme du Soldat inconnu »

Un guide touristique anonyme

Le moment où Yann Barthès perd ses moyens

Le 28 novembre 2025, l’équipe de Quotidien décide de consacrer un sujet à cette polémique inattendue. Yann Barthès, d’ordinaire maître de l’ironie, commence par une pointe d’humour : « On va parler anatomie patrimoniale ce soir. » Puis il lance les images. On y voit des touristes du monde entier, sourire aux lèvres, poser leur main exactement au même endroit.

Mais le meilleur arrive quand il diffuse l’interview d’un élu parisien qui dénonce avec gravité ce « geste déplacé ». En arrière-plan, bien visible, un passant profite de l’instant pour… caresser la statue. Le silence sur le plateau est immédiat. Même Ambre Chalumeau, pourtant habituée aux séquences décalées, reste bouche bée.

Yann Barthès, rarement pris au dépourvu, lâche un simple : « Attendez… regardez derrière lui. » Le malaise est palpable, mais délicieux. L’animateur conclut, mi-gêné mi-amusé : « Au début on se dit que c’est une polémique un peu bête… et puis on voit ça. »

Les arguments des deux camps

Pour comprendre l’ampleur du débat, il faut écouter les deux parties.

Du côté des défenseurs de la protection :

  • Le geste, même sur une statue, reconduit un schéma de sexualisation des femmes
  • Il est répété majoritairement par des hommes sur une figure féminine
  • Il empêche toute lecture artistique sereine de l’œuvre
  • Il serait impensable sur une statue d’homme (essayez d’imaginer des touristes caressant les parties d’un Johnny Hallyday en bronze…)

Du côté des défenseurs de la tradition :

  • Le geste est affectueux, jamais obscène
  • Dalida elle-même, connue pour son humour et sa sensualité assumée, aurait probablement ri de cette polémique
  • C’est une forme d’hommage populaire unique, comme frotter le pied de la statue de Molière à l’Académie française
  • Interdire ce toucher reviendrait à nier trente ans de culture touristique spontanée

Et ailleurs dans le monde ?

Ce genre de rituel n’est pas isolé. À Vérone, les seins de la statue de Juliette sont eux aussi lustrés en permanence (et là aussi, des voix s’élèvent pour demander une protection). À New York, la statue du Taureau de Wall Street voit son entrejambe et ses cornes polies par des milliers de mains chaque jour. À La Nouvelle-Orléans, la tombe de la prêtresse vaudou Marie Laveau est couverte de XXX tracés par les visiteurs.

Partout, le toucher semble faire partie de l’expérience mémorielle. Mais partout aussi, la question du respect des figures féminines revient avec plus d’acuité à l’ère #MeToo.

Que va-t-il se passer maintenant ?

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la Mairie de Paris n’a pris aucune décision définitive. Une réunion est prévue début décembre avec les héritiers de Dalida, les représentants du quartier et des associations féministes. Plusieurs solutions circulent :

  • Une simple plaque explicative demandant le respect
  • Un cordon de sécurité (refusé par les habitants qui y voient une « disneylandisation »)
  • Une reproduction de la statue dans un musée, laissant l’originale en paix
  • Rien du tout : laisser les seins de Dalida continuer à briller

En attendant, les touristes continuent. Et le bronze, imperturbable, garde son éclat si particulier sous le soleil d’hiver de Montmartre.

Car au fond, cette polémique dit surtout une chose : Dalida, près de quarante ans après sa disparition, continue de fasciner, de provoquer, d’émouvoir. Ses seins en bronze, devenus le point de contact entre des millions de personnes et son mythe, sont peut-être le plus bel hommage qu’on pouvait lui rendre. Un hommage vivant, tactile, parfois maladroit, mais profondément humain.

Et vous, la prochaine fois que vous passerez place Dalida, que ferez-vous ?

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