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L’EPR de Flamanville prêt à alimenter le réseau électrique français

Le fleuron de la technologie nucléaire française, l'EPR de Flamanville, est sur le point de franchir une étape cruciale. Après plus d'une décennie de déboires, ce puissant réacteur va enfin pouvoir délivrer ses premiers électrons au réseau électrique national...

C’est un moment attendu depuis plus de douze ans. L’EPR de Flamanville, le réacteur nucléaire le plus puissant jamais construit en France, s’apprête à franchir une étape cruciale : son premier raccordement au réseau électrique national. Cette opération délicate, minutieusement préparée, marque le début d’un long processus qui mènera ce géant de 1650 mégawatts à sa pleine puissance à l’été 2025.

Un chantier pharaonique et semé d’embûches

Le projet EPR de Flamanville, démarré en 2007, a connu de nombreux déboires. Retards à répétition, malfaçons, dérapages budgétaires… La facture finale devrait avoisiner les 13 milliards d’euros, soit plus du triple du devis initial. Un gouffre financier pour EDF, l’électricien national, qui espère bien que la mise en service de ce fleuron technologique marquera un nouveau départ.

Un couplage au réseau en douceur

Le raccordement au réseau, ou « couplage » dans le jargon nucléaire, sera réalisé par étapes. Dans un premier temps, le réacteur ne délivrera que quelques mégawatts. Sa montée en puissance se fera graduellement, avec de nombreux arrêts et redémarrages pour tester tous les systèmes en conditions réelles. L’objectif : atteindre un fonctionnement nominal à l’été 2025, avec une production annuelle d’électricité équivalente à la consommation de 2 millions de foyers.

Saluons les équipes qui sont allées jusqu’au bout. Elles n’ont rien lâché pour mettre en service ce réacteur, ce qui prépare la relance du nucléaire en France.

Olivier Bard, délégué général du Gifen (Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire)

Priorité absolue à la sûreté

Tout au long de cette montée en puissance, la sûreté sera la priorité numéro un. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), le gendarme du nucléaire, suivra de près chaque étape. Plusieurs autorisations devront être délivrées pour franchir les paliers de 25%, 60% et 80% de la puissance nominale. Des tests poussés seront réalisés, simulant même des incidents graves comme la perte brutale de l’alimentation électrique.

Déjà un œil vers l’avenir

Même si l’EPR de Flamanville n’a pas encore délivré son premier électron commercial, EDF pense déjà à la suite. Dès 2026, la première visite complète du réacteur est programmée, avec notamment le remplacement préventif du couvercle de la cuve. L’objectif : assurer une exploitation fiable et sûre pendant au moins 60 ans. Car malgré un démarrage difficile, Flamanville reste un pari sur l’avenir pour la France, qui mise plus que jamais sur son indépendance énergétique et la décarbonation de son mix électrique.

  • L’EPR de Flamanville va injecter ses premiers kilowattheures sur le réseau électrique ce mois-ci
  • La montée en puissance se fera par paliers, jusqu’à l’été 2025
  • La sûreté restera la priorité à chaque étape, sous le contrôle strict de l’ASN
  • Malgré les déboires, la filière nucléaire française veut croire en l’avenir avec l’EPR

Alors que la crise énergétique fait rage en Europe et que la lutte contre le réchauffement climatique s’intensifie, l’entrée en lice de l’EPR de Flamanville est un événement à haute portée symbolique et stratégique. Il doit prouver la capacité de l’industrie nucléaire tricolore à relever les défis technologiques et économiques du 21ème siècle. Un pari loin d’être gagné, mais crucial pour l’avenir énergétique du pays.

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