Quand Luca de Meo, le directeur général du groupe Renault, a choisi de nommer Flavio Briatore à la tête d’Alpine F1 en juin dernier, il savait qu’il misait sur un homme au caractère bien trempé. Mais personne n’imaginait à quel point l’Italien de 74 ans allait bousculer l’écurie française en quelques mois seulement. Retour sur un come-back aussi inattendu que fracassant.
Un duo qui se comprend
«J’avais un super feeling avec Luca. Je pense que c’est un génie. La seule partie manquante, c’est la Formule 1. Je pense, moi, être un génie de ce sport. On s’est bien trouvés. » Voilà comment Flavio Briatore lui-même décrit sa relation avec Luca de Meo et justifie sa nomination surprise. Une manière bien à lui de mettre en avant son ego surdimensionné et son ambition dévorante pour Alpine.
La méthode Briatore
Depuis son arrivée, Briatore a mis en place sa méthode bien connue : tout contrôler, ne rien lâcher. Selon des sources proches de l’écurie, il passe au crible chaque décision, chaque détail, et n’hésite pas à remettre en cause le travail de ses équipes. Un management intransigeant qui bouscule les habitudes d’Alpine, plus habituée ces dernières années à une certaine stabilité.
Des premières victimes
Les premiers effets du raz-de-marée Briatore n’ont pas tardé. Otmar Szafnauer, le team principal en place depuis début 2022, a été remercié sans ménagement fin juillet. Motif invoqué en interne : des résultats en demi-teinte et un manque de leadership. Mais officieusement, on murmure que le courant n’est jamais vraiment passé entre lui et Briatore, ce dernier voulant les mains totalement libres pour impulser sa propre vision.
Des pilotes sous pression
Les pilotes ne sont pas épargnés. Si l’avenir de Pierre Gasly semble assuré, son leader, ce n’est pas le cas d’Esteban Ocon dont le contrat se termine fin 2024. Selon plusieurs observateurs, les performances du français sont jugées insuffisantes par Briatore qui n’exclut pas un changement. Des noms circulent déjà pour le remplacer, dont celui d’Oscar Piastri, grand espoir australien. De quoi mettre une pression maximale sur les épaules d’Ocon.
Cap sur 2025
Mais l’objectif numéro 1 de Briatore, c’est 2025 et le nouveau règlement moteur. L’Italien veut faire d’Alpine un top team pour jouer le titre à cet horizon. Pour cela, il est prêt à tout comme le prouve le recrutement du motoriste réputé Gilles Simon, passé par Ferrari et la FIA. Un gros coup sur l’échiquier de la F1.
L’inquiétude grandit
Si la plupart des observateurs saluent l’ambition et le leadership de Briatore, certains s’inquiètent de ses méthodes très autoritaires. Son passé controversé, entre crashgate et gestion opaque, fait craindre des dérapages. Le spectre d’une écurie totalement focalisée sur la performance, au détriment de l’éthique et de l’état d’esprit, commence à ressurgir.
Il faut rester vigilant avec un personnage comme Briatore. Son retour est un pari très risqué pour Alpine et potentiellement pour l’image de la F1.
– Un ancien dirigeant d’écurie
Une crainte partagée dans le paddock où la réputation sulfureuse de l’Italien est dans tous les esprits. Son come-back tonitruant ne fait que renforcer les doutes de ceux qui voient en lui un danger plus qu’un atout.
Le pari de Renault
Mais pour l’heure, la direction de Renault assume son choix et donne carte blanche à Briatore pour redresser la barre. Luca de Meo veut des résultats et vite. Quitte à brusquer les équipes en place et bouleverser les équilibres. Un pari très risqué dont l’avenir d’Alpine dépend fortement.
Une chose est sûre : avec Flavio Briatore aux manettes, Alpine ne sera plus jamais la même. En bien ou en mal, l’avenir nous le dira. Mais une page se tourne assurément pour l’écurie française, embarquée malgré elle dans la tornade Briatore. Virage serré en vue !