L’effondrement de Credit Suisse en mars 2023 a ébranlé le monde de la finance. Seule l’intervention in extremis des autorités helvétiques a permis d’éviter une crise financière internationale. Mais aujourd’hui, c’est au tour du gendarme suisse des marchés financiers d’être sur la sellette. Après une enquête approfondie, une commission parlementaire vient en effet de publier un rapport particulièrement critique envers la Finma, pointant son incapacité à empêcher les dérives au sein de l’ex-numéro deux bancaire suisse.
Les hauts dirigeants de Credit Suisse sur le banc des accusés
S’appuyant sur dix-huit mois d’investigations, l’analyse de plus de 30 000 documents et l’audition de 79 personnes, la commission d’enquête est formelle. La responsabilité première de la débâcle incombe au conseil d’administration et à la direction de Credit Suisse :
Le rapport n’a identifié aucun comportement fautif de la part des autorités suisses. Elles ont même permis d’éviter une crise financière internationale.
Rapport de la commission d’enquête parlementaire
En revanche, les parlementaires n’ont pas été tendres avec la Finma, déplorant son « inefficacité partielle », y compris bien avant la panique sur les marchés. Ils s’interrogent notamment sur les « vastes allègements de fonds propres » accordés à la banque dès 2017, sans lesquels elle aurait eu toutes les peines du monde à respecter les exigences réglementaires les années suivantes.
Une Finma trop conciliante avec les banques ?
Si le gendarme financier a bien lancé de multiples procédures et avertissements contre Credit Suisse, il n’est jamais allé jusqu’à lui retirer son autorisation d’exercer. Un manque de fermeté que la commission ne s’explique pas, d’autant que les dirigeants de la banque se montraient « réticents » face aux injonctions du régulateur.
Pas sûr toutefois que le durcissement des règles, qui semble se profiler, soit du goût des banques. Lors de sa dernière assemblée générale, le patron d’UBS s’est dit « préoccupé », mettant en garde contre des mesures qui pénaliseraient l’établissement face à ses concurrents étrangers. À l’inverse, l’association des employés de banque réclame davantage de moyens et une surveillance renforcée.
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Plus largement, le rapport pointe du doigt une mise en œuvre « hésitante » des règles pour les établissements dits d’importance systémique, ces mastodontes dont la faillite menacerait toute l’économie. Le gouvernement et le Parlement auraient ainsi accordé « une trop grande importance » aux demandes des grandes banques, au détriment d’un encadrement strict de leurs activités.
Vers un durcissement de la réglementation bancaire ?
Pour la commission, les leçons de cette crise doivent « impérativement » être tirées. D’autant qu’en 2008 déjà, l’État avait dû voler au secours d’UBS. Quant à la fusion entre les deux géants bancaires suisses, elle fait émerger un mastodonte encore plus imposant, source de vives inquiétudes dans le pays.
Pas sûr toutefois que le durcissement des règles, qui semble se profiler, soit du goût des banques. Lors de sa dernière assemblée générale, le patron d’UBS s’est dit « préoccupé », mettant en garde contre des mesures qui pénaliseraient l’établissement face à ses concurrents étrangers. À l’inverse, l’association des employés de banque réclame davantage de moyens et une surveillance renforcée.
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Pour la commission, les leçons de cette crise doivent « impérativement » être tirées. D’autant qu’en 2008 déjà, l’État avait dû voler au secours d’UBS. Quant à la fusion entre les deux géants bancaires suisses, elle fait émerger un mastodonte encore plus imposant, source de vives inquiétudes dans le pays.
Pas sûr toutefois que le durcissement des règles, qui semble se profiler, soit du goût des banques. Lors de sa dernière assemblée générale, le patron d’UBS s’est dit « préoccupé », mettant en garde contre des mesures qui pénaliseraient l’établissement face à ses concurrents étrangers. À l’inverse, l’association des employés de banque réclame davantage de moyens et une surveillance renforcée.
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