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Le Point Nemo : La Zone La Plus Isolée Des Océans

Au cœur du Pacifique Sud se trouve le Point Nemo, l'endroit le plus isolé au monde. Les navigateurs du Vendée Globe redoutent cette zone où la moindre avarie peut tourner au cauchemar. Découvrez les secrets de ce lieu mythique et les défis qu'il impose aux marins...

Au cœur du Pacifique Sud, à des milliers de kilomètres de toute terre émergée, se cache un endroit mythique et redouté des navigateurs : le Point Nemo. Baptisé ainsi en référence au célèbre capitaine du roman de Jules Verne, ce lieu détient un record peu enviable, celui du point océanique le plus isolé au monde. Une zone que les skippers du Vendée Globe, engagés dans un tour du planète en solitaire et sans escale, s’apprêtent à traverser non sans une certaine appréhension.

Le Point Nemo, une solitude extrême

Situé à plus de 2600 km de toute côte, le Point Nemo est l’archétype de l’isolement océanique. Les terres les plus proches sont l’île Ducie au Nord, l’île Maher à l’Est, l’île Chatham à l’Ouest et l’Antarctique au Sud. Mais à pareille distance, aucune de ces terres lointaines n’offre un véritable refuge. Même la Station Spatiale Internationale, qui orbite à 400 km au-dessus de nos têtes, est plus proche que le premier morceau de terre !

Cet éloignement extrême fait du Point Nemo un endroit à nul autre pareil pour qui aime la solitude. Mais pour les marins du Vendée Globe lancés dans un tour du monde épuisant et éprouvant, cette isolation totale est surtout synonyme de danger.

Aucun secours à l’horizon

Au Point Nemo, la moindre avarie peut virer au cauchemar. Car dans ce désert liquide, hors de question de compter sur une intervention rapide des secours. Aucun hélicoptère ne peut parcourir de pareilles distances. Quant aux bateaux, il leur faudrait plus de dix jours pour rallier la zone depuis les ports les plus proches.

Et ne comptez pas non plus croiser la route d’un cargo providentiel. Cette région du globe étant à l’écart des grandes routes maritimes, le trafic y est quasi inexistant. Autant dire qu’en cas de souci, les navigateurs sont livrés à eux-mêmes et ne peuvent espérer qu’un coup de main d’un concurrent qui accepterait de se dérouter. Un scénario rare mais qui s’est déjà produit par le passé.

Quand on est seul au milieu de nulle part et que les ennuis s’accumulent, on réalise à quel point on est petit et vulnérable face à l’immensité de l’océan.

Un skipper ayant affronté le Point Nemo

Des conditions météo redoutables

S’ajoutent à cette solitude des conditions de navigation particulièrement rudes. Le Point Nemo se trouve en effet dans les Quarantièmes rugissants, ces latitudes de l’hémisphère Sud réputées pour leurs dépressions à répétition et leurs vents violents. De quoi transformer la moindre réparation sur le pont en véritable calvaire.

Des conditions qui mettent les hommes et le matériel à rude épreuve. D’autant que les navigateurs arrivent dans cette zone après plus d’un mois de mer, fatigués et éprouvés par les milles accumulés. La vigilance est donc de mise pour franchir sans encombre ce redoutable passage obligé vers les mers du Sud.

Un cimetière de bateaux

Malheureusement, par le passé, certains n’ont pas eu cette chance. Le Point Nemo et ses environs ont été le théâtre d’avaries sérieuses, parfois fatales aux bateaux. En 2016, c’est le skipper Paul Meilhat qui avait dû mettre un terme à sa course autour du monde après une grave avarie de quille survenue à proximité de ce point maudit. Il avait alors dû affronter une mer démontée pendant 8 jours avant de rejoindre la terre ferme en Polynésie.

Je n’avais jamais eu aussi peur sur un bateau. Je me suis demandé si j’allais m’en sortir vivant.

Paul Meilhat, skipper victime d’une avarie près du Point Nemo

Des histoires qui rappellent la dureté de ces mers lointaines et la nécessité d’être parfaitement préparé pour s’y aventurer. Car au Point Nemo, l’erreur n’est pas permise. Les navigateurs du Vendée Globe en sont bien conscients et redoubleront de prudence au moment d’y pénétrer dans les prochains jours.

Le pôle maritime d’inaccessibilité

Point extrême parmi les points extrêmes, le Point Nemo détient un record absolu, celui du pôle maritime d’inaccessibilité. En d’autres termes, il n’existe aucun autre endroit des océans du globe aussi éloigné de toute terre émergée.

Sa position a été déterminée en 1992 par l’ingénieur croate Hrvoje Lukatela, à l’aide d’un programme géo-spatial. Ses coordonnées exactes sont 48°52’36 » de latitude Sud et 123°23’36 » de longitude Ouest.

Latitude48°52’36 » Sud
Longitude123°23’36 » Ouest
OcéanPacifique Sud
Distance des terres les plus proches2688 km

Mais au-delà de sa dimension géographique, le Point Nemo est aussi un symbole. Celui de l’aventure maritime, du dépassement de soi, de l’homme seul face aux éléments. Des valeurs que les skippers du Vendée Globe, véritables Nemo des temps modernes, incarnent à merveille à chaque édition. Prêts à braver tous les dangers pour assouvir leur soif d’exploit et repousser les limites du possible.

Un nom lourd de sens

Le nom de Point Nemo n’a pas été choisi au hasard. Il fait directement référence au héros du roman de Jules Verne Vingt mille lieues sous les mers. Un clin d’oeil qui prend tout son sens quand on songe au destin de ce personnage mystérieux, en rupture avec le monde terrestre.

Le capitaine Nemo incarne à merveille cette quête de solitude absolue et d’évasion loin de la société des hommes. Une aspiration que l’on retrouve chez de nombreux marins au long cours.

Un spécialiste de la littérature maritime

Mais Nemo signifie aussi « personne » en latin. Une autre façon de souligner qu’en ce point unique, l’être humain n’est qu’un minuscule point perdu au milieu de l’immensité océane. Une invitation à l’humilité et au respect face aux forces de la nature.

Le Vendée Globe, un défi hors norme

S’aventurer au large du Point Nemo est un défi que peu de marins osent relever. Il faut pour cela prendre le départ d’une course mythique, le Vendée Globe, tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance. Une épreuve extrême longue de plus de 40 000 km qui voit s’affronter tous les 4 ans les meilleurs skippers du circuit.

Cette année, ils sont 33 à avoir pris le départ des Sables d’Olonne mi-novembre pour cette folle aventure autour de la planète. Après un peu plus d’un mois de mer, le trio de tête s’approche à grands pas du fameux Point Nemo qu’il devrait atteindre d’ici 2 à 3 jours si tout va bien.

Mais prudence est mère de sûreté comme aiment à le répéter les marins. Dans cette zone hostile, chacun avance avec la peur au ventre, priant pour ne pas connaître d’avarie. Car au Point Nemo, le moindre pépin technique peut rapidement tourner au drame. Les skippers en sont bien conscients et mettront tout en œuvre pour passer ce cap délicat sans encombre.

Conclusion

Traverser le Point Nemo restera à jamais un moment fort dans la vie d’un marin. C’est se frotter à l’endroit le plus isolé de la planète, défier les éléments mais aussi se confronter à soi-même et à sa propre solitude. Une expérience unique que peu d’êtres humains auront la chance – ou la folie – de vivre un jour.

Mais pour les skippers du Vendée Globe, c’est une étape obligée dans leur quête du Graal, cette victoire tant convoitée dans ce qui reste la course au large la plus difficile du monde. S’ils réussissent à franchir sans accroc le Point Nemo et ses pièges, ils auront déjà remporté une belle victoire. Avant de s’attaquer à la suite de leur périple et à de nouveaux défis tout aussi excitants sur la route du légendaire Cap Horn. L’aventure continue !

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