La rédaction du Monde traverse une zone de turbulences. Selon une source interne, le quotidien a dû retirer en urgence des images jugées choquantes sur le conflit à Gaza, qui étaient affichées dans ses locaux. Cette décision fait suite à une enquête publiée par un autre média, qui a mis en lumière un malaise grandissant au sein du journal sur le traitement du conflit israélo-palestinien.
L’existence d’un « mur de Gaza », un patchwork mêlant coupures de presse, photos d’enfants mutilés et une chronologie à charge contre Israël, a particulièrement choqué. La direction affirme que ces images, placées près du bureau d’un salarié non-journaliste, ont été retirées dès qu’elle en a eu connaissance. Mais des voix s’élèvent pour dénoncer un « procès d’intention » et une « campagne de dénigrement ».
Un journaliste pro-palestinien dans la tourmente
Au cœur de la polémique, Benjamin Barthe, rédacteur en chef adjoint du service international, connu pour ses positions pro-palestiniennes affirmées. Marié à une militante palestinienne, il est accusé par certains de défendre une ligne partiale. La direction lui a cependant renouvelé son « soutien » et assure veiller à l’indépendance de la couverture du conflit.
Mais le malaise semble profond, comme en témoigne cette phrase choc prononcée en réunion : « On a un problème avec la communauté juive, ils sont hostiles ». De quoi relancer le débat sur la déontologie et l’objectivité des journalistes face à des sujets ultra-sensibles.
Le spectre du militantisme
Ces révélations interviennent alors que les médias français sont régulièrement accusés, notamment par les soutiens d’Israël, de parti-pris anti-israélien. Le traitement du conflit, avec son lourd passif historique et ses passions, est un véritable champ de mines.
Comment assurer une couverture factuelle et équilibrée ? Comment cantonner ses engagements personnels hors du travail journalistique ? Autant de questions épineuses que devront trancher les rédactions, à l’heure où les réseaux sociaux aiguisent les crispations.
Un électrochoc salutaire ?
Cette crise pourrait paradoxalement avoir un effet bénéfique, en poussant les journaux à clarifier leur ligne et renforcer leur dispositif déontologique. Beaucoup appellent à un travail de pédagogie sur le long terme pour déconstruire les préjugés et rappeler les fondamentaux du métier.
Il faut réaffirmer haut et fort les principes d’honnêteté, d’équité et d’indépendance. Un journal n’est pas un tract, ses journalistes ne sont pas des militants.
Un médiateur de presse
Une chose est sûre : cette affaire, en posant des questions dérangeantes, contribue à une saine vigilance. Car pour rester crédibles, les médias doivent absolument convaincre de leur impartialité et de leur rigueur. En ces temps de défiance, c’est un défi vital pour notre démocratie.