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Le Conseil d’État Rejette la « Démasculinisation » de la Grammaire

Un enseignant a saisi le Conseil d'État, demandant de "démasculiniser" la grammaire pour le bien de sa fille. Découvrez la décision de la plus haute juridiction administrative qui fera date...

La bataille de l’écriture inclusive et de la démasculinisation de la langue française vient de connaître un nouveau rebondissement. Un père enseignant, considérant que la règle grammaticale du « masculin qui l’emporte » était préjudiciable à sa fille collégienne, avait saisi le Conseil d’État. Mais la plus haute juridiction administrative en a décidé autrement : les conventions actuelles restent de mise dans l’enseignement.

Le masculin générique jugé discriminatoire par un père

Tout est parti de la démarche d’un professeur, père d’une jeune collégienne. Estimant que la règle grammaticale selon laquelle « le masculin l’emporte sur le féminin » était source d’inégalités et portait préjudice à sa fille, il a demandé au Conseil d’État de faire évoluer les usages.

Mon prof de sport avait dit « tous », j’avais répondu « touz » et il m’a engueulée.

Une collégienne citée par le journal 20 Minutes

Le requérant s’appuyait sur le principe d’une scolarisation inclusive devant bénéficier à tous les enfants. Selon lui, la prévalence du masculin empêcherait les élèves « appartenant aux minorités de genre » de « recevoir des outils langagiers pour se penser et se dire ».

Le Conseil d’État maintient les règles grammaticales en vigueur

Mais les arguments présentés n’ont pas convaincu le Conseil d’État. La juridiction a estimé que veiller à l’inclusion de tous à l’école ne pouvait avoir pour conséquence d’imposer une « démasculinisation de la grammaire », comme le réclamait le père de famille.

Les sages ont également jugé qu’il n’était pas nécessaire de saisir la Cour de justice de l’Union européenne sur le sujet. En somme, l’interdiction du recours à l’écriture inclusive dans l’enseignement, notamment l’usage du point médian, a été validée.

Un débat ancien et passionné sur la féminisation de la langue

La décision du Conseil d’État s’inscrit dans une polémique de longue date concernant la féminisation des noms de métiers et l’usage de l’écriture inclusive. Depuis des années, les « défenseurs de la langue française » s’opposent aux partisans d’une réforme de l’orthographe et de la grammaire.

  • En 2017, l’Académie française s’était vivement opposée à la généralisation de l’écriture inclusive, la jugeant « nuisible » à la langue.
  • Le gouvernement avait proscrit son usage dans les textes officiels en 2021.
  • Mais de nombreuses institutions, entreprises et médias ont adopté certains de ses codes.

Pour les défenseurs de la féminisation et de l’inclusivité, il s’agit d’un combat pour l’égalité et la visibilité des femmes et des personnes non-binaires. Leurs opposants dénoncent une dénaturation de la langue française et une soumission aux diktats des minorités.

L’école, théâtre des affrontements idéologiques

Avec la décision du Conseil d’État, c’est le statu quo qui semble l’emporter dans l’enseignement. Mais nul doute que le débat est loin d’être clos. La question de la représentation des genres dans la langue continue de diviser la société française.

Cacophonie, illisibilité, confusion : l’écriture inclusive n’est pas seulement contre-productive pour l’égalité, elle est surtout une négation de la langue française.

Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale

Quoi qu’il en soit, l’école apparaît plus que jamais comme le miroir des fractures idéologiques qui traversent le pays. Chaque camp tente d’y faire prévaloir sa vision de la société et son rapport à la langue. En attendant, c’est la règle du « masculin qui l’emporte » qui reste en vigueur dans les salles de classe, avec la bénédiction du Conseil d’État.

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