Le Brésil franchit un nouveau cap dans la protection des peuples autochtones sous la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva. Mercredi dernier, le chef d’État a signé des décrets officialisant la création de trois réserves indigènes supplémentaires sur le territoire brésilien. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2023, ce sont désormais 13 nouveaux territoires qui ont été légalisés pour les communautés indigènes du pays. Une avancée majeure saluée par de nombreux défenseurs de l’environnement et des droits des peuples autochtones.
Lula, le champion de l’homologation des terres indigènes
Lors d’une cérémonie officielle à Brasilia, le président Lula a réaffirmé son engagement envers les peuples indigènes du Brésil. « Il nous reste encore deux ans de mandat et nous allons continuer à travailler pour légaliser toutes les terres possibles », a-t-il déclaré avec détermination. Il est même allé jusqu’à dire que s’il devait définir l’héritage de sa présidence, ce serait celui du dirigeant ayant homologué le plus grand nombre de terres indigènes dans l’histoire du pays.
Des réserves cruciales pour lutter contre le réchauffement climatique
Au-delà de la reconnaissance des droits ancestraux des peuples autochtones sur leurs terres, la création de ces réserves revêt une importance capitale dans la lutte contre le changement climatique. Comme l’expliquent de nombreux experts, ces territoires protégés constituent de véritables remparts face à la déforestation galopante et aux incendies dévastateurs qui ravagent l’Amazonie et d’autres régions du Brésil. En préservant ces écosystèmes uniques, le pays s’engage sur la voie d’un développement plus durable et respectueux de l’environnement.
Zoom sur les trois nouvelles réserves homologuées
Parmi les trois réserves qui viennent d’être officialisées, aucune ne se situe en Amazonie. Deux d’entre elles se trouvent dans l’État de Santa Catarina, dans le sud du pays, tandis que la troisième est localisée dans l’État de Paraiba, au nord-est.
La plus vaste de ces nouvelles réserves est celle de Potiguara de Monte-Mor, dans le Paraiba. Elle s’étend sur plus de 7 500 hectares et abrite près de 5 800 membres du peuple Potiguara. À Santa Catarina, 200 autochtones des ethnies Guarani Mbya et Nhandeva bénéficient désormais de la réserve Morro dos Cavalos qui couvre près de 2 000 hectares. Enfin, toujours dans cet État du sud, 731 indigènes Kaingang se sont vus attribuer un territoire de 1 960 hectares via l’homologation de la réserve Toldo Imbu.
La fin d’une longue attente pour les peuples indigènes
Ces nouvelles homologations interviennent après cinq longues années d’attente pour les communautés autochtones. Lula avait déjà légalisé six réserves en avril dernier, marquant une rupture nette avec la politique de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro. Durant son mandat de 2019 à 2022, ce dernier n’avait homologué aucune nouvelle réserve, tenant sa promesse de ne « pas céder un centimètre de plus » aux peuples indigènes.
Bolsonaro, allié au puissant lobby de l’agro-négoce, défendait une expansion effrénée de l’exploitation agricole à travers le pays, y compris en Amazonie. Une vision aux antipodes de celle de Lula qui replace la protection de l’environnement et des droits des peuples autochtones au cœur de son action.
Un combat de longue haleine pour les droits indigènes
Si ces nouvelles homologations constituent indéniablement une victoire pour les peuples indigènes du Brésil, le combat est encore loin d’être gagné. Selon les données de la FUNAI, la fondation nationale de l’Indien, il existerait plus de 700 territoires indigènes dans le pays, dont seulement 487 sont actuellement homologués. La route vers une pleine reconnaissance des droits fonciers ancestraux des peuples autochtones s’annonce encore longue et semée d’embûches.
Néanmoins, l’engagement renouvelé du président Lula en faveur de la cause indigène laisse entrevoir des perspectives encourageantes. Comme il l’a lui-même souligné, son ambition est de poursuivre sans relâche le processus d’homologation des terres autochtones pendant la durée de son mandat. Un défi de taille, mais crucial pour l’avenir des peuples indigènes et la préservation des trésors écologiques du Brésil.
La légalisation des terres indigènes n’est pas seulement une question de justice sociale, c’est aussi un enjeu environnemental majeur. En protégeant ces territoires, nous luttons contre la déforestation et le changement climatique. C’est un combat que nous devons mener ensemble, pour les générations futures.
Raoni Metuktire, chef du peuple Kayapo
L’homologation de ces trois nouvelles réserves indigènes par le président Lula marque une étape importante dans la reconnaissance des droits des peuples autochtones du Brésil. Mais au-delà de la dimension sociale et culturelle, c’est aussi un geste fort en faveur de la protection de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique. En préservant ces territoires uniques, le Brésil montre la voie vers un développement plus durable et respectueux de la nature et des hommes. Un exemple inspirant qui, espérons-le, sera suivi par d’autres pays abritant des communautés indigènes et des écosystèmes précieux.