Dans une interview accordée à Midi Libre à l’occasion des 50 ans du Montpellier Hérault Sport Club, le président Laurent Nicollin s’est livré à de surprenantes confidences. Entre le poids de l’héritage familial, les incertitudes autour du nouveau stade et une saison compliquée, l’emblématique dirigeant s’interroge ouvertement sur son avenir et celui du club.
La Mosson, cœur battant du MHSC
Plus qu’un simple stade, la Mosson incarne l’âme populaire de la Paillade. Laurent Nicollin, dont le groupe est spécialisé dans le ramassage des déchets, l’assume pleinement : « À partir du moment où tu fais les poubelles, tu es automatiquement étiqueté ‘milieu populaire’. On a cette âme, cet esprit-là, et on le revendique ».
Mais la question d’un nouveau stade se profile à l’horizon, avec son lot d’incertitudes. « J’espère que le club continuera à perdurer, parce qu’il ne faudrait pas qu’il décline en même temps que le stade », s’inquiète Laurent Nicollin. Et d’ajouter, songeur : « Il y a une vie après la Mosson, peut-être que non, je ne sais pas ».
Une saison en dents de scie
La relégation menace le MHSC, actuellement dernier de Ligue 1. Un crève-cœur pour le président Nicollin qui doit composer avec une équipe en difficulté et un effectif à reconstruire. Pourtant, il veut croire en des jours meilleurs : « On va tout faire pour que la passation avec un nouveau stade se passe du mieux possible, avec un club toujours en Ligue 1, fier de ses résultats et de ses supporters ».
Des anciens pour les 50 ans
En attendant, la Paillade fête dignement son demi-siècle d’existence. Au programme : un match de gala réunissant anciennes gloires et internationaux à la Mosson. Une parenthèse enchantée pour oublier un instant les tourments du présent. Laurent Blanc, Julio César, Vitorino Hilton… Les grands noms ont répondu présent pour honorer le maillot héraultais.
Il est certain qu’avec un nouveau stade, il faudra créer une histoire, une identité, un lien, mais il n’y a pas de raison que ça ne se fasse pas naturellement comme Nice ou Lyon l’ont fait.
Laurent Nicollin, président du MHSC
Quel avenir pour Nicollin et le MHSC ?
Malgré les doutes, Laurent Nicollin veut croire en l’avenir du club qu’il préside depuis 2017, après la disparition de son père Louis. Mais il le reconnaît, rien n’est gravé dans le marbre : « Après est-ce que je serai dans cette nouvelle histoire ? Il y a une vie après la Mosson, peut-être que non, je ne sais pas. »
Des paroles qui résonnent comme un questionnement existentiel pour celui dont la vie se confond avec celle de la Paillade. Entre tradition et renouveau, le MHSC navigue en eaux troubles, à l’image de son président tiraillé entre doutes et espoirs. L’avenir nous dira si le club héraultais saura négocier ce virage délicat et écrire de nouvelles pages de sa déjà riche histoire.