Au cœur de la Côte d’Ivoire, un trésor culinaire vient de recevoir une consécration mondiale. L’attiéké, cette semoule de manioc emblématique du pays, a été officiellement inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Une reconnaissance qui met en lumière un savoir-faire ancestral et une fierté nationale qui s’exporte bien au-delà des frontières ivoiriennes.
L’Attiéké, Pilier de la Gastronomie Ivoirienne
Omniprésent dans les assiettes des Ivoiriens, l’attiéké est bien plus qu’un simple accompagnement. C’est un véritable marqueur culturel, profondément ancré dans le quotidien des communautés. Consommé tous les jours, il est aussi de toutes les célébrations, des mariages aux baptêmes en passant par les funérailles. Un mets fédérateur et populaire qui transcende les générations.
La préparation de l’attiéké est un art transmis de mère en fille depuis des siècles. Les tubercules de manioc sont d’abord séchés, broyés puis tamisés pour obtenir une fine semoule. Celle-ci est ensuite mélangée à du manioc fermenté avant d’être cuite à la vapeur. Un processus minutieux qui requiert patience et dextérité.
Ces savoir-faire reposent sur des gestes précis et des techniques traditionnelles qui ont traversé des siècles.
Ramata Ly-Bakayoko, déléguée permanente de la Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO
Une Fierté qui s’Exporte
Si l’attiéké est profondément enraciné dans l’identité ivoirienne, son succès a depuis longtemps franchi les frontières. On le retrouve aujourd’hui dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest comme le Burkina Faso, le Togo ou encore le Bénin. Un rayonnement qui s’étend même jusqu’en République Démocratique du Congo et en Chine !
Face à cette popularité grandissante, la Côte d’Ivoire a tenu à protéger son patrimoine. En 2023, l’attiéké des lagunes a obtenu une Indication Géographique Protégée (IGP) puis a été labellisé en tant que marque collective. Une manière de garantir l’authenticité du produit et d’empêcher que des semoules de manioc produites ailleurs ne soient commercialisées sous le nom d’attiéké.
Un Héritage à Préserver
Au-delà de la reconnaissance, l’inscription de l’attiéké au patrimoine immatériel de l’UNESCO est aussi un appel à la préservation. Car si ce mets continue de se transmettre de génération en génération, les détentrices de ce savoir-faire ancestral sont de moins en moins nombreuses. Un constat qui pousse à réfléchir à des moyens de valoriser et pérenniser cet héritage culinaire unique.
Avec cette consécration mondiale, l’attiéké prouve qu’il est bien plus qu’un simple plat. C’est un symbole vivant de l’identité et de la créativité ivoirienne, un trait d’union entre passé et présent. Et maintenant que ses savoir-faire sont gravés au patrimoine de l’humanité, c’est toute la Côte d’Ivoire qui peut savourer sa victoire. Une victoire au goût d’attiéké, forcément !